Asset, Management / Collectif Porteurs H2O / tribunal de commerce de Paris
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Collectif Porteurs H2O / tribunal de commerce de Paris
Les rangs des demandeurs à l’assignation en justice contre H2O grossissent / Près de 3 000 nouveaux porteurs rejoignent l’action du Collectif H2O
Alors que le Collectif Porteurs H2O a assigné en justice la société de gestion H2O et ses entités (H2O AM LLP, H2O AM Europe SAS et H2O Holding) ainsi que ses partenaires, à savoir Caceis, KPMG et Natixis Investment Managers, en décembre dernier, pour réparation d’un préjudice qu’il estime à 717 millions d’euros (représentant 6 077 demandeurs), l’association vient d’annoncer l’intégration, par voie d’intervention volontaire, de 2 929 nouveaux plaignants, totalisant quant à eux 133 millions d’euros de pertes, dommages et intérêts et frais de justice.
Ce faisant, ce ne sont donc pas moins de 9 004 porteurs, investisseurs institutionnels comme conseillers en gestion de patrimoine et particuliers, qui sont désormais réunis sous l’assignation, pour un montant global s’élevant à 850 millions d’euros et 18 millions d’euros de préjudice moral. Une assignation motivée, selon le Collectif, par "le doute de la volonté d’H2O AM de rembourser les sommes cantonnées afin de récupérer à la fois le montant des pertes initiales des investisseurs, mais aussi les dommages et intérêts liés à ce blocage des actifs et les frais de justice ", a rappelé l’association.
Pour mémoire, il est reproché aux gestionnaires des fonds H2O d’avoir investi, entre 2015 et 2020, 2,3 milliards d’euros dans des titres de dette privée illiquides (notamment auprès de sociétés appartenant à Lars Windhorst, un entrepreneur allemand), alors que ce type d’investissement est interdit. En juin 2019, le scandale avait été rendu public par un article du Financial Times révélant notamment des problèmes de liquidité et incitant les investisseurs à se retirer de certains de ses fonds. L’Autorité des marchés financiers avait de son côté enquêté et avait prononcé une sanction record de 93 millions d’euros à l’encontre d’H2O et deux de ses dirigeants, Bruno Castres et Vincent Chailley. Une décision que ces derniers ont contesté en justice.
À noter enfin qu’après un premier remboursement des fonds cantonnés depuis 3 ans, dits "side pockets", effectué en janvier l’année dernière (de 141 millions d’euros au lieu des 250 millions d’euros annoncés selon le Collectif), la société H2O AM a procédé, en début d’année à un second versement, de l’ordre de 70 millions d’euros.
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