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Stellantis / Carlos Tavares / véhicules électriques / BEV

La profitabilité de Stellantis au-dessus du lot / Le groupe prépare son offensive électrique aux Etats-Unis

Entre une rentabilité à deux chiffres qui le distingue de la quasi-totalité de ses concurrents et une génération de cash-flow très supérieure aux attentes, Stellantis a fortement accéléré en 2022. Le groupe multimarques aborde 2023 avec des ambitions renforcées dans l’électrification, en particulier aux Etats-Unis.
Carlos Tavares, directeur général de Stellantis - Eric TSCHAEN/REA
Carlos Tavares, directeur général de Stellantis - Eric TSCHAEN/REA

Les plus de 14% de marge opérationnelle du premier semestre n’étaient pas un accident. Stellantis est bien le troisième constructeur automobile le plus rentable au monde. Tandis que les observateurs s’émerveillent de voir Renault – qui, il est vrai, revient de loin – retrouver une marge supérieure à 5%, le groupe aux quinze marques que dirige Carlos Tavares a lui hissé la sienne à 13% l’an dernier, grâce à un résultat opérationnel courant record de 23,3 milliards d’euros, qui a progressé de 29%, plus vite que le chiffre d’affaires, en hausse de 18% à 179,6 milliards d’euros.

Sur la planète automobile, seule Tesla, la firme du fantasque Elon Musk, qui a publié fin janvier ses comptes annuels, et Mercedes-Benz, qui a dévoilé les siens il y a quelques jours, font mieux, avec des marges de 17% pour le premier, et de 14,6% pour le second. Une véritable gageure dans la mesure où le gros des ventes de Stellantis est réalisé avec des marques généralistes, à l’exception de Maserati, et, dans une moindre mesure de Lancia, Alfa Romeo et DS.

 

Effet prix

 

La situation ne doit rien au hasard. Le groupe a fortement abaissé son seuil de rentabilité depuis la fusion entre Fiat et PSA, avec des plateformes et des moteurs déclinés sous une multitude de modèles et de marques. Il s’appuie aussi sur 7,1 milliards d’euros de cash net lié aux synergies en 2022, avec plus de deux ans d’avance sur l’objectif de 5 milliards d’euros par an. Grâce à un point mort abaissé à moins de 50% de son chiffre d’affaires, Stellantis peut subir une chute de moitié de ses ventes tout en restant rentable. Et tandis que ses immatriculations ont reculé de 14,1% en Europe l’an dernier, la politique de prix agressive prouve son efficacité.

"Si l'on examine en détail la performance de Stellantis au second semestre, on constate sans surprise qu'elle a été principalement tirée par les prix nets des véhicules, ainsi que par le mix produit, qui ont plus que compensé les vents contraires industriels (inflation, etc.)," observe le bureau d’études Oddo BHF. Précisément, l’effet prix a contribué pour 6,3 milliards d'euros et le mix produit pour 0,6 milliard d’euros au second semestre, dans le prolongement de la tendance du premier, note de son côté la banque UBS.

Le constructeur récolte notamment les fruits de l’accélération de sa stratégie d’électrification, avec une hausse de 41% de ses ventes mondiales de véhicules électriques (BEV) par rapport à l’exercice précédent, pour atteindre 288 000 véhicules en 2022. Et ce n’est qu’un début. Avec 23 BEV actuellement sur le marché, le portefeuille de BEV de Stellantis devrait plus que doubler pour atteindre 47 modèles électriques d’ici fin 2024. Et ce, alors que Stellantis est déjà numéro un des ventes de véhicules utilitaires électriques et numéro deux des ventes globales de BEV dans l’espace économique européen, avec la nouvelle Fiat 500 en tête des ventes de BEV en Italie, et la Peugeot e-208, première de la catégorie en France.

 

Près de 11 milliards d’euros de cash-flow

 

"Nous avons démontré l’efficacité de notre stratégie en matière d’électrification en Europe", souligne d'ailleurs Carlos Tavares, dont l’ambition est à présent de dupliquer ce succès outre Atlantique. "Nous disposons désormais de la technologie, des produits, des matières premières et de l’écosystème complet de batteries pour mener à bien cette même transformation en Amérique du Nord", ajoute-t-il. Avec son plan stratégique Dare Forward 2030 présenté il y a un an, le groupe s'est fixé pour objectif d’atteindre 100% de véhicules électriques vendus en Europe et 50% aux Etats-Unis. A cet horizon, la gamme de Stellantis devrait dépasser les 75 BEV disponibles avec un objectif 5 millions de BEV vendus dans le monde.

Un déploiement que l’entreprise peut confortablement continuer à financer alors qu’elle a dégagé un free cash-flow industriel de 10,8 milliards d’euros l’an dernier, en hausse de 78%, nettement supérieur aux attentes. Au cours du seul second semestre, ce même cash-flow libre a atteint 5,5 milliards d’euros, tandis que le consensus des analystes anticipait 4,1 milliards d’euros, témoignant "à nouveau d’une gestion très rigoureuse", souligne Oddo BHF.

Sa forte exposition à l’Amérique du Nord, moins menacée que l’Europe sur les fronts économique et énergétique, et qui représente 60% de son résultat opérationnel, devrait ainsi aider le groupe à maintenir à une rentabilité à deux chiffres cette année.

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