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Evenements / BNP Paribas / transition énergétique / Commission d'enquête / Sénat / énergies fossiles

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BNP Paribas / transition énergétique / Commission d'enquête / Sénat / énergies fossiles

BNP Paribas a définitivement tourné la page des énergies fossiles et le prouve / Les tours de table se font désormais sans elle

Régulièrement attaquée par les activistes climatiques sur ses supposés financements accordés en faveur du développement des énergies fossiles, la banque se veut pourtant pionnière à l’international dans le soutien au bas carbone. Son audition devant les membres de la Commission d’enquête sénatoriale sur les obligations de TotalEnergies fut donc l’occasion, pour le directeur général de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé, de revenir sur le travail mené par le groupe, depuis plus de dix ans, pour verdir son bilan.
Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)
Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)

Une audition qui tombe à point nommé. Alors que l’ONG environnementale, Reclaim Finance, se fondant sur le rapport Banking on Climate Chaos, affirmait ce lundi que seuls 17,3 % des financements accordés par les quatre plus grandes banques françaises (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et BPCE) aux majors pétrolières européennes entre 2020 et 2023 finançaient des projets dits "bas carbone", retrouvant 7,1 milliards de dollars de financements dédiés à ce type d’activité des majors pétrolières, dont TotalEnergies, contre 34,2 milliards de dollars de financements à leurs activités fossiles, Jean-Laurent Bonnafé a rejeté en bloc ces accusations à l’occasion de son audition devant la Commission d’enquête sénatoriale sur les obligations de TotalEnergies.

 

Parmi les meilleures, sinon la meilleure

 

"Beaucoup de ces gens qui dressent un portrait assez épouvantable de nous ont dit qu’avec les 8 milliards d’euros (ligne de back-up d’une durée d’un an mise en place par précaution pour TotalEnergies avec le Crédit Agricole pendant la crise sanitaire et qui n’a jamais été tirée, ndlr), on finançait des projets un peu partout dans le monde d’exploration ou de production d’hydrocarbures. À l’époque on faisait juste notre devoir de banque. Une banque dans la crise, ça donne de la liquidité", a répondu le directeur général de BNP Paribas au rapporteur, Yannick Jadot, qui lui faisait remarquer les conclusions de ce rapport.

Selon Jean-Laurent Bonnafé, la réalité est tout autre. "Quand vous regardez ceux qui jugent du positionnement global des banques, vous voyez que l’on est toujours très bien classé, voire classés comme les meilleurs, et cela correspond à notre réalité qui a été démarrée il y a longtemps. Nous n’avons pas attendu d’être sifflés ou d’être mis au tribunal (en février 2023, BNP Paribas a été assigné par des ONG pour manquement à son devoir de vigilance climatique, ndlr). Nous avons une volonté très forte de transitionner. Peut-être que nous ne sommes pas très doués (pour communiquer). Peut-être que moi qui ne suis qu’un ingénieur des Mines, je n’ai pas un talent de communication suffisant. Mais tous ceux qui disent qu’on pourrait faire mieux, quand ils regardent ce que font d’autres banques, comme en Amérique du Nord ou en Asie, ils voient bien que même si ce n’est pas parfait à 100 %, nous, c’est quand même tellement mieux", a-t-il poursuivi.

 

Inversement des courbes

 

Et Yannick Jung, responsable Global Banking de BNP Paribas d’appuyer, à grand renfort de tableaux et de schémas, les propos de son directeur général en expliquant le désengagement méthodique du groupe du financement de la production d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) au profit de son soutien aux énergies bas carbone (énergies renouvelables, biocarburants et nucléaire). "Parmi les étapes clés, l’on notera 2012, soit trois ans avant la Cop 21 de Paris, date à laquelle la part des financements des énergies bas carbone dans notre bilan n’était que de l’ordre de 10 % contre 90 % fléchés vers les énergies fossiles. En 2015, notre mix s’était déjà amélioré avec un rapport de 25 % contre 75 %. Les deux courbes se sont croisées en 2021, tandis qu’en septembre 2022, l’empreinte bas carbone de notre bilan est passée à 54 % là où la part des financements du fossile tombait à 46 %. Enfin, à fin septembre 2023, 32 milliards d’euros de financements étaient utilisés pour le bas carbone contre 17 milliards d’euros résiduels pour le fossile, dont plus de la moitié correspond à des capacités de raffinage pour produire de l’essence ", a détaillé Yannick Jung afin de montrer l’importance du travail accompli par la première banque d’Europe en dix ans. "Et ce travail va se poursuivre dans les années qui viennent. Ce stock résiduel doit être ramené à moins de 20 % d’ici la fin de 2028 et à moins de 10 % fin 2030, soit 90 % pour les énergies bas carbone. En 2030, nous aurons donc un rapport exactement inversé à celui de 2012 ", a-t-il ajouté, soulignant toutefois que "les financements accumulés au fil des ans ne vont pas disparaître du jour au lendemain. Dans notre résiduel, il y a des financements qui ont une durée de vie longue et dont la maturité dépasse 2030".

 

Sujet clos

 

La banque est même rentrée en phase d’accélération début 2023. "En mai, l’année dernière, nous avons publiquement explicité les mesures concrètes que nous prenons pour nous désengager du financement de la production d’hydrocarbures pour réallouer massivement notre capital, notre bilan, nos équipes vers le financement de l’énergie bas carbone", a indiqué Yannick Jung.

Quatre mesures ont ainsi été prises. "L’arrêt de tous les financements dédiés au développement de nouveaux champs gaziers ou pétroliers et ce quelles que soient les modalités de financement ; l’arrêt complet des financements des sociétés spécialisées dans l’exploration, la production de pétrole ; la réduction graduelle des parts de crédits généralistes destinées aux grands énergéticiens intégrés (les majors) et attribuables à l’exploration d’hydrocarbures ; l’augmentation de nos financements vers la production d’énergie bas carbone avec le renouvelable en ligne de mire ", a énuméré le responsable Global Banking de BNP Paribas,

Ce faisant, depuis 2023, la banque s’est ainsi abstenue de participer à de très nombreux financements, que ce soient sous forme de crédits syndiqués ou de financements obligataires. "BNP Paribas ne finance pas l’expansion d’hydrocarbures. Cette page est définitivement tournée", a insisté Yannick Jung. Et pour preuve : "TotalEnergies nous a invités en avril à participer à un tour de table (pour relancer un financement sur un projet hydrocarbure). Nous n’y avons pas participé et nous ne le ferons pas à l’avenir car cela ne fait plus partie de nos intentions. Le sujet est clos ", a certifié Jean-Laurent Bonnafé.

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