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Carrefour peut dire merci à l’Amérique du Sud / L'enseigne accélère dans la bataille des prix en France
En Europe et notamment en France, le groupe Carrefour fut à la peine au premier trimestre. À données comparables, l’activité a en effet reculé de 0,4 % à 10 milliards d’euros dans l’Hexagone et de 0,2 % en Europe, à 6,155 milliards d’euros. Ce repli en France est principalement dû au non-alimentaire, en retrait de 7,5 % sur la période par rapport à l’année dernière.
Renforcement du plan d’économies
Il faut dire aussi que Carrefour fait face à la pression de la concurrence, et en particulier celle de Leclerc dont la stratégie à être le moins cher en temps d’inflation lui fait perdre des parts de marché. Dans le détail, les ventes dans les hypermarchés ont reculé de 1,3 % tandis que celles dans les supermarchés et magasins de proximité n’ont augmenté respectivement que de 0,1 % et de 0,8 %. L’on notera en revanche que les produits à marque Carrefour sont toujours autant plébiscités, représentant désormais 37 % des ventes alimentaires, soit une progression de 2 points sur un an et en ligne avec le plan de stratégique "Carrefour 2026" (40 % à cet horizon).
Dans ce contexte, Carrefour a souhaité réagir et a annoncé le renforcement de son plan d’économies, qui sera donc porté à 1,2 milliard d’euros en 2024 contre 1 milliard d’euros auparavant. Celui-ci concernerait principalement le siège social, la renégociation des contrats avec les fournisseurs et les coûts liés au IT. " Nous amplifions notre dynamique de baisse des coûts et allons accélérer le mouvement de baisse des prix dans les magasins tout au long de l’année 2024 ", a déclaré Alexandre Bompard, président-directeur général.
Pour Jefferies, "cette augmentation de 20 % de l’objectif d’économies de coûts cette année permet à la fois de nouveaux investissements dans les prix en France et de nouvelles orientations plus fermes en matière d’expansion des marges", explique le bureau d’analystes, ajoutant, "cela devrait être visible plus tôt dans la reprise des parts de marché (car "l’élasticité de ces investissements en prix arrive un peu plus vite que par le passé"), sans aucune réponse des concurrents à ce jour".
Des clients français qui s’y retrouveraient déjà
Une stratégie amorcée avec déjà plus de 700 produits qui ont vu leur prix baisser au cours du trimestre. De nouvelles vagues de baisse tous les 15 jours - à commencer par une réduction de 10 % en moyenne sur 100 produits du quotidien le 1er avril dernier -, et des initiatives à l’échelle locale sont prévues. "Ce repositionnement est déjà visible, avec une forte progression du score NPS (Net Promoter Score) du groupe de 6 points, tirée par l’amélioration de l’image prix", s’est félicité l’enseigne. De quoi rassurer les investisseurs. "L’amélioration du score NPS tend à suggérer que les consommateurs ont commencé à réagir positivement ", note Barclays.
Il n’en reste pas moins qu’au premier trimestre, l’enseigne a tiré sa croissance grâce à l’Amérique du Sud, une terre décidément bénie pour le groupe. Pour mémoire, la holding familiale de l’homme d’affaires brésilien, Abilio Diniz, décédé en février dernier, est devenue le premier actionnaire de Carrefour en février dernier à la suite du rachat de 3,5 % des parts à la famille Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette.
Dans la région, la croissance a fait un bond spectaculaire de 48 % pour des revenus atteignant les 6 milliards d’euros. Dans le détail, c’est d’ailleurs à l’Argentine que Carrefour doit cette performance, avec progression de 265 % de sa croissance dans un contexte d’hyperinflation. À noter également que le groupe renoue avec la croissance au Brésil, une première depuis trois trimestres en recul. Les ventes y ont augmenté de 1,3 % dans le pays grâce notamment à Sam’s Club (+6,9 % de croissance) et à la poursuite de la montée en régime des magasins ex-BIG convertis en Atacadao, son enseigne discount (+21 %).
Confiant pour le reste de l’année
Si bien que le distributeur a fait état d’une hausse de 13,5 % de son chiffre d’affaires total en comparable pour les trois premiers mois d’année, à 22,16 milliards d’euros.
Le groupe a donc confirmé ses perspectives de croissance pour 2024 et de cash-flow libre net pour 2026, sans toutefois les chiffrer.
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