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Evenements / Saint-Gobain / Pierre-André de Chalendar / Benoit Bazin / Assemblée générale

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Saint-Gobain / Pierre-André de Chalendar / Benoit Bazin / Assemblée générale

Benoit Bazin, directeur général de Saint-Gobain, est désormais aussi président / Pierre-André de Chalendar lui transmet le flambeau au terme d'une transition orchestrée

Pierre-André de Chalendar a tiré sa révérence, jeudi, de la présidence de Saint-Gobain, actant l’arrivée de Benoit Bazin au poste de président-directeur général. L’assemblée générale des actionnaires du géant des matériaux de construction n’aura pas été seulement l’occasion de réunir les deux fonctions, mais aussi de mettre en musique l’ensemble d’un processus de transition de gouvernance minutieusement organisé.
Benoit Bazin (Photo by Eric PIERMONT / AFP)
Benoit Bazin (Photo by Eric PIERMONT / AFP)

C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre pour Saint-Gobain. Ce jeudi, l’assemblée générale du géant des matériaux de construction a acté la prise de fonction de son dirigeant, Benoit Bazin, au poste de président-directeur général (P.-D.G.), comme cela avait été décidé par son conseil d’administration en novembre. Elle aura aussi été la quatorzième et dernière réunion annuelle des actionnaires du groupe à être présidée par Pierre-André de Chalendar. "Vous m’avez élu administrateur en 2006, il y a dix-huit ans. Et vous m’avez renouvelé votre confiance à quatre reprises comme président de votre groupe", a-t-il entamé, en s’adressant aux actionnaires de la compagnie sur la scène de la salle Pleyel. Et de poursuivre : "C’est donc avec beaucoup d’émotion, mais surtout beaucoup de reconnaissance, que je me présente devant vous aujourd’hui pour vous dire que je vais transmettre la présidence, avec le sentiment très réconfortant de la mission accomplie".

 

Une stratégie exécutée

 

De fait, le Saint-Gobain d’aujourd’hui a fait bien du chemin, a souligné Pierre-André de Chalendar. Ce sont en tout trente-cinq années au fil desquelles cet énarque, également diplômé de l’Essec, aura collaboré au sein de l’entreprise. Il en était devenu le P.D-G. en 2010, succédant ainsi à Jean-Louis Beffa après une phase de transition lors de laquelle il avait été le numéro deux du groupe. La mécanique aura été la même avec Benoit Bazin. Les deux fonctions ont été dissociées en 2021, faisant de cet ingénieur X-Ponts, qui a rejoint l’entreprise en 1999, son directeur général, deux années après sa nomination au poste de directeur général délégué.

Une période durant laquelle deux plans stratégiques se sont enchaînés : le premier, "Transform and Grow", lancé à la fin de l’année 2018 et le second, "Grow and Impact", introduit en 2021 et courant jusqu’en 2025. Internationalisation, réorganisation de l’organisation du groupe par pays et non plus par métiers, réallocation du capital, développement dans les zones géographiques à forte croissance, investissements et accélération dans la chimie de la construction, orientation vers le client… de fil en aiguille, la feuille de route a été exécutée sous la houlette opérationnelle de Benoit Bazin, avec un objectif précis. Soit celui de mener la transformation du groupe dans un premier temps, puis d’accélérer sur le chemin et de la croissance rentable et de devenir le leader de la construction durable.

 

Assurer la pérennité

 

Et les résultats sont au rendez-vous. En 2023, Saint-Gobain a délivré une marge d’exploitation à deux chiffres pour la troisième année consécutive, tandis que le cash-flow libre a atteint un nouveau record. Le tout dans un environnement de marché pourtant défavorable, la chute de la construction neuve ayant nécessairement eu un impact sur l’activité du groupe. "Notre réussite s’explique par des choix stratégiques clairs", a appuyé Benoit Bazin. Une réussite se reflétant aussi dans le parcours boursier du groupe, alors même qu’il a signé l’une des plus fortes hausses du CAC 40 l’année dernière et intégré, par la même occasion, le gratin des entreprises européennes en rejoignant l’Euro Stoxx 50. Sur un an, la progression de son cours s’affiche à plus de 48 %.

Toujours est-il que des fonctions réunies appellent à une structure de gouvernance renforcée. Ce qui est le rôle d’un administrateur référent. La compagnie en était déjà dotée d’un : Jean-Dominique Senard, le président du conseil d’administration de Renault. Il aura joué un rôle actif dans la préparation de la succession de Pierre-André de Chalendar… mais aussi au sujet de la sienne. Le fait est que son mandat est arrivé à échéance et qu’il a donc également quitté le conseil d’administration. Il sera remplacé à ce poste par le président de Blackrock France, Belgique et Luxembourg, Jean-François Cirelli. Ce dernier sera également le vice-président du conseil, tandis que ses pouvoirs ont été accrus : "Saint-Gobain a 350 ans. Il faut assurer la pérennité. L’administrateur référent aura désormais la capacité de réunir des conseils sur sa décision, d’assister à l’ensemble des comités ou de se réunir avec les investisseurs pour des questions de gouvernance", a expliqué Jean-Dominique Senard.

 

Trois nouveaux administrateurs

 

Si Pierre-André de Chalendar restera président d’honneur du groupe, il a démissionné du conseil d’administration. À son départ s’ajoutent ceux de Jean-Dominique Senard, ainsi que de Iêda Gomes Yell. L’assemblée générale aura aussi été l’occasion, pour les actionnaires, d’approuver la nomination de leurs successeurs : l’ancien président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, également administrateur de Bureau Veritas ; Hélène de Tissot, la directrice financière du groupe Pernod Ricard et Sophie Brochu, l’ancienne P.-D.G. d’Hydro-Québec, au Canada. Trois profils d’administrateurs indépendants tout trouvés pour la maison, a souligné Jean-François Cirelli, qu’il s’agisse de l’expertise entrepreneuriale de Geoffroy Roux de Bézieux, des compétences financières et stratégiques d’Hélène de Tissot et de la connaissance du marché nord-américain et plus particulièrement canadien de Sophie Brochu, alors que le groupe réalise désormais plus de 60 % de son résultat d’exploitation en dehors de l’Europe de l’Ouest.

Voici ainsi le nouveau conseil d’administration de Saint-Gobain au complet, composé à 82 % d’administrateurs indépendants, de 37 % d’administrateurs étrangers et de 55 % de femmes. Des pistes d’amélioration ? Celles du rajeunissement du conseil et d’une plus ample internationalisation, a relevé Jean-François Cirelli. Mais pour l’heure, sa composition semble bien avoir convaincu les actionnaires. Les nominations des nouveaux administrateurs, le renouvellement du mandat de Jean-François Cirelli et le renforcement des pouvoirs de l’administrateur référent ont été approuvés à plus de 90 %.

 

Clarté, incarnation et alignement

 

"C’est une transition exemplaire qui s’achève aujourd’hui. Elles sont pourtant parfois difficiles", a admis Pierre-André de Chalendar. "Mais celle-ci a été préparée de longue date. Benoit, je voudrais te dire toute mon admiration. La réunification des fonctions va permettre d’avoir une responsabilité claire, incarnée et un alignement entre les orientations stratégiques qui sont décidées par le conseil d’administration et exécutées par la direction", a-t-il poursuivi. "Tu es de ceux qui ont façonné Saint-Gobain", a répondu Benoit Bazin à son prédécesseur. Pour la suite, le ton est en tout cas donné. "Nos priorités sont définies en termes d’innovation, de performances et de création de valeur. Elles sont portées par le sens de nos actions. Ayez donc la certitude de ma détermination", a assuré le nouveau P.-D.G.

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