WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Bpifrance / Bpifrance Le Lab / réindustrialisation

Entreprises / Actions
Bpifrance / Bpifrance Le Lab / réindustrialisation

Des moyens d’aller chercher ce qu’il faut pour réindustrialiser la France / Les dirigeants restent pragmatiques tout en mettant les territoires au programme

S’il reste encore à attirer des industriels étrangers et à encourager la création de start-ups pour que la France se rapproche de ses objectifs de réindustrialisation, l’écosystème actuel devrait déjà permettre de réaliser une avancée significative en ce sens. Les patrons du secteur, terre à terre quant à la dynamique de réindustrialisation, ont en tout cas des projets d’implantation dans leurs tiroirs. Ces ouvertures ou extensions de sites devraient profiter aux territoires. Et surtout en ce qui concerne les PME, en qui les Français semblent avoir une pleine confiance pour mener ce projet à bien.
French Fab (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
French Fab (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Plus besoin de présenter le sujet, tant il occupe l’agenda politique et économique français : l’Hexagone doit se réindustrialiser. La question reste "comment". Et puis, qu’en disent les industriels eux-mêmes ? C’est pour répondre (entre autres) à ces interrogations que Bpifrance a publié mercredi une étude, réalisée avec le soutien de la Banque des Territoires. Objectif : proposer un cadrage macroéconomique du sujet tout en croisant les regards des parties prenantes de cette trajectoire.

 

Pas de cible artificielle

 

Un parcours dont l’avancée peut se mesurer, car l’étude retient une cible claire, soit celle que la part de l’industrie manufacturière ait atteint 12 % du Produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2035. Reste qu’en 2023, cette part s’affichait à 9,7 % du PIB. L’effort à fournir en termes de valeur ajoutée manufacturière représente 233 milliards d’euros, pour pouvoir atteindre les 506 milliards d’euros visés en 2035.

Pour l’heure, les entreprises industrielles en place représenteraient 70 % de cet objectif – soit 162 milliards d’euros selon leurs prévisions de croissance – d’ici à 2035. Si une longueur d’avance a été prise, cela signifie néanmoins que 30 % de création de valeur (ou 71 milliards d’euros) seront encore à aller chercher. "Cela se trouvera dans des opérations comme Choose France, grâce à des industriels étrangers qui viennent s’implanter en France, mais aussi grâce à des start-ups qui vont se créer : c’est peu le modèle Tesla, qui était une start-up industrielle à l’origine", a expliqué le directeur de l’évaluation des études de Bpifrance, Philippe Mutricy, à l’occasion d’un appel avec la presse.

 

Rester en prise avec la réalité

 

La marche est enclenchée et les marges de progression bien identifiées. Pourtant, les dirigeants industriels ne semblent pas encore complètement convaincus de la réalité du processus. Seuls 35 % des plus de 2 800 patrons interrogés estiment que la France est actuellement en phase de réindustrialisation, tandis que 39 % soulignent qu’elle ne l’est pas. L’optimisme est déjà plus de mise du côté des dirigeants de start-ups industrielles, puisqu’ils sont 45 % à penser que la réindustrialisation est en cours en France. "Les industriels sont, de fait, dans la matérialité de ces projets et de cette réindustrialisation. Ils ont de fortes contraintes macroéconomiques, en termes d’énergie ou encore sur le plan du contexte géopolitique qui créent des craintes sur la croissance", a de son côté rappelé la directrice de Bpifrance Le Lab, Elise Tissier.

Quoi qu’il en soit, les industriels l’affirment à 60 % : l’industrie de demain sera innovante et technologiquement avancée. L’avis n’est pas le même du côté de la société civile, alors que Bpifrance Le Lab a également interrogé 5 000 Français pour réaliser l’étude. Ils sont quant à eux 37 % à être de cet avis. Dans leur esprit, l’industrie du futur sera tout d’abord orientée vers les énergies renouvelabes, à hauteur de 41 % (contre 17 % pour les dirigeants). L’enquête trouve néanmoins des points d’entente entre Français et dirigeants, notamment au sujet de la propreté et de la durabilité de l’industrie de demain, ou encore quant à l’importance de la circularité de l’économie en son sein, qui permettra de favoriser la production locale, le recyclage et le réemploi.

 

Les projets d’implantation sont tangibles

 

Malgré ces quelques divergences d’opinions, la réindustrialisation semble se concrétiser sur le plan des ouvertures ou des extensions de sites. Car 6 dirigeants sur 10 indiquent avoir un projet d’implantation en France. Ce qui devrait bien bénéficier aux territoires français. De fait, 43 % des patrons indiquent vouloir s’implanter à proximité directe de leur usine et 22 % dans leur commune ou à proximité, soulignant vouloir rester proche des endroits où ils ont grandi et fait leurs études.

Cela varie en fonction du type d’entreprises, avec des petites et moyennes entreprises (PME) qui restent les plus attachées à leur territoire. Pour ne pas perdre leur main-d’œuvre sur place, elles auront tendance à rester dans leur région, tandis que les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les start-ups entretiennent un rapport plus stratégique au territoire. Elles recherchent aussi la proximité directe en premier lieu, mais conçoivent de s’installer un peu plus loin.

 

La confiance va aux PME et ETI

 

En tout cas, la taille des entreprises joue un rôle prépondérant en matière d’acceptabilité, pour la société civile, de voir des usines s’installer près de chez eux. Les start-ups et les PME sont les plus populaires lorsqu’il s’agit de savoir quels types d’entreprises les Français accepteraient de voir s’implanter à proximité. Mais les jeunes pousses emportent moins d’adhésion, dans la société civile, en matière d’attente de la réussite de la réindustrialisation. De même pour les "gigafactories" : si elles occupent très certainement l’espace médiatique, seuls 11 % des Français indiquent qu’il faudra s’appuyer sur celles-ci pour pouvoir réussir la réindustrialisation. La statistique s’affiche à 28 % pour les grandes entreprises. À l’inverse, carton plein pour les PME et les ETI, qui recueillent respectivement 62 % et 60 % des suffrages. Preuve qu’elles sont loin d’avoir dit leur dernier mot pour réindustrialiser la France.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article