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Macro-économie / Taux / France / dette publique / covid-19 / quoi qu'il en coûte

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France / dette publique / covid-19 / quoi qu'il en coûte

Comment le "quoi qu’il en coûte" aurait paradoxalement préservé les finances publiques

Sans la politique budgétaire exceptionnelle adoptée par le gouvernement en réponse à la crise pandémique, la hausse de la dette publique française rapportée au PIB aurait été supérieure, affirme une étude du Centre pour la recherche économique et ses applications.
Emmanuel Macron, Président de la République - SARAH MEYSSONNIER / POOL / AFP
Emmanuel Macron, Président de la République - SARAH MEYSSONNIER / POOL / AFP

Et si le gouvernement n’avait pas décidé de déployer des moyens budgétaires pléthoriques pour protéger l'appareil productif durant la crise pandémique ? C’est cette uchronie économique que Fabien Tripier, professeur à l'Université Paris Dauphine et François Langot, professeur à l'Université du Mans, se sont attelés à analyser pour le compte du Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap) - institut dépendant du ministère de la Recherche qui entend renforcer l’interface entre la recherche en sciences économiques et la décision publique. Contrairement à ce que l'on pourrait supposer instinctivement, les auteurs expliquent que les finances publiques de la France affichent une santé relativement moins dégradée que dans un scénario "laissez-faire".

En effet, les prêts garantis par l’Etat, les reports de charges, le dispositif de chômage partiel ou encore, entre autres, le fonds de solidarité, auraient permis d’éviter une dégringolade du Produit intérieur brut (PIB) par tête bien plus violente au début de la crise pandémique. "La contraction observée est de -17 % par rapport à la situation d’avant crise, alors qu’en l’absence des mesures exceptionnelles, la chute de l’activité économique est estimée à - 37 %", estime l’étude. Par ailleurs, la résilience de l'économie hexagonale aurait été dopée par de telles mesures : alors que le PIB a retrouvé son niveau d’avant-crise au cours du second semestre 2021, il aurait fallu attendre plus de cinq trimestres supplémentaires (premier trimestre 2023) en l’absence d’une telle politique budgétaire expansionniste.

En conséquence de quoi, les répercussions pour les comptes de la puissance publique s’avèrent loin d’être insignifiantes : la crise économique plus profonde et durable du scénario alternatif aurait généré une augmentation encore plus vive du ratio dette publique sur PIB. "Selon nos simulations, ce ratio aurait atteint un niveau de 145 % du PIB dès le troisième trimestre de 2020", avancent les auteurs, contre 115 % effectivement enregistré. Entre le plus fort de la crise et le premier trimestre 2021, les deux trajectoires ont convergé, toutefois, le scénario du "quoi qu’il en coûte" est accompagné d’une dette publique sur PIB inférieure de 6 points de pourcentage (118,1 % contre 124,4%).

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