Feuilleton de l'été / AIE / ESCP / climat
Feuilleton de l'été
AIE / ESCP / climat
Série d’été - ces jeunes leaders qui construisent la France de demain /
Blandine Barreau, analyste - équipe du World Energy Outlook de l’Agence internationale de l’énergie
"On n’a tout simplement pas le choix ". Le ton employé par Blandine Barreau, analyste - équipe du World Energy Outlook de l’Agence internationale de l’énergie, laisse transparaître la conviction qui l’a poussée il y a de ça 5 ans à rejoindre l’institution. " J’avais besoin de retrouver du sens dans ma carrière". À l’écouter, on comprend d’ailleurs qu’elle n’en était jamais sortie trop longtemps, ce dès son éducation dans "une famille où le travail a été toujours été valorisé". Un environnement qui la conforte très tôt dans son idée de travailler dans le service public.
On perçoit également dans son parcours l’ombre "d’un grand-père haut fonctionnaire qui m’a toujours marquée". Un environnement qui la pousse, après avoir obtenu son bac dans le Jura, à aller fréquenter le monde des classes préparatoires parisiennes. Deux années "très intenses" suffiront pour intégrer l’ESCP. Comme tant d’autres élèves, elle déchante en arrivant en école. Elle se trouve "en décalage, pas tellement sur le plan personnel où j’ai créé de véritables amitiés, c’est plutôt une période qui m’a beaucoup fait réfléchir sur la formation de nos élites".
Sa voie
Elle y découvre néanmoins l’économie durant ces trois années, curieuse d’approfondir ses connaissances elle "fait le choix de partir sur un parcours de recherche, au sein d’un master en économie des relations internationales à Science Po, une formation qui m’a fait beaucoup de bien et où j’ai trouvé beaucoup plus de diversité à tous les niveaux ". Elle confie à WanSquare "avoir beaucoup réfléchi sur la formation en France, je me demande si on utilise nos moyens pour former les meilleurs".
Passé ces deux années rue Saint Guillaume, c’est en pleine crise financière qu’elle débarque sur le marché du travail et œuvre chez ce qui deviendra France Stratégie par la suite. Elle se trouve donc au service du Premier ministre et y "découvre nombre de sujets passionnants dont le développement durable". C’est une "époque où il y avait encore plus de choses à bâtir que ce n’est le cas aujourd’hui" et où elle " est à la fois proche et loin des décisions, on nous demandait beaucoup de travail et de productions et pour autant il pouvait y avoir un peu de frustrations à voir nos orientations ne pas être retenues".
Virage
Conjointement arrive le sommet de Copenhague, qu’elle qualifie de "vraie déception sur le plan de la reconduction des accords de Kyoto". Elle s’engage alors à corps perdu dans la préparation de la COP21, " l’équipe de négociation française que j’ai rejointe m’a beaucoup appris. Il y avait un fourmillement intellectuel avec des experts de tout bord, j’y ai connu un véritable esprit d’équipe qui nous a permis de passer outre la pression qui était souvent intense ". Les sacrifices sont conséquents cependant. "J’ai certes fait de nombreuses rencontres enrichissantes mais à force de passer du temps au bureau et en mission à l’étranger, j’ai beaucoup moins vu celui qui allait devenir mon mari ainsi que mes amis", raconte-t-elle.
Trois années durant lesquelles elle apprécie " d’avoir une véritable liberté intellectuelle, à l’opposition de postes plus politiques, par exemple en cabinet ". Le changement d’administration américaine lui fait alors redouter " un immobilisme sur le sujet climatique " et la pousse à réfléchir à une nouvelle aventure. Celle-ci s’avéra "être des fonctions plus diplomatiques au sein de l’OCDE ". Pourtant le climat lui manque et elle passe alors un entretien d’embauche avec Dave Turk un responsable de l’Agence internationale de l’énergie, côtoyé lors de la COP21, qui va la " faire profondément réfléchir sur ce qui [l]’anime. J’ai pensé à ma première fille et à l’avenir que je souhaitais pour elle", se souvient-elle.
Construire
C’est une équipe où "elle voit des modèles au quotidien, notamment féminins", d’autant plus " qu’il n’est pas si simple de se faire entendre sur les sujets énergétiques lorsqu’on est une femme en France et faire partie de l’AIE est un vrai atout sur ce plan-là". Elle constate mois après mois que " la capacité d’influence de l’institution est basée sur la solidité de nos chiffres et de nos analyses, sur une volonté d’aller toujours au fond des choses combinées à une honnêteté intellectuelle rare". Chaque intuition ou hypothèse est vérifiée méthodiquement, affirme-t-elle.
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