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GSA / Donald Trump / dette publique
Donald Trump serait-il le président du déficit public ? / Son retour à la Maison-Blanche pourrait être coûteux pour les finances américaines
La " plus grande baisse d’impôts de l’histoire". C’était l’une des promesses de campagne de Donald Trump lors de sa première course à la Maison-Blanche. Moins d’une décennie plus tard le voilà à nouveau en piste pour accéder à la présidence et la situation des finances publiques américaines ne s’est pas améliorée loin de là. Global Sovereign Advisory chiffre le "coût estimé de la pérennisation des baisses d’impôts instaurées par Donald Trump en 2017 " à près de 3 800 milliards de dollars sur une période de 10 ans.
De quoi redouter qu’une victoire de l’ancien président américain ne soit dévastatrice pour la trajectoire de la dette fédérale. D’autant plus qu’actuellement la hausse anticipée par l’institut indépendant de référence aux États-Unis qu’est le Congressional Budget Office (CBO) table sur le fait que les "deux tiers de la hausse du déficit public seraient attribués à la charge d’intérêts " et que le solde primaire ne resterait donc responsable que d’une partie réduite. Un scénario sans mesures drastiques de Donald Trump conduirait à une "trajectoire d’endettement préoccupante pour l’économie américaine au cours des 30 années à venir ".
Consensus
La campagne de Joe Biden pour sa réélection n’est pas pour autant dénuée de mesures à même de provoquer un dérapage budgétaire. Le cabinet de conseil juge à ce titre que malgré le fait que "les risques [soient] haussiers sur les prévisions du CBO", il s’avère qu’elles "sont plutôt optimistes, car elles supposent que les décideurs politiques supprimeront ou laisseront expirer de nombreuses dispositions fiscales et budgétaires". Alors même qu’une "prolongation des principales dispositions de la Tax Cut and Jobs Act de Trump, en vigueur depuis 2017 et devant expirer fin 2025, entraînerait une diminution des recettes d’environ 1 point de pourcentage du PIB ".
La nuance entre le camp républicain et démocrate se situe dans la pérennisation ou non de cette mesure, Donald Trump envisageant de rendre "permanentes les réductions d’impôts sur le revenu des particuliers et les réductions d’impôts sur les successions pour tous les contribuables", là où "Joe Biden propose de prolonger uniquement les modifications expirantes de l’impôt sur le revenu des particuliers pour les contribuables gagnant moins de 400 000 dollars par an".
Géométrie variable
Ni l’un ni l’autre des deux n’ont la main sur le taux d’intérêt des obligations d’État, un sujet qui préoccupe GSA au plus au haut point, étant donné les incidences possibles pour la dette fédérale. L’impact sur cette dernière d’un choc de 100 points de base sur le taux d’intérêt nominal implicite a ainsi été simulé et ce sans retour au niveau initial les années suivantes. Un tel scénario verrait la mise en œuvre du programme de Joe Biden conduire à l’ajout de 37 points à la dette publique américaine d’ici 30 ans. Une mise en œuvre totale du programme du candidat Biden conduirait la dette publique à "111 % du PIB en 2034 (contre 114 % dans le scenario à politiques inchangées du CBO) ". Chez GSA on argue que "dans le cas d’une augmentation durable des taux d’intérêt de 100 points de base par rapport aux projections du CBO, la dette fédérale américaine divergerait de presque 10 points de pourcentage par rapport au scénario central en 2034".
Un tel choc amènerait le candidat Trump à voir la dette atteindre le chiffre de 135 % du PIB en 2035 en cas de bonne application de ses mesures ; l’écart entre la dette fédérale américaine et le scénario central s’établirait à 21,6 points de pourcentage.
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