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La place de Paris poursuit sa transition climatique / Les autorités françaises lui demandent quelques efforts supplémentaires
Difficile de dire que la Place de Paris n’est pas prévenue. Pour la quatrième année consécutive, l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) publient leur rapport commun sur le suivi et l’évaluation des engagements climatiques des acteurs parisiens et ce dernier établit à nouveau que les banques, assureurs et sociétés de gestion ont su prendre des engagements climatiques de plus en plus conséquents. Chacune de ces catégories d’acteurs présentant des particularités en terme tant d’engagements que d’expositions.
Sur la question de l’exposition aux énergies fossiles, il est ainsi avancé "qu’étant donné leur faible exposition au secteur, les banques estiment, de façon générale, que les efforts déjà mis en place sont cohérents avec leurs objectifs de sortie en 2030 (OCDE) et 2040 (reste du monde) ". Un faible risque donc, il s’avère cependant que "sur les cinq dernières années, l’exposition déclarée au charbon continue de décroître, sur un rythme modéré pour les banques (environ -15 % à 2,8 milliards d’euros)". Il est ainsi noté qu’il n’y a pas eu "de mises à jour notables de leurs politiques" sur la question fossile.
Une observation qui prévaut également pour l’exposition aux secteurs les plus directement liés au pétrole et au gaz, laquelle est "sans surprise, plus importante en chiffres absolus avec 86 milliards (chiffres du reporting pilier3 ESG)". Le poids est jugé comme " modeste" au regard de leur bilan total, considéré comme inférieur à 1 %.
Même cap
Cette dynamique vaut également pour les organismes d’assurance, puisque c’est un tiers de ceux considérés dans l’analyse qui ont "renforcé les critères d’exclusion portant sur cette énergie fossile tandis que l’exposition déclarée amorce une décrue assez prononcée". Il est ainsi rapporté que leur exposition aux secteurs liés au pétrole et au gaz ne représente que 2,2 % de leur bilan et que celle au charbon est en diminution 21 % sur la période, pour aboutir à 7,5 milliards aujourd’hui.
Les politiques climatiques voient les sociétés de gestion en prendre pour leur grade, alors même que "les précédents rapports soulignaient la lenteur des acteurs à se mettre en ordre de marche sur le périmètre des énergies fossiles hors charbon", il est certes apprécié le "doublement du nombre des sociétés de gestion ayant publié une politique pétrole et gaz", tout en arguant que l’essentiel de celles-ci pourrait faire mieux.
Exhaustivité
L’un des principaux regrets des deux autorités est de constater que "la plupart des politiques de ces sociétés de gestion se concentrent toutefois sur les combustibles communément considérés comme non conventionnels et couvrent partiellement la chaîne de valeur du pétrole et du gaz". Pour l’heure ce sont uniquement trois d’entre elles qui ont communiqué "une date de sortie des secteurs du pétrole et du gaz pour les combustibles intégrés dans leurs politiques ", et aucune n’évoque "une exclusion systématique relative au développement de nouvelles capacités de l’offre de pétrole et de gaz".
Le constat diffère un peu pour les Banques et assurances, puisque ces dernières ont " eu tendance à renforcer leurs politiques de limites ou d’exclusion portant sur le pétrole et le gaz ", tout en partageant la même particularité sur la sortie des hydrocarbures.
Clarifier
Autre écueil majeur, la possibilité d’apprécier les engagements pris par les différents acteurs et leur réalisation. Actuellement le rapport évoque que "seuls 33 % de ces engagements sont accompagnés de données de suivi permettant d’attester l’atteinte effective de l’objectif visé". Alors qu’il s’agit de la dernière édition du rapport sous cette, il est annoncé qu’il sera encore publié mais sous une forme différente, nombre de préconisations des années précédentes sont répétées telles que celles sur les "efforts à poursuivre en matière de transparence sur les modalités de dialogue et d’engagement mises en place avec les émetteurs dans les politiques d’exclusions sectorielles".
À titre d’exemple, il est dévoilé qu’uniquement " 18 % des sociétés de gestion de l’échantillon ont déclaré avoir suivi la préconisation formulée dans le précédent rapport concernant la transparence, au sein de leur politique d’exclusion sectorielle charbon, sur le processus de gestion des exceptions". À laquelle s’ajoute le constat répété de divergences importantes concernant tant l’interprétation que les méthodes ayant trait aux expositions.
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