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défaillances d'entreprises / quoi qu'il en coûte / BPCE L'Observatoire
Les effets du "quoi qu’il en coûte" s’annulent pour les PME et ETI françaises / Les défaillances alors évitées sont désormais à l'ordre du jour
Les signaux d’alerte continuent de résonner. Sans avoir accéléré par rapport aux premier et deuxième trimestres de l’année, les défaillances d’entreprises continuent de creuser leur sillon, rapportent les chiffres publiés par BPCE L’Observatoire ce vendredi. Au nombre de 13 035 de juillet à septembre, elles s’affichent en progression de 20 % par rapport à 2019. Elles portent ainsi à 64 427 le total des défauts enregistrés sur les douze derniers mois (en hausse de 24 % par rapport à 2019). "C’est un mauvais trimestre, mais nous ne sommes pas sur des records si l’on regarde les quinze dernières années. Nous étions, lors des trimestres précédents, en zone inconnue, car le nombre de défaillances s’éloignait des niveaux enregistrés pendant la période défavorable de 2010 à 2015. Nous sommes revenus dans des zones de turbulence maîtrisées. C’est la petite éclaircie à entrevoir", a expliqué Julien Laugier, économiste chez BPCE, lors de la présentation de ces travaux vendredi. Depuis 12 mois, le rythme des défauts ressort désormais effectivement supérieur à celui de la période 2010-2015, qui avait été particulièrement sinistre pour les entreprises françaises. Mais à partir des données provisoires de l’étude, si les défaillances recensées de juillet à septembre 2024 sont bien élevées, elles ne dérapent pas au-delà des sommets de 2013-2014.
Reste que cette évolution met en évidence une certaine forme de rattrapage des défaillances évitées de 2020 à 2022, grâce au "quoi qu’il en coûte". Rien d’alarmant dans l’ensemble, a de son côté souligné Alain Tourdjman, directeur des études économiques de BPCE : "Il y avait eu tellement de défaillances évitées pendant cette période, que le fait qu’il y en ait plus aujourd’hui n’est pas extraordinaire. Si l’on compare la situation à 2019, que l’on compte les défaillances évitées de 2020 à 2022 et que l’on observe les sept trimestres écoulés de 2023 au quatrième trimestre de 2024, le diagnostic apparaît plutôt favorable : seuls 28 % des défauts qui avaient été évités se manifestent aujourd’hui".
Mais entre les lignes, la situation est bien plus préoccupante. Car le constat diffère grandement selon la taille des structures. Par exemple, pour les entités de moins de trois salariés, la proportion des défaillances évitées et advenant aujourd’hui retombe à 17 %. À l’inverse, du côté des PME et ETI, elle bondit à 105 %. "Autrement dit, tous les effets positifs du ‘quoi qu’il en coûte' ont été effacés, au cours des sept derniers trimestres, pour les PME et ETI. C’est un vrai sujet", a pointé Alain Tourdjman.
Une menace pour les emplois grandissante
Une fragilité de ces entreprises d’autant plus inquiétante que, du fait de leur taille moyenne, l’impact en termes d’emplois se fait bel et bien ressentir. Plus de 250 000 d’entre eux seraient en effet menacés (dont 44 000 sur le seul troisième trimestre), soit un plateau supérieur de 43 % à celui de 2019. D’autant que l’analyse, par taille, des défaillances, tend à confirmer la vulnérabilité des entreprises installées. Du quatrième trimestre de 2023 au troisième trimestre de 2024, 5 349 PME et ETI (de plus de dix salariés) sont entrées en défaillance, ce qui représente une progression de 57 % en comparaison à 2019.
"Les TPE employant 3 à 9 salariés, affichent un surcroît de défaillances de 32 % par rapport à 2019 et connaissent un rattrapage seulement partiel des défaillances évitées entre 2020 et 2022", ajoute l’étude de BPCE L’Observatoire. Les microentreprises, malgré une nette accélération à court terme, restent quant à elles plus en retrait avec une hausse des défaillances limitée sur les douze derniers mois.
Et puis, le haut niveau des défauts actuels ne s’expliquerait pas nécessairement, selon BPCE L’Observatoire, par la multiplication récente des créations d’entreprises. La hausse des défaillances a concerné bien plus d’entreprises de plus de 3 ans, voire de plus de 5 ans, que les plus jeunes d’entre elles. Sur les douze derniers mois, les créations récentes ont ainsi moins contribué aux défaillances enregistrées qu’en 2015, ou 2019.
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