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Banques / BNP Paribas / Crédit Agricole / transition énergétique / TotalEnergies / Commission d'enquête / énergies fossiles

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Financement des énergies fossiles : les efforts de transition des banques françaises enfin reconnus ? / Les meilleures élèves au monde depuis l’Accord de Paris

Selon le dernier rapport publié par des ONG climatiques dont Reclaim Finance, les plus grandes banques françaises n’ont représenté que 11 % des financements des énergies fossiles depuis 2016, soit très loin derrière les établissements américains et même chinois. La reconnaissance des efforts menés alors que ces banques sont toujours régulièrement accusées de "greenwashing".
Raffinerie (Photo by Pierre Larrieu / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Raffinerie (Photo by Pierre Larrieu / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Voilà qui devrait apporter quelques éléments supplémentaires au travail du sénateur Yannick Jadot, qui après plus de trois mois d’auditions, doit désormais s’atteler à la rédaction de son rapport d’enquête sur les obligations de TotalEnergies.

Alors que l’ancien candidat à l’élection présidentielle n’a cessé de reprocher aux banques auditionnées de toujours financer le développement des énergies fossiles de la compagnie, force est de constater que leurs stratégies de transition, qu’elles se sont évertuées à défendre devant les sénateurs, se traduisent dans les chiffres.

Selon la nouvelle édition du rapport "Banking On Climate Chaos" publié par huit organisations dont Reclaim Finance, les banques françaises sont celles qui ont le moins financé ces activités depuis l’Accord de Paris de 2015. Sur les 60 plus grands établissements mondiaux ayant accordé 6 896 milliards de dollars aux énergies fossiles, elles ne représentent que 7 % de ces financements, très loin derrière les banques états-uniennes (31 %, JP Morgan étant le premier soutien financier des énergies fossiles en 2023 avec 41 milliards de dollars), les banques chinoises (15 %) et indiennes (13 %), japonaises (11 %) et anglaises (8 %).

D’après le rapport, ce sont 67 milliards de dollars qui ont été consacrés à l’expansion fossile entre 2021 et 2023 par les grandes institutions financières hexagonales. Certes, d’aucuns diront que c’est toujours trop. Dans le détail, 23,9 milliards de dollars sont attribués à BNP Paribas, 17 milliards de dollars pour Crédit Agricole, 15,6 milliards de dollars pour Société Générale et 9,7 milliards de dollars pour BPCE.

Néanmoins, les organisations reconnaissent que l’une des évolutions notables de 2023 est la réduction des financements des banques françaises aux entreprises du secteur, dont TotalEnergies, Eni, Saudi Aramco. "Si ces dernières ont demandé moins de financements, elles se sont globalement tenues à l’écart de plusieurs transactions, notamment au deuxième trimestre. Ce comportement tranche avec les financements passés, particulièrement pour BNP Paribas, traditionnellement en tête des banques derrière ces entreprises. La banque passe ainsi de la 3e place en 2021 à la 9e place en 2023", peut-on lire dans le rapport.

De fait, les financements de BNP Paribas auraient diminué de 78 % en 2023 par rapport à 2021, de 63 % pour le Crédit Agricole, de 82 % pour Société Générale et de 52 % pour BPCE. De quoi confirmer les propos de Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas, qui expliquait, lors de son audition par la commission d’enquête sénatoriale la semaine dernière, avoir définitivement tourné la page de l’expansion d’hydrocarbures, ne participant plus au tour de table de relance de financement. "Nous ne le ferons pas à l’avenir car cela ne fait plus partie de nos intentions. Le sujet est clos", avait-il alors certifié.

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