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Des anciens de Google DeepMind lancent "H" à Paris et séduisent un casting d’investisseurs de renoms / Emmanuel Macron enchaîne avec des annonces de financements pour l'IA

Une équipe formée par des anciens de Google DeepMind a choisi la capitale pour y lancer "H". La start-up, qui vise à ouvrir la voie à une intelligence artificielle générale, a levé 220 millions de dollars auprès de la fine fleur des investisseurs français et internationaux. Une nouvelle bonne pioche pour Paris en la matière. Mais pour passer à l’étape supérieure, des financements restent à aller chercher. Alors qu’Emmanuel Macron s’exprimait ce mardi devant l’écosystème de l’IA réuni à l’Élysée, en amont du lancement de VivaTech, le président de la République a fait plusieurs annonces allant en ce sens.
DeepMind (Photo by Jakub Porzycki / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
DeepMind (Photo by Jakub Porzycki / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

La huitième édition de VivaTech s’ouvre ce mercredi et une chose est sûre : elle sera résolument placée sous le signe de l’intelligence artificielle (IA). Alors que nombre d’interventions porteront sur la thématique et que des figures du secteur y sont attendues, à l’instar (entre autres) d’Elon Musk, du cofondateur de MistralAI Arthur Mensch, du scientifique en chef en charge de l’IA chez Meta Yann Le Cun, ou encore de la coprésidente de la Commission de l’IA Anne Bouverot, il semblerait que Paris ait de quoi faire valoir ses atouts sur le sujet.

De fait, c’est dans la capitale française que "H", une start-up de modèles de fondation et d’IA dite "agentique", a choisi de se lancer ce mardi. Dans le détail, l’entreprise vise à introduire l’IA générative dans les entreprises à l’échelle internationale, grâce à une nouvelle génération de modèles multimodaux concentrés sur l’action : "Ces modèles de fondation d’action sauront raisonner, planifier et collaborer, révolutionnant ainsi des secteurs entiers et rendant [l’intelligence artificielle générale] bientôt réalité", a expliqué Bpifrance à l’occasion de l’annonce.

 

De Google à Paris

 

Car outre ce lancement, "H" a également annoncé une levée de fonds initiale de 220 millions de dollars (202 millions d’euros), réunissant le gratin des investisseurs français et internationaux. Il y a donc Bpifrance, au travers de son fonds Large Venture, mais aussi Eurazeo et Elaia Partners, de grands noms de la Tech comme Amazon et Samsung, ou encore l’ancien président-directeur général de Google Eric Schmidt, le fondateur d’Iliad Xavier Niel, Aglaé Ventures, le fonds de capital-risque de Bernard Arnault, celui de la famille Houzé Motier Ventures, les entreprises Accel, UiPath…

Un casting d’investisseurs prestigieux pour cette société fondée à la fin de l’année 2023, qui vise à poursuivre les talents en recherche de l’entreprise et à acquérir les puissances de calculs et les données nécessaires dans son domaine des modèles agentiques grâce à ces fonds. En clair, "H" développera et commercialisera des modèles aux capacités ciblées sur les verticales du business et des consommateurs, comprenant des architectures spécifiques ainsi que des modèles capables de raisonner, planifier collaborer. "L’équipe est unie autour d’une mission tout aussi simple qu’ambitieuse : faire progresser la productivité de milliards de personnes. Nous sommes déterminés à transformer des secteurs entiers ainsi que nos expériences quotidiennes, en faisant du tandem homme-ordinateur une réalité, et ouvrant la voie à une intelligence plus générale et plus complète", a expliqué l’un des co-fondateurs et directeur général de "H", Charles Kantor.

Une équipe fondatrice qui a d’ailleurs une tonalité particulière. Comme cela est souvent le cas lorsque des start-ups d’IA lèvent des sommes significatives dès leur création auprès d’investisseurs aguerris, celle-ci a de quoi asseoir sa crédibilité : ses membres sont (presque) tous des anciens de chez DeepMind, la branche de Google spécialisée dans l’IA. Daan Wierstra, qui sera le directeur scientifique de "H", en a été l’un des membres fondateurs tandis que Laurent Sifre, chef de la technologie de "H" et ancien X-Ponts et Chaussées, a été le scientifique principal de DeepMind pendant une décennie. Il y a Karl Tuyls, également, chef des opérations de recherche de la start-up, qui a officié en qualité de directeur de la recherche sur les agents multiples et la théorie des jeux chez DeepMind. Ou, encore, Julien Perolat, centralien de formation, qui y a aussi été chercheur. L’équipe fondatrice est enfin complétée par Charles Kantor, diplômé de l’université de Stanford, et qui sera donc à la tête de l’entreprise.

 

De l’écho à l’Élysée

 

"Avant de retrouver les talents français de l’intelligence artificielle réunis à l’Élysée, une bonne nouvelle : des investisseurs choisissent la France pour lancer l’entreprise H, y rassembler des scientifiques de renommée mondiale, et y investir 220 millions de dollars !", se réjouissait Emmanuel Macron sur X, à la suite de l’annonce. Un calendrier qui s’est effectivement bien articulé, puisque dans la foulée de son message sur les réseaux sociaux, le président de la République se rendait au Palais présidentiel pour s’exprimer devant un parterre de chefs d’entreprise, d’investisseurs et de chercheurs spécialistes de la technologie.

"La capitale des Lumières est en train de devenir la capitale de l’IA", a souligné le chef de l’État devant son auditoire, en rappelant l’ensemble des initiatives que Paris attirait en la matière, allant des centres de recherche des géants technologiques américains au laboratoire Kyutai, fondé par Xavier Niel, Rodolphe Saadé et Eric Schmidt. Il est vrai que sur le plan des entreprises, également, la France en possède une large palette à son actif, avec environ 600 start-ups opérant dans le domaine - tout comme sur celui des talents, qui finissent pourtant souvent par aller travailler à l’étranger. À cette occasion, Emmanuel Macron en a donc profité pour faire quelques annonces visant à mieux financer l’IA française et à rendre le pays plus attractif. Ce sont tout d’abord environ 400 millions d’euros qui seront investis dans neuf clusters IA, dans le but de former 100 000 talents par année, tandis que des partenariats stratégiques seront encouragés afin que la part de GPU - les processeurs permettant de faire tourner les algorithmes - produits sur le sol européen aille atteindre 20 % (elle s’affiche pour l’instant à 3 %).

Enfin, s’agissant du financement des entreprises, afin de venir compléter la phase de 2 de l’initiative Tibi, le président de la République a annoncé la création d’un fonds de fonds, qui sera souscrit à hauteur d’un quart par l’État. Sans dévoiler de montant, Emmanuel Macron a assuré qu’il serait "significatif". Le but ? Venir se concentrer sur les secteurs stratégiques de l’IA comme les puces, le cloud ou encore les grands modèles de langage, demandeurs en renforts de financements. "L’objectif est que nous puissions l’européaniser", a-t-il poursuivi, en soulignant que le souhait serait au moins d’en faire un fonds franco-allemand. Et en appelant également, de ses vœux, les grandes entreprises à y participer.

 

 

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