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Épargne; transition; mandat; décarbonater

Macro-économie / Taux / Emmanuel Macron / BCE / europe / Investissements

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Emmanuel Macron veut éviter la mort de l’Europe / Le président de la République ambitionne des réformes profondes sur le plan économique

Près de sept ans après son discours de la Sorbonne, voilà qu’Emmanuel Macron, président de la République, est revenu dans ce lieu pour faire le point sur les défis européens. Il s’est félicité que le Vieux continent ait pris la bonne orientation sur nombre de sujets mais a néanmoins déploré que l’Union européenne soit toujours aux prises avec ses contradictions et s’inquiète de la voir distancée tant par la Chine que les États-Unis. Le locataire de l’Élysée propose de faire feu de tout bois avec des propositions allant d’une réforme du mandat de la Banque centrale européenne, à une réflexion sur l’allocation de l’épargne privée, en passant par une exemption des règles de libre concurrence pour plusieurs secteurs.
Emmanuel Macron, président de la République. Christophe PETIT TESSON / POOL / AFP
Emmanuel Macron, président de la République. Christophe PETIT TESSON / POOL / AFP

"L’Europe peut mourir et ça dépend uniquement de nos choix ". Emmanuel Macron n’a pas pris de gants pour dresser le bilan des sept dernières années et juge que "nous ne sommes pas armés pour faire face aux risques qui sont les nôtres". Le Vieux continent est aujourd’hui aux prises avec une équation impossible à résoudre à ses yeux. Il juge en effet qu’on "ne peut pas durablement avoir les normes sociales et environnementales les plus exigeantes, moins investir que nos compétiteurs, avoir une politique commerciale plus naïve qu’eux et penser qu’on continuera à créer des emplois".

Le président tricolore a martelé qu’il "n’y a pas de puissance sans assise économique solide" et acte de l’urgence à ne pas attendre que de nouvelles dépendances se créent. Pour éviter cet écueil, il propose une " dérogation à la libre concurrence pour soutenir les secteurs clés en transition". Parmi ces derniers, il a ciblé ceux qui sont émergents et stratégiques ; lesquels sont ceux de l’intelligence artificielle, des biotechnologies, des nouvelles énergies, de l’informatique quantique et également du spatial.

Outiller

 

Il a esquissé une série de propositions pour permettre aux entreprises européennes de ne pas être à la traîne. On y retrouve la volonté d’élargir l’Alliance du nucléaire lancée par la France. Il évoque désormais "l’Europe de l’Atome". Cette dernière doit permettre d’éviter d’avoir recours à "l’électron carboné et à celui qu’on importe", associé à une interconnexion européenne renforcée, elle doit permettre à l’Europe une souveraineté sur la question.

Alors que le sujet de l’allocation de l’épargne privée européenne revient avec force dans les débats économiques, le président s’en est également fait l’écho. Il a d’une part considéré comme "une aberration" les quelque 300 milliards d'euros d’épargne privée qui fuient le continent chaque année pour financer des projets partout sur le globe. D’autres défauts propres à l’Union européenne ont également été listés : celui d’une épargne mal allouée et qui ne va pas assez sur le risque. Il a donné un horizon de douze mois sur la question et renouvelé les appels à la concrétisation de l’Union des marchés de capitaux. Tout comme il a incité à réfléchir avec nos partenaires européens pour parvenir à "un choc d’investissement public commun et l’augmentation de la capacité d’action financière de l’Union européenne, au moins son doublement ".

 

Nouvelle règle

 

D’autres opportunités ont également été abordées par Emmanuel Macron, ce dernier jugeant qu’on ne peut pas "avoir une politique monétaire dont le seul objectif est l’inflation, qui plus est dans un environnement économique où la décarbonation est facteur de hausse des prix structurel. Nous devons ouvrir le débat théorique et politique de savoir comment intégrer dans les objectifs de la Banque centrale européenne au moins un objectif de croissance voir de décarbonation. Pour nos économies, c’est absolument indispensable. "

Il a néanmoins appelé à la prudence sur la politique commerciale européenne, jugeant qu’il ne faut pas "tomber dans le rejet de tout accord commercial", mettant l’accent sur la mise en place systématique de clauses miroir. Ces dernières devant permettre que "si un bien ne respecte pas les normes clés, alors il ne doit pas pouvoir entrer sur le sol de l’Union comme si de rien n’était ". Des mesures telles que le "renforcement de nos instruments de sécurité économique comme la protection de la propriété intellectuelle mais aussi des infrastructures sensibles" ou encore "l’affichage de l’empreinte carbone sur les produits " ont également été proposées.

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