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défaillances d'entreprises / PME/ETI / BPCE L'Observatoire
Que laisse augurer la hausse des défaillances des PME et ETI ? / Trois scénarios en fonction de leur taille
Pas de tsunami, mais la marée monte. BPCE L’Observatoire a dressé le bilan de la dynamique des défaillances d’entreprises en marche depuis le début de l’année. Avec 16 801 défaillances dénombrées entre janvier et mars 2024, ces dernières font preuve d’une croissance de 15 % par rapport à leur niveau d’avant crise du Covid. Ce qui en fait le pire trimestre depuis 2015.
Comme l’indiquait déjà la Banque de France à l’issue de son décompte réalisé à la fin du mois d’avril, cette progression résulte notamment du contexte macroéconomique : inflation, hausse des taux d’intérêt, ralentissement économique et remboursement de Prêts garantis par l’État pèsent nécessairement sur les conditions d’exploitation des entreprises.
Des signaux d’alerte entre les lignes
Compte tenu de cela, l’évolution des défaillances s’apparente davantage à une normalisation de leurs niveaux, plutôt qu’à un effet de rattrapage, estime BPCE L’Observatoire. Mais si cela peut paraître rassurant "en première lecture", relève-t-il, cela "dissimule plusieurs signaux d’alerte", selon le directeur des études économiques de BPCE Alain Tourdjman et l’économiste du groupe BPCE Julien Laugier. Car globalement, la situation continue de se dégrader depuis le début de l’année. De plus, les défaillances de PME et des ETI atteignent un niveau préoccupant.
Trois scénarios sont à distinguer en fonction des structures. Déjà, du côté des PME et ETI de plus de dix salariés, un effet de rattrapage d’ampleur serait bel et bien présent. "Nous estimons qu’environ 70 % [de leurs défaillances] évitées pendant le Covid se sont manifestées", remarquent Alain Tourdjman et Julien Laugier. S’agissant des TPE employant de 3 à 9 salariés, le rattrapage débute. Enfin, Du côté des microentreprises et des plus petites TPE, il s’agit davantage d’un effet de normalisation.
Le phénomène est d’autant plus inquiétant que puisque ce sont les plus grosses des PME et ETI qui subissent ce mouvement de défaillance, l’impact économique devrait se ressentir davantage et être "ainsi supérieur à celui de 2019, en particulier en termes d’emplois avec 240 000 emplois menacés sur les 12 derniers mois (soit +25 % par rapport à 2019", avertit BPCE L’Observatoire.
En fonction de l’amorçage
Alors, qu’attendre pour la fin de l’année ? Ces chiffres confirment bien la hausse de 10 % - soit 62 000 évènements - des défaillances envisagées en 2024 selon Alain Tourdjman, "bien loin d’un scénario "tsunami" qui n’a jamais été crédible selon nous. En revanche, une "marée haute" est de plus en plus probable avec un nombre d’entreprises défaillantes élevé au cours des prochains trimestres, voire jusqu’à mi-2025", indique BPCE L’Observatoire.
Reste que la typologie des entreprises défaillantes devrait évoluer sur l’année en cours. Puisque le rattrapage a déjà été amorcé du côté des PME, ces dernières, tout comme les ETI, devraient voir leurs défaillances se stabiliser. Pour les plus petites des entités qui n’en sont pour l’instant qu’à une phase de normalisation, le rattrapage pourrait s’enclencher au cours de 2024.
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