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défaillances d'entreprises / Deloitte

Les défaillances d’entreprises ont renoué avec leurs niveaux pré-pandémiques en 2023 / Le nombre d'emplois menacés s'envole d'autant plus

Procédures de sauvegarde, redressements ou liquidations judiciaires… le constat est posé : les défaillances d’entreprises ont retrouvé en 2023 leurs niveaux précédant la crise sanitaire, selon la dernière étude de Deloitte menée à ce sujet. Ce qui se reflète mécaniquement sur le nombre d’emplois concernés, alors que la part des postes menacés s’est franchement appréciée du côté des sociétés comptant entre 200 et près de 5 000 salariés.
(Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Le calcul est simple : qui dit plus de défaillances d’entreprises, dit aussi plus d’emplois concernés. Et de fait, puisque les premières ont signé leur retour aux niveaux pré-pandémiques en 2023, signale la dernière étude de Deloitte, cela se répercute logiquement sur le nombre d’emplois menacés. Dans le détail, 57 729 procédures collectives (compilant l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire directe) ont été dénombrées l’année dernière. Cela correspond à une hausse de 36 % sur un an, soit un plus haut historique depuis presque une décennie. Le nombre de défaillances généralisées "n’égalise pas seulement les niveaux observés d’avant la crise sanitaire, mais les dépasse", pointe par ailleurs le cabinet. Une augmentation de 5 727 procédures collectives est en effet à observer par rapport à 2019.

 

Les grandes entreprises loin d’être épargnées

 

Des hausses qui se traduisent donc par une augmentation des emplois concernés et menacés. Du côté des procédures collectives, ils sont au nombre de 243 700. Soit un bond de 70 % sur un an. De fait, cette hausse a été portée par les entreprises comptant entre 200 et 4 999 employés. La proportion d’emplois menacés y a grimpé de 15 points sur un an. Plus généralement, rien que le "top 10" des sociétés de plus de 500 salariés ayant fait l’objet d’une procédure collective concentre 44 306 emplois, observe le rapport. L’on y retrouve Casino et Orpea (qui ont eu recours à des procédures de sauvegarde accélérées après une période de procédure de conciliation), ou encore Go Sport et Jennyfer, quant à eux en redressement judiciaire.

La tendance avait d’ailleurs été relevée par les chiffres de la Banque de France dès le mois de décembre dernier. Si en volume, les défaillances de PME et TPE restent supérieures, du côté de l’évolution, les ETI et grandes entreprises sont loin d’avoir été épargnées par l’année 2023. "En 2023, les grandes entreprises françaises avec un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros ayant subi une défaillance comptabilisent un chiffre d’affaires cumulé de 11 603 millions d’euros, en hausse significative de 483 % par rapport aux 1 991 millions d’euros de 2022, et emploient 49 573 personnes (contre 14 520 en 2022, + 241 %). Ces chiffres représentent 19 % de l’ensemble des emplois menacés cette année", pointe d’ailleurs l’étude de Deloitte.

 

De nouveaux leviers pour la sauvegarde

 

En revanche, du côté des procédures amiables, si elles s’affichent en légère hausse de 4 % sur un an (à 7 822, ce qui reflète une nette progression des conciliations, de 32 %, contre un recul de 9 % pour les mandats ad hoc), le nombre d’emplois concernés et menacés est quant à lui en recul de 15 %. "Ce phénomène tient certainement son origine dans la réforme de 2021, laquelle, en application de la directive européenne sur l’insolvabilité, a donné de nouveaux leviers à la sauvegarde accélérée. Sans cette réforme, des groupes importants comme Casino ou Orpea auraient probablement été restructurés par le biais d’une conciliation uniquement, non suivie d’une procédure judiciaire", explique Deloitte.

Toujours est-il que la tendance haussière des défaillances n’est que le reflet d’un retour à la normale, rappelle l’étude. Ces niveaux records de faillite rééquilibrent la situation après des années marquées par le soutien exceptionnel des aides accordées au travers du "quoi qu’il en coûte". Mais reste que ce "contrecoup prévisible", souligne Christophe Guerner, associé Restructuring Financier chez Deloitte, n’empêche pas qu’il soit "possible que nous assistions dans les prochaines années à de nouvelles hausses du niveau des défaillances, expression d’un rattrapage des procédures évitées ces 3 dernières années", pointe-t-il. En tout et pour tout, qu’il s’agisse des procédures amiables ou collectives, les entreprises en difficulté en France en 2023 auront été au nombre de 65 551, pour un total de 405 684 emplois concernés et menacés.

 

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