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Macro-économie / Taux / GSA / Chine / véhicules électriques / Pays émergents / Union européenne

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Quand la Chine fait affaire avec les émergents / Ses véhicules électriques y trouvent des acheteurs bienvenus

Confronté à des mesures protectionnistes instaurées ou en passe de l’être par l’Union Européenne ou les États-Unis, la Chine doit trouver des débouchés pour ses importantes capacités de production de véhicules électriques. L’Empire du Milieu semble de fait trouver des relais de croissance dans les pays émergents, le cabinet de conseil aux gouvernements Global Sovereign Advisory avance que lors des six premiers mois de 2024 ce sont près de 44 % des exportations chinoises en la matière qui y ont été destinées. Là où ce total ne dépasse pas les 18 % deux ans auparavant.
Véhicule électrique chinois. Photo by Garry Lotulung / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Véhicule électrique chinois. Photo by Garry Lotulung / NurPhoto / NurPhoto via AFP

A l’offensive à l’Organisation mondiale du commerce, la Chine n’y place pour autant pas tous ses espoirs. Consciente de la nécessité de diversifier les pays importateurs de véhicules électriques produits en Chine, étant donné les importantes capacités de production qu’elle possède. Les efforts menés en ce sens commenceraient déjà à porter leurs fruits à en croire les travaux du cabinet de conseil Global Sovereign Advisory (GSA).

Les marchés émergents seraient selon ses équipes "d’ores et déjà devenus un relais de croissance majeur pour les véhicules électriques Made In China, qu’ils soient hybrides ou à batterie ". Des différences majeures sont constatées suivant ce qui est exporté, puisqu’il semble que ces marchés soient "déjà destinataires de plus des deux tiers des véhicules hybrides exportés depuis la Chine, mais aussi de plus de 35 % des véhicules 100 % électriques". Le spécialiste du conseil aux gouvernements considère qu’il s’agit d’une brèche dans un discours prôné en Occident, selon lequel seuls les pays avancés seraient intéressés par les moyens de transport propres et que le thermique aurait de beaux jours devant lui ailleurs sur le globe.
 

Atouts

 

Pour expliquer ces flux en explosion, on argue chez GSA que bien que "les marchés automobiles émergents soient de taille bien plus modeste que ceux des économies avancées, ils sont aussi plus nombreux, et leur croissance est souvent bien supérieure". Les mesures européennes contre les véhicules électriques chinois pourraient bien faire moins de mal qu’il n’y paraît avec des ventes en Europe des constructeurs chinois visés qui "stagnent depuis début 2023, et ce marché ne représente plus que 41 % de leurs exports, contre 88 % en 2022".

Pour autant le scénario d’une surcapacité de production chinoise qui deviendrait insoutenable n’est pas totalement à exclure, puisque chez GSA on considère qu’une croissance chinoise au ralenti combinée à des ventes en Europe de plus en plus faible pourrait y conduire. Une demande intérieure et extérieure qui ne grandirait pas aussi vite que l’offre chinoise, les équipes du cabinet de conseil rappelle notamment que "BYD prévoit de porter sa capacité de production domestique à 6,55 millions d’unités/an en 2026, contre 2,9 millions fin 2023". Une date à laquelle des constructeurs locaux pourraient bien avoir disparu, victime d’une rationalisation d’un secteur extrêmement compétitif. Si China Business News rapporte que 15 constructeurs, en difficulté ou ayant déjà fait faillite, et ce pour une capacité 10 millions d’unités, seul l’avenir nous dira si le modèle chinois deviendra pérenne.

 

Les grands perdants ?

 

Chez GSA, on considère que certains choix européens et américains pourraient se retourner contre eux en matière de protectionnisme. Il est jugé que "ces mesures poussent les fabricants chinois à développer leurs exportations dans les pays émergents, où, pour l’instant, leurs concurrents occidentaux peinent à proposer des VE abordables et adaptés au marché". Pire encore il semble que les choix d’autres pays émergents à adopter des barrières similaires pourraient également y stimuler les flux de capitaux chinois et conduire à l’émergence de producteurs locaux de plus en plus

Dès lors un mouvement de fidélisation des clients pourrait s’opérer, conjuguant réseaux de distribution avec assemblage tout ou partie réalisé sur place. GSA estime que ce mouvement pourrait aller d’autant plus vite que les implantations industrielles évoquées "leur permettent de prétendre à des parts de marché importantes localement, mais aussi à exporter, y compris en contournant les barrières tarifaires européennes et américaines". BYD pourrait parvenir à toucher les marchés protégés via des usines au Mexique ou encore en Turquie.

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