Macro-économie / Taux / France Stratégie / réindustrialisation
Macro-économie / Taux
France Stratégie / réindustrialisation
Balance commerciale : une forte réindustrialisation à horizon 2035 serait synonyme d’excédent massif / Le système électrique serait ardemment mobilisé
La balance commerciale française serait très redevable à une réindustrialisation significative mais si cette dernière veut être décarbonée le système électrique sera mis à rude épreuve. C’est le constat que l’on peut faire à la lecture d’un document de travail de France Stratégie sur la question. L’étude effectuée par ce service rattaché au Premier ministre se projette en 2035 dans une France où une nette réindustrialisation aurait lieu.
Dans le détail, au sein du scénario le plus optimiste, la valeur ajoutée manufacturière représenterait 15% du Produit intérieur brut (PIB), contre 9,5% aujourd’hui. Pour mémoire, elle pesait pour 19% en 1975. Cela aurait des retombées majeures sur la balance commerciale (solde des échanges de biens avec le reste du monde) française depuis longtemps en déficit.
D’après l’étude, une hausse de la valeur ajoutée manufacturière d’un point de pourcentage dans le PIB améliorerait la part de la balance commerciale dans le PIB d’environ 0,68 point de pourcentage, toutes choses égales par ailleurs. En milliards d’euros de 2022, cela aurait pour conséquence que le solde manufacturier soit excédentaire à hauteur de 84 milliards d’euros en 2035 (contre un déficit de 37 milliards d’euros en moyenne entre 2017 et 2019). La balance énergétique, elle, resterait déficitaire, mais à hauteur de “seulement” 19 milliards d’euros (43 milliards d'euros pendant les années pré-pandémiques).
Le document précise que cette amélioration de la balance commerciale est probablement surévaluée. “En effet, ces scénarios ne prennent pas en compte les effets inflationnistes qui pourraient nuire à la compétitivité des produits français à l’international, ni l’augmentation de la demande intérieure en consommation finale et intermédiaire qui pourrait conduire à davantage d’importations”, lit-on dans l’étude.
Evidemment, objectif de neutralité carbone oblige, la réindustrialisation française portera le sceau de l'électrification (verte) des usages. Rappelons qu'en 2022, l’industrie manufacturière française consommait 106 TWh d’électricité, soit un quart de la consommation totale d’électricité, hors pertes de réseau.
"Le scénario "15 %" se traduirait par une consommation d’électricité excédant largement les productions électriques bas-carbone anticipées", prévient l'étude. De sorte qu'il serait alors nécessaire de "solliciter de manière accrue les centrales à gaz fossile, sauf à avoir mobilisé, dans un temps extrêmement court, des productions bas-carbone supplémentaires".
L'étude de France Stratégie avance également que s’y ajoute la problématique du développement des réseaux électriques. "Comme souligné par RTE, dans le cadre de l’élaboration de son futur schéma décennal de développement du réseau, la décarbonation impose, après deux décennies creuses, d’accélérer le développement des réseaux électriques (de transport et de distribution). Cette relance aura des conséquences financières et industrielles majeures qui devront être bien anticipées et planifiées étant donné le temps de développement de ce type de projets", indique le document de travail, qui souligne que "les scénarios de réindustrialisation les plus forts accentueraient encore ces enjeux".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

