Indicateurs macros / défaillances d'entreprises / Crise du logement / Crise sanitaire
Indicateurs macros
défaillances d'entreprises / Crise du logement / Crise sanitaire
Défaillances d’entreprises : d’une crise à l’autre / Un pic atteint pour le rattrapage post-Covid mais de gros dégâts dans la construction
Un mauvais signe pour l’économie française alors que les élections législatives viennent de la plonger dans l’incertitude ? Les défaillances d’entreprises ont bondi de plus de 23 % au deuxième trimestre, selon Altares. Le nombre d’ouvertures de procédure de sauvegarde, de redressement et de liquidation judiciaire s’est en effet élevé à 16 371, un record par rapport à la moyenne observée de 13 700 sur les décennies 2000 et 2010. "Un nombre qui découle d’une conjoncture ralentie et du rattrapage d’une partie des défauts évités pendant la crise sanitaire grâce aux aides de l’État ", explique le cabinet. Seuls les deuxièmes trimestres 2009 (crise financière) et 2013 (crise des dettes souveraines) avaient franchi la barre des 16 000 défauts auparavant.
Dans le détail, trois quarts des défauts (12 000) concernent des microentreprises de moins de trois salariés, en augmentation sur un an de 26,4 %. Les PME de 50 à 99 salariés sont aussi particulièrement touchées avec une progression de 48 % par rapport à la même période l’année dernière d’ouvertures de procédure (en notamment des liquidations judiciaires, + 91 %), soit une augmentation deux fois plus vite que la moyenne.
Et la crise du logement a logiquement pesé sur de nombreux acteurs. La construction présente les tendances les plus lourdes de défaillances et dans un plus grand nombre d’activités. Par exemple, la maçonnerie est devenue la première filière touchée par le phénomène, détrônant ainsi la restauration qui campait à la première place depuis la crise sanitaire (850 maçons sont tombés ce trimestre, soit 38 % de plus par rapport à l’année dernière). Dans le gros œuvre, la construction de maisons individuelles a enregistré 274 procédures (+ 54,8 %), 215 pour les travaux de plâtrerie (+ 50 %), 163 pour ceux de menuiserie (+ 87 %) et 250 pour les agences immobilières (+ 58 %). À noter que les travaux publics sont alignés sur la moyenne générale avec 210 défauts (+ 23,5 %).
Au total sur le trimestre, Altares note que ce sont près de 70 000 emplois qui sont menacés, un chiffre en hausse de 25 % sur un an "et qui s’explique par l’ouverture de procédures collectives sur trois sociétés de plus de 1000 salariés", précise-t-il.
Néanmoins, la hausse des sinistres tend à ralentir, souligne Altares. Elle était, de fait, de + 35 % il y a un an, et même de + 49 % en juin 2022. "Le premier trimestre signait l’amorce d’un ralentissement de la hausse des défauts, le deuxième la confirme, même si ce trimestre a été un des plus lourds qu’a connu notre économie. Une partie seulement des entreprises, alors épargnée grâce aux aides, est aujourd’hui rattrapée par le train des faillites. Cette situation confirme le scénario d’un plateau avec une conjoncture qui peine à retrouver un second souffle mais qui va redescendre progressivement", a commenté Thierry Millon, directeur des études d’Altares.
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