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Une deuxième jambe de plus en plus solide pour TotalEnergies / Un mode de gouvernance parfaitement adapté à une stratégie qui marche
Si d’aucuns ne remarqueront chez TotalEnergies que les profits - le bénéfice net a progressé de 3 % sur un an à 5,7 milliards de dollars au premier trimestre -, d’autres s’intéresseront à l’activité Integrated Power du groupe, emblème de sa transformation vers une énergie non carbonée.
En avance sur les objectifs de rentabilité
Celle-ci a généré un résultat opérationnel net ajusté en hausse de 0,6 milliard de dollars, soit une progression de 65 % sur un an, pour une rentabilité des capitaux moyens employés (ROACE) atteignant les 10 %. Ce faisant, la compagnie est en avance sur son objectif de 12 % de rentabilité en 2028, fixé dans son plan stratégique présenté en septembre dernier.
Il faut dire que l’entreprise, présidée et dirigée par Patrick Pouyanné, y met toujours plus de moyens. Sur les trois premiers mois de l’année, ce sont encore 1,7 milliard de dollars d’investissements nets qui ont été consacrés à ce secteur, soit une augmentation de 53 % sur un an, et 39 % par rapport au trimestre précédent. Et TotalEnergies de confirmer sa guidance de 5 milliards de dollars d’investissements nets en 2024 décidés à Integrated Power.
Ainsi au premier trimestre, la production nette d’électricité de TotalEnergies s’élevait à 9,6 térawattheures (TW/h), dont 56 % pour la production à partir de sources renouvelables. "La capacité brute installée de génération électrique renouvelable est de 23,5 gigawatts (GW) à la fin du premier trimestre 2024, en croissance de plus de 1 GW sur le trimestre ", a précisé la compagnie, l’objectif étant 35 GW en 2025 et 100 GW en 2030.
Une adaptation à la demande
Autre point remarquable : la réduction des Scope 1 et 2 (émissions directes et indirectes) sur les installations opérées du groupe de 10 % sur un an, dont 7 % pour l’activité "Oil & Gas", "en lien avec la moindre utilisation des centrales à gaz à Europe, la baisse continue du torchage sur les installations de l’exploration production et de la mise en œuvre de projets de réduction d’émissions sur le raffinage-chimie ", explique l’entreprise. Les émissions de méthane ont quant à elles baissé de 11 % sur un an.
De fait, il a fait moins froid cet hiver en Europe, et compte tenu des niveaux de stocks élevés, l’activité LNG (gaz naturel liquéfié, GNL) a réalisé un résultat opérationnel net ajusté en baisse de 41 % sur un an, à 1,2 milliard de dollars. "Les ventes de GNL sont en baisse de 9 % par rapport au trimestre précédent ", a précisé le groupe qui a cependant accru sa production de 6 % sur la même période. L’activité "Oil & Gas" a quant à elle généré 2,6 milliards de dollars, en repli de 4 % par rapport au premier trimestre 2023, en raison également d’une production stable des hydrocarbures.
Au global, le résultat net ajusté a chuté de 22 % sur la période à 5,1 milliards de dollars tandis que l’Ebitda ajusté a reculé de 19 % à 11,5 milliards de dollars, en ligne avec les objectifs de la compagnie pour l’année 2024. Des résultats encore solides qui ont conduit le conseil d’administration, réuni ce jeudi, à décider de la distribution d’un premier acompte sur dividende au titre de l’exercice 2024 d’un montant de 0,79 euro par action, en hausse de 6,8 % par rapport aux acomptes versés au titre du précédent exercice mais identique au solde du dividende ordinaire relatif à l’exercice 2023.
Une décision pragmatique du conseil d’administration
Mais la réunion du conseil d’administration de TotalEnergies fut aussi l’occasion pour ses membres d’examiner la proposition de résolution déposée par un groupe d’actionnaires, représentant moins de 0,9 % du capital et tendant à soumettre à l’assemblée générale du 24 mai prochain un vote consultatif demandant à ce même organe d’adopter une dissociation des fonctions de la présidence du conseil et de la direction générale de la société. Un examen qui s’est, sans surprise, soldé par une décision de refus. "Les réflexions menées avec le comité de gouvernance et d’éthique sur le meilleur intérêt de la société ont conduit à proposer avec conviction de poursuivre l’exercice unifié des fonctions de président et de directeur général. En effet, ce mode d’exercice du pilotage de la société est jugé comme le mieux adapté pour faire face aux enjeux et spécificités du secteur énergétique, qui est confronté à des transformations majeures. Ce contexte requiert plus que jamais une agilité de mouvement que l’unité de commandement renforce, en conférant au président-directeur général une force d’action et une représentativité accrue de la société dans ses négociations stratégiques avec les États et partenaires ", peut-on lire dans la position intégrale du conseil d’administration.
Déjà en septembre dernier, le conseil d’administration avait décidé, à l’unanimité, de reconduire pour trois ans Patrick Pouyanné dans ses fonctions. Une décision qui avait été confirmée en mars et qui s’inscrit aussi dans la tendance actuelle de réunification des fonctions au sein du CAC 40, les groupes Publicis et Saint-Gobain ayant choisi d’y procéder cette année.
Des exemples à ne pas suivre
TotalEnergies a tout intérêt à ce que ces fonctions soient unifiées. D’abord, dans un contexte où les activistes climatiques la pressent de se verdir, ce mode de gouvernance permet une rapidité d’exécution de sa stratégie de transition vers le non carboné visant à intégrer le top 5 mondial des électriciens bas carbone d’ici 2030.
D’ailleurs, dans ce domaine, le groupe se distingue de ses pairs, les majors américaines, Chevron et ExxonMobil ne se diversifiant pas. Quant aux britanniques Shell (chute de 30 % du bénéfice en 2023) et BP, elles ne cessent de changer d’avis sur les énergies renouvelables, expliquant sans doute que des activistes aient déposé des résolutions climatiques dans le cadre de leur prochaine assemblée générale, à l’inverse de TotalEnergies. Surtout, ce manque de constance peut aussi s’expliquer par le fait que ces deux entreprises ont justement un mode de gouvernance dissocié.
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