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Start-up / Private Equity / alter equity / fanny picard / finance à impact

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Un premier closing à 85 millions d’euros pour le nouveau fonds d’Alter Equity / Des exigences extra-financières renforcées

La société de gestion pionnière dans l’investissement à impact vient de réaliser une première clôture pour son troisième fonds, ce à hauteur de 85 millions d’euros. Il s’accompagnera de nouvelles conditions extra-financières à respecter pour ses participations.
(Photo by Stan FAUTRE / ONLY FRANCE / Only France via AFP)
(Photo by Stan FAUTRE / ONLY FRANCE / Only France via AFP)

Quatre-vingt-cinq millions d’euros dédiés à l’impact. En annonçant ce mercredi le premier closing de son troisième fonds, qui vise une taille cible de 150 millions d’euros, Alter Equity reste aligné sur sa marque de fabrique. Pour cette société de gestion spécialiste du capital-investissement à impact, fondée par Fanny Picard, ancienne de chez Wendel et Danone, le but reste clair : soit celui d’accompagner des entreprises à impact positif sur les personnes ou l’environnement. "L’objectif sera d’investir dans une quinzaine d’entreprises, françaises et européennes, un montant moyen de 10 millions d’euros. Les secteurs visés sont ceux qui contribuent au collectif, en étant utiles d’un point de vue social ou environnemental. Nous demanderons aussi à nos participations de progresser sur ces aspects dans leurs comportements, comme nous l’exigeons des entreprises de notre portefeuille depuis l’origine d’Alter Equity", souligne Fanny Picard, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare. Les participations se devront également d’être en hyper croissance et d’avoir atteint (en principe) un chiffre d’affaires d’au moins un million d’euros. Mais, surtout, de respecter un certain nombre de critères RSE.

 

Plus loin

 

Business plan extra-financier, entretien annuel de progrès pour l’ensemble des salariés, réduction de la consommation d’au moins un poste émetteur de gaz à effet de serre, bilan carbone, ouverture du capital aux salariés… en plus de cela, ce troisième fonds classé Article 9 va augmenter le niveau de responsabilité de ses investissements.

Désormais, douze objectifs extra-financiers seront obligatoires pour les participations, avec entre autres de nouveaux critères de gouvernance, de diversité, de partage de la valeur et de décarbonation. "Nous avons notamment construit un nouvel outil de mesure de la qualité des relations sociales", appuie Fanny Picard. "Nous avons aussi financé le développement, par Carbone 4, d’un indicateur plus large que le bilan carbone. Il permet de calculer l’ensemble de l’empreinte environnementale d’une entreprise, tout d’abord au niveau du climat, mais aussi en termes de biodiversité et de ressources non vivantes", poursuit-elle. Autre nouveauté : la rémunération de l’équipe de gestion sera conditionnée aux résultats RSE, à la fois au niveau du carried interest comme de celui de leur part variable. De quoi, pour Alter Equity, renforcer également des pratiques plus responsables dans le métier de l’investissement.

Du côté des participations, cela était déjà le cas. Alter Equity, depuis son premier fonds, exige que l’accès, pour les dirigeants, à la partie variable et au management package soit une conséquence des résultats RSE. Autant de conditions pourtant bien accueillies par les dirigeants des entreprises, alors que la société reçoit environ 1 200 dossiers par an, explique Fanny Picard : "C’est une demande de leur part, les dirigeants de nos participations souhaitent progresser sur ces sujets. Ils sont intéressés par un fonds d’investissement qui saura les accompagner dans cette direction, sans se limiter à la recherche de la seule rentabilité financière. Nous souhaitions démontrer que les deux dimensions sont conciliables et nous l’avons fait : notre rendement financier est aligné et même supérieur à celui d’investisseurs prenant un risque comparable. C’est aussi pour cela que nos investisseurs nous font confiance. Sur ce premier closing de 85 millions d’euros, il y a d’ailleurs 20 % d’investisseurs particuliers", souligne Fanny Picard. Le reste des investisseurs sont des institutionnels, mais Alter Equity ne précise pas leur identité.

 

Des noms reconnus

 

A date, le portefeuille d’Alter Equity rassemble 18 participations, dont une grande partie sont des membres du cercle des "greentech" qui attirent particulièrement l’oeil des investisseurs depuis 2023. L’on y retrouve notamment Elum, dont la technologie permet de diminuer de 5 % le coût de construction des centrales solaires, ou encore OpenAirline, qui permet de décarboner le secteur de l’aviation grâce à un logiciel d’éco-pilotage. Près de la moitié du portefeuille d’Alter Equity a d’ailleurs été sélectionnée dans l’indice du Mouvement Impact France, dédié à mettre en lumière les futures "licornes à impact". Du côté des cessions, l’on retrouve aussi quelques champions de l’impact bien connus, à l’instar d’Innovafeed, spécialiste des protéines d’insectes ou encore d’Eficia, à l’œuvre dans la réduction de la consommation énergétique des bâtiments.

"Nos participations ont permis d’éviter l’émission de 6.8 millions de tonnes équivalents CO2 depuis l’investissement. Cela représente 1,8 % des émissions de la France en 2023. A notre connaissance, c’est un record absolu en France dans le private equity au regard des montants investis", se félicite ainsi Fanny Picard.

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