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Evenements / Rencontres économiques d'Aix-en-Provence / Renault / Jean-Dominique Senard / Caisse des dépots

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Rencontres économiques d'Aix-en-Provence / Renault / Jean-Dominique Senard / Caisse des dépots

Rencontres économiques d’Aix-en-Provence / La responsabilisation des collaborateurs comme remède à la distanciation au travail

Pour le président du conseil d’administration de Renault, le phénomène de distanciation des salariés vis-à-vis de leur entreprise, que connaît depuis quelques années le pays, n’est pas une fatalité. Pour y remédier, les dirigeants et les managers doivent changer d’attitude pour passer de l’autorité hiérarchique au leader qui fixe un cap et encourage les talents.
Jean-Dominique Senard (DR), président du conseil d’administration de Renault
Jean-Dominique Senard (DR), président du conseil d’administration de Renault

Les Rencontres économiques d’Aix-en-Provence ne pouvaient pas trouver meilleur débat pour répondre au thème de leur édition 2024, "Relier les mondes", que celui consacré à la réconciliation des salariés et de la raison d’être. Pour mémoire, depuis 2019 et l’adoption de la loi Pacte, les entreprises peuvent inscrire dans leurs statuts une raison d’être, phrase qui doit répondre à un besoin d’intérêt général. Force est toutefois de constater, cinq ans plus tard, que le bilan est mitigé.

Certes, 80 % des entreprises du CAC 40 se sont dotées d’une telle phrase mais selon les sondages, deux tiers des salariés ne savent pas ce qu’elle recouvre. Pire, deux tiers des moins de 35 ans seraient prêts à démissionner par manque de sens.

Face à ce constat, Jean-Dominique Senard, président du conseil d’administration de Renault et surtout co-auteur d’un rapport qui a largement inspiré la loi Pacte et façonné l’idée d’une raison d’être, ne pouvait que réagir. "La raison d’être ne peut pas être, en aucun cas, un slogan. C’est vraiment la tête de la colonne vertébrale d’une entreprise. C’est ce qui relie l’ADN d’une société à son avenir. C’est de la raison d’être que va naître la stratégie de l’entreprise, il faut donc une cohérence absolue ", a-t-il défendu ce samedi après-midi.

Une raison d’être qui ne s’adresse pas, d’ailleurs, selon lui, uniquement au secteur privé. Olivier Sichel, directeur général délégué de la Caisse des Dépôts et directeur de la Banque des Territoires, l’a bien compris. "L’on pourrait penser que dans le secteur public, l’on n’a pas forcément besoin d’une raison d’être. Et pourtant, nous avons éprouvé ce besoin, avec notre directeur général, Eric Lombard, d’en adopter une au niveau du groupe Caisse des Dépôts afin de trouver un sens collectif aux différentes activités du groupe ", a-t-il témoigné.

Néanmoins, la distanciation entre le collaborateur et sa structure est visible aussi bien dans le privé que dans le public. Une problématique sur laquelle se sont penchées les Assises du Travail, organisées l’année dernière, et pour lesquelles Jean-Dominique Senard était de nouveau chargé d’un rapport. "La conclusion fut unanime : notre société vit avec un déficit considérable d’écoute, de respect et de reconnaissance. Un sujet de sens individuel au sein des organisations qui explique en grande partie le malaise social de notre pays ", a-t-il souligné.

De fait, selon le président du conseil d’administration de Renault, seule 25 % de la population considérerait aujourd’hui le travail comme important dans la vie, contre 60 % il y a 30 ans. "C’est l’absence de motivation et de reconnaissance qui entraînent une distanciation. C’est vrai dans l’entreprise privée, c’est très vrai dans la fonction publique ", s’est exprimé Jean-Dominique Senard, s’adressant à Olivier Sichel dont tout le travail managérial, porté avec Eric Lombard, est justement de "raccorder au niveau individuel les conditions d’exercice de la mission ", a-t-il indiqué.

Mais pour l’ancien patron de Michelin, cette distanciation n’est pas une fatalité. Il existerait même un remède : la responsabilisation. "Il faut arriver à changer l’état d’esprit des dirigeants du pays et des managers des entreprises qui ne doivent plus être simplement hiérarchiques mais qui développent les talents et qui fixent un cap. Cette responsabilisation est la clé pour répondre au paradoxe qu’un salarié aime l’entreprise mais n’y est pas heureux ", a-t-il assuré.

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