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Feuilleton de l'été / Portrait / Arthur Dénouveaux / Covea

Feuilleton de l'été
Portrait / Arthur Dénouveaux / Covea

exclusif Série d’été - ces jeunes leaders qui construisent la France de demain / Arthur Dénouveaux, directeur du pilotage de la transformation au sein de la direction générale Assurance de Covéa et directeur de cabinet de Stéphane Duroule, directeur général Assurances France

EXCLUSIF. Amoureux des mathématiques, rien ne prédestinait Arthur Dénouveaux à faire carrière dans l’assurance. Mais les attentats du 13 novembre 2015 le convaincront de repenser sa carrière, commencée dans la finance, pour avoir plus d’impact sur la vie de ses concitoyens. Et il a beau, de son propre aveu, avoir encore beaucoup à apprendre du secteur dans lequel il évolue désormais, une chose est sûre : la charge de travail ne lui fait pas peur.
Arthur Dénouveaux (©Covéa)
Arthur Dénouveaux (©Covéa)

Ce 14 juillet 2024 restera, pour Arthur Dénouveaux, une date particulière. Le directeur du pilotage de la transformation au sein de la direction générale Assurance de Covéa et directeur de cabinet de Stéphane Duroule, directeur général Assurances France, a en effet eu l’honneur de porter, ce dimanche, la flamme olympique pendant quelques mètres depuis le Bataclan.

Un symbole fort pour celui qui est aussi président de l’association des victimes des attentats du 13 novembre 2015. "Ce n’est pas moi qui ai eu l’idée de lancer l’association, ni de la diriger. Mais comprenant que je parlais anglais et surtout le même langage ‘techno’  que les personnalités politiques que nous souhaitions sensibiliser, les deux fondatrices m’ont confié la présidence en septembre 2017", nous relate Arthur Dénouveaux, dans un entretien accordé à WanSquare.

 

Faire de la politique autrement

 

Il faut dire que l’homme de 38 ans avait tout pour embrasser une carrière politique. "C’est vrai, j’adore la politique mais je trouve du plaisir à en faire par le biais associatif. La logique des partis ne m’attire pas du tout. J’ai davantage le sentiment d’être utile en aidant les victimes, en faisant évoluer les lois. L’association est, par exemple, à l’origine de la création d’un juge de l’indemnisation pour les victimes du terrorisme, l’évolution la plus dure que j’ai eu à négocier avec l’exécutif ", souligne l’auteur de plusieurs ouvrages, tels que "Victimes, et après" et "du Choc de l’expérience" avec le philosophe Antoine Garapon, publiés chez Gallimard, etc. "Et pourtant j’ai une formation scientifique, j’aime les maths. Cet évènement m’a ouvert à l’écriture. Bizarrement, de cette tragique expérience sont nées des choses très positives dans ma vie. Il y a une forme d’ouverture sur le monde. Cette évolution personnelle n’est pas pour rien dans mon changement de carrière et mon arrivée chez Covéa", avoue Arthur Dénouveaux qui nous annonce que l’association sera dissoute en 2025. " Pour les dix ans de l’association, nous nous sommes fixé l’objectif de marcher sans cette béquille, de se donner un horizon de sortie. Un chapitre doit se fermer, il y a un avant et un après Bataclan".

 

Trader après l’affaire Kerviel

 

Cet X, né à Paris, a la particularité d’avoir un frère ancien élève de Polytechnique et une épouse "Xette", elle-même sœur d’un X. "Mes trois filles savent donc ce qu’elles doivent suivre comme parcours avant de commencer leurs études supérieures ", plaisante-t-il.

Il a débuté sa carrière comme trader chez Société Générale. "Après Polytechnique, j’ai fait un double diplôme ENSAE-Dauphine. À l’époque, les étudiants à l’ENSAE n’avaient pas le droit de travailler à mi-temps en parallèle, c’est pour cela que je me suis inscrit à Dauphine. Et j’ai pu en même temps travailler à la Société Générale", raconte-t-il.

À l’époque, Arthur Dénouveaux veut en effet travailler dans la finance. "J’avais encore envie de faire des mathématiques. Le trading était donc une façon pour moi de continuer à prendre du plaisir dans cette matière tout en gagnant bien ma vie ", confesse-t-il.

Une entrée chez Société Générale qui se fera toutefois… trois mois après l’affaire Kerviel. "En 2008, c’était la crise. Il fallait s’accrocher pour avoir des postes. J’ai passé mes entretiens en novembre-décembre 2007 et l’affaire Kerviel a éclaté le 20 janvier 2008. Je me souviens avoir reçu un mail de mon futur directeur de stage me disant de ne pas m’inquiéter", se remémore celui qui a connu la transformation du groupe. "Le contrôle, le risque, la régulation sont devenus des sujets centraux pour la banque", poursuit-il.

 

Avoir de l’impact

 

Il quittera néanmoins la banque en 2016 pour lancer, un an plus tard, avec trois anciens collègues, le fonds d’investissement Machina Capital. "Nous faisions des algorithmes avec un peu d’Intelligence artificielle pour investir sur les marchés. À l’époque, les régulations successives compliquaient le trading pour compte propre dans la banque. En parallèle les fonds d’investissement s’intéressaient de plus en plus à ce segment. Nous avons donc saisi cette opportunité pour sortir nos activités et les exercer en indépendant. Il s’agit en outre d’un mouvement de marché, trois ou quatre autres équipes de Société Générale ayant pris la même initiative que nous", nous fait remarquer Arthur Dénouveaux.

Finalement en 2020, il revendra ses parts à ses associés. "Lorsque nous avons changé d’investisseur, mes associés travaillaient sur l’equity, tandis que moi j’investissais sur les matières premières, les taux de change et les obligations. Notre nouvel investisseur a ainsi proposé que l’on scinde la société en deux. Il m’a semblé plus simple de revendre mes parts", explique-t-il.

S’il garde de cette expérience le souvenir d’une excellente formation en tant que dirigeant, il estime cependant que son activité "n’avait finalement que peu d’impact sur la société". Une préoccupation devenue majeure pour lui.

 

Un novice très prometteur

 

C’est ainsi qu’il décide de proposer ses services à Covéa en 2021. "J’ai toqué à la porte du groupe. J’avais envie d’un grand groupe mutualiste. Les dirigeants m’ont alors proposé de devenir directeur de l’innovation de MMA. Je n’avais jamais travaillé dans le secteur de l’assurance, mais il existait un certain nombre de questions autour de l’usage de la donnée, de l’automatisation, etc. qui m’étaient familières. Par ailleurs, l’écosystème des Insurtech était en train d’émerger. Or, le fonds que j’avais lancé avait été labellisé Finance Innovation. Tous ces sujets étaient une bonne porte d’entrée pour moi chez MMA ", indique Arthur Dénouveaux.

Un jeune talent certes novice dans le monde de l’assurance mais que le groupe repérera cependant très vite. Huit mois seulement après son arrivée, on lui propose en effet de prendre (en plus) la responsabilité de Covéa Affinity, la filiale affinitaire de Covéa. C’était sans compter sur la nomination, en 2023, de Stéphane Duroule, à la direction générale Assurances France, avec sous sa houlette les trois marques MMA, MAIF, et GMF. "Le groupe m’a proposé de devenir directeur de cabinet sur la partie Assurances France. Stéphane cherchait quelqu’un pour l’épauler dans le traitement des dossiers : même si on ne s’était parlé qu’une seule fois auparavant, j’ai tout de suite accepté, comprenant que j’avais beaucoup à apprendre aux côtés d’un grand professionnel de l’assurance comme lui", nous relate Arthur Dénouveaux.

 

Sur tous les fronts

 

Cinq mois plus tard, son portefeuille s’élargira encore un peu plus : on lui confie en parallèle la direction de la transformation et de l’innovation de Covéa.

Et avoir un agenda bien chargé ne lui fait pas peur. "J’éprouve beaucoup de satisfaction à me voir confier plusieurs missions et à travailler avec Thierry Derez et Maud Petit, notre nouvelle directrice générale adjointe. Étant arrivé plus tard que les autres dans l’assurance, cela me permet de connaître et de maîtriser le fonctionnement du groupe, de m’intéresser à des sujets très variés. Je suis au cœur du réacteur de Covéa", se félicite celui qui coordonne actuellement les travaux du prochain plan stratégique du groupe. "Le monde de l’assurance a profondément évolué. Le premier poste de dépense est l’indemnisation des sinistres, dans un contexte inflationniste qui joue par exemple sur les coûts de la réparation, et plus largement dans un contexte de changement climatique où le profil des risques évolue. Servir au mieux nos sociétaires et clients dans ce contexte est un défi passionnant", constate-t-il.

Son avenir, Arthur Dénouveaux le voit chez Covéa, confiant aussi son envie de se rapprocher du terrain. "Je pense que pour être pertinent dans l’assurance, il faut acquérir beaucoup d’expérience. Cela m’intéresserait de travailler en contact encore plus étroit avec les équipes opérationnelles, que ce soit dans le domaine de l’indemnisation ou du réseau commercial, et ainsi d’être au plus près de la réalité de nos 11 millions de sociétaires".

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