WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / électricité / France / entreprises

Macro-économie / Taux
électricité / France / entreprises

France : malgré leur reflux, les prix de l’électricité restent bien plus élevés qu’en 2021 pour les entreprises / Les aides publiques représentent un faible renfort

Bien qu'ils aient reculé cette année par rapport à 2023, les prix de vente de l’électricité destinés aux entreprises hexagonales demeurent 67 % supérieurs au niveau qu’ils affichaient avant l’invasion russe de l’Ukraine, d’après une étude de l’Insee, qui estime que sans les mesures d’aides, la hausse atteindrait 74 %. 
Romain Doucelin / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Romain Doucelin / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Si sa phase aigüe semble achevée, le choc énergétique se fait toutefois encore sentir sur les factures des entreprises françaises. Alors que les prix de l’électricité se sont envolés en 2022 sous l’effet conjugué de la faible disponibilité du parc nucléaire français et de l’explosion du prix du gaz naturel (sur lequel le prix de l’électron est indexé sous certaines conditions) lié à l’invasion russe de l’Ukraine, ils ont depuis reflué sur les marchés de gros. Cela devrait permettre aux prix de vente destinés aux entreprises françaises de refluer de 15 % en 2024. 

Reste qu’ils demeureraient encore très éloignés de leur étiage de 2021. Une étude de l’Insee évoque un différentiel de 67 %. A noter que ce chiffre prend en compte les aides publiques. 

En effet, pour limiter l’ampleur du choc de prix, rappelons que l’État a notamment mis sur pied un "amortisseur électricité" pour les TPE et PME en prenant en charge la moitié du surcoût sur les factures énergétiques au-delà de 180 €/MWh et dans la limite de 500 €/MWh hors taxes et tarifs de réseaux, ajusté à la baisse la TICFE ou encore augmenté le plafond réglementaire de l’accès régulé à l’énergie nucléaire historique (Arenh).  

Sans les diverses aides, le prix de l’électricité s’afficherait 74 % au-dessus de son niveau de 2021, soutient l’étude de l’institut statistique. Dans le détail, en 2024, toujours après déduction des aides, les prix de l’électricité devraient se situer 67 % (75 % sans aides) au-dessus de leur niveau de 2021 pour les entreprises de l’agriculture et de l’industrie, contre 62% pour le secteur marchand tertiaire (70% sans aides), indique l’étude réalisée par Olivier Dunand, Jean-Charles Faucheux, Bruno Lutinier, Clément Passerieux, Nicolas Studer, économistes à l’Insee. 

Une récente note de la Direction générale des Entreprises (DGE) se montrait inquiète quant aux conséquences du choc énergétique pour les entreprises hexagonales. "La répercussion totale des coûts énergétiques dans les prix de vente pourrait se traduire par une perte de compétitivité-prix et une baisse des exportations", lit-on dans l'étude de la DGE. Se basant sur le comportement historique des entreprises françaises (1996-2019) en réaction à chocs de prix de l’énergie, des travaux des chercheurs Lionel Fontagné, Philippe Martin, Gianluca Orefice avancent qu'elles ont tendance à répercuter intégralement la hausse de ces coûts dans leurs prix.

Selon les trois économistes, une hausse des prix à l’export de 1 % se traduit par une baisse des quantités exportées de 5 %.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article