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Rencontres économiques d’Aix-en-Provence / Financement des transitions : la balle est (aussi) dans le camp des autorités européennes
De l’aveu même de Jean-Louis Girodolle, l’enjeu que représente le financement des transitions (démographique, géopolitique, numérique et environnementale) donne "le vertige". "Cela va entraîner un énorme prélèvement sur les acteurs pour des dépenses qui seront improductives. La transition énergétique par exemple consiste de fait à substituer un processus qui coûte souvent plus cher mais qui ne produit pas beaucoup de richesse ", a constaté le directeur général de Lazard Frères, invité à s’exprimer, ce samedi, aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Des besoins d’engagements estimés à un total de 800 voire 1 000 milliards d’euros par an, selon les différents rapports, "sachant que le programme 2021-2027 de l’Union européenne est de 500 milliards d’euros pour la transition énergétique uniquement ", a rappelé de son côté William Kadouch-Chassaing, co-président directeur général d’Eurazeo.
Et pourtant, comme il l’a souligné, les transitions ne sont pas une option. Dans ce contexte, pour parvenir à les financer, il faudra donc, selon ces professionnels, aller piocher dans l’épargne, colossale au niveau européen. "Et la bonne nouvelle est que chaque année, l’Europe enregistre un excédent d’épargne de 300 à 400 milliards d’euros ", a indiqué le dirigeant d’Eurazeo. Seul problème : 300 milliards d’euros partent aussi dans le même temps vers les Etats-Unis via des fonds de pension. "Le sujet de la mobilisation de cette épargne est donc capital ", a-t-il poursuivi.
Un redéploiement qui passera par de la visibilité apportée aux acteurs financiers, selon Pierre Palmieri, directeur général délégué de Société Générale, notamment via les politiques publiques, les politiques fiscales ou encore les politiques énergétiques. "Il faudra aussi être capable de faire bouger tout un écosystème : par exemple sur l’hydrogène, l’ensemble des acteurs privés et publics doivent travailler ensemble pour partager le risque ", a-t-il indiqué. Un portage politique que le patron de Lazard Frères a aussi appelé de ses vœux : " Il faut un discours qui regarde loin, et qui explique la procédure à suivre. Un discours mobilisateur, qui embarque avec un sentiment d’équité ", a déclaré Jean-Louis Girodolle.
Un fléchage de l’épargne qui constitue aussi l’un des enjeux de l’union des marchés de capitaux, dossier sur lequel la nouvelle législature européenne va devoir se pencher. "Aujourd’hui, 159 cleantechs sont présentes sur les différents marchés d’Euronext, elles ont levé 5,5 milliards d’euros depuis 2019. L’union des marchés de capitaux doit donc favoriser une autonomie stratégique des financements et créer un bassin d’investissement unifié ", a plaidé Delphine d’Amarzit, présidente-directrice générale d’Euronext Paris. Un avis partagé par le panel, et notamment William Kadouch-Chassaing qui a appelé les autorités européennes "à stimuler, par sa politique, la mobilisation de fonds propres, vers le coté et le non coté ". "Il faudra trouver le bon curseur sur le message à passer aux épargnants, en évitant le greenwashing autant que les exclusions ", a ajouté Delphine d’Amarzit, prenant en exemple l’indice CAC SBT 1,5°, lancé par Euronext en 2023 et qui réunit tous les acteurs du SBF 120 dont les objectifs de réduction des émissions ont été approuvés pour être conformes à l’objectif de 1,5°C de l’Accord de Paris. "Ils étaient 37 l’année dernière, et 53 aujourd’hui. S’il s’agit d’entreprises qui ne sont pas spontanément vertes, elles sont néanmoins actives dans la transition énergétique. L’impact est donc positif", s’est-elle félicitée.
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