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Macro-économie / Taux / Chine / commission européenne / droits de douane

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Chine / commission européenne / droits de douane

Chine : la Commission européenne menace d’augmenter les droits de douane sur les véhicules électriques / Selon les constructeurs, ils pourraient aller jusqu'à 50%

Ayant provisoirement conclu que la chaîne de valeur des véhicules électriques à batterie en Chine bénéficiait de subventions déloyales, la Commission européenne a indiqué que des droits compensateurs temporaires seraient introduits à partir du 4 juillet si les discussions avec les autorités chinoises n’aboutissaient pas à une solution efficace.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne -MAJA HITIJ / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne -MAJA HITIJ / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

L’exécutif européen hausse le ton vis-à-vis de la Chine. La Commission européenne a annoncé qu’une augmentation des droits de douane touchant les véhicules électriques produits par l’Empire du milieu pourrait bientôt avoir lieu.

Pour mémoire, au début de l’automne dernier, après avoir recueilli des éléments de preuve suffisants montrant que la récente hausse des importations à bas prix et subventionnées de véhicules électriques en provenance de Chine dans l’Union européenne (UE) constituait une menace économique pour l’industrie automobile électrique de l’UE, Bruxelles avait annoncé ouvrir une enquête. "Le secteur des véhicules électriques recèle un énorme potentiel pour la compétitivité future de l’Europe et sa primauté dans le domaine des industries vertes. Les constructeurs automobiles de l’UE et les secteurs connexes investissent et innovent déjà pour développer pleinement ce potentiel. Chaque fois que nous constaterons que leurs efforts sont entravés par des distorsions du marché et une concurrence déloyale, nous agirons avec détermination", avait déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, au moment du déclenchement de l’enquête.

Or, dans le cadre de cette dernière, la Commission vient d’annoncer avoir provisoirement conclu que la chaîne de valeur des véhicules électriques à batterie (BEV) en Chine bénéficiait de subventions déloyales.

C’est pourquoi, la Commission s’est adressée aux autorités chinoises pour examiner ces conclusions et étudier les moyens de résoudre les problèmes recensés d’une manière compatible avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce. En outre, elle leur a communiqué le niveau des droits compensateurs provisoires qu’elle instituerait sur les importations de véhicules électriques à batterie en provenance de Chine. Rappelons que si cela est justifié sur le plan juridique, des droits anti-subventions provisoires peuvent être institués au plus tard neuf mois après l’ouverture de l’enquête, des mesures définitives devant être instituées au plus tard quatre mois après ou dans un délai de 13 mois à compter de l’ouverture de l’enquête.

Dans le détail, "si les discussions avec les autorités chinoises n’aboutissaient pas à une solution efficace, ces droits compensateurs provisoires seraient introduits à partir du 4 juillet par une garantie (sous la forme à décider par les douanes de chaque État membre). Ils ne seraient perçus que si des droits définitifs sont institués", précise Bruxelles.

Aujourd’hui taxés à hauteur de 10 %, les constructeurs chinois se verraient appliquer des droits de douane différents. Ainsi, BYD se voit appliquer un taux compensatoire supplémentaire (en plus du taux de 10 %) de 17,4 %, Geely de 20 % et SAIC de 38,1 %. Pour les autres producteurs chinois ayant coopéré à l’enquête le taux serait de 21 % et il atteindrait 38,1 % pour ceux n’ayant pas coopéré.

Les importations européennes de véhicules électriques chinois ont commencé à augmenter en 2020, pour atteindre près de 440 000 par an 2023, soit une multiplication par près de huit en trois ans. D’après le Kiel Institute, centre de recherche allemand, des droits de douane supplémentaires de 20 points sur les voitures électriques chinoises réduiraient les quantités importées d’un quart, soit une diminution de 3,5 milliards d’euros de la valeur des importations. "Pour les consommateurs, cela devrait se traduire par une hausse des prix des véhicules électriques, car la production au sein de l’UE est nettement plus coûteuse qu’en Chine en raison des prix plus élevés de l’énergie et des matériaux et, surtout, des coûts de main-d’œuvre nettement plus élevés", explique Julian Hinz, chercheur au sein de l’institut, qui n’écarte pas que les constructeurs chinois, tels que BYD, puissent également répondre à la demande locale en construisant de nouvelles usines en Europe.

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