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Chine : la Banque centrale veut contrer le ralentissement économique / Elle a abaissé plusieurs de ses taux d’intérêt
Le ralentissement économique de la Chine fait réagir sa Banque centrale. La Banque populaire de Chine (PBoC) a indiqué qu’elle réduirait le taux de prise en pension à sept jours à 1,7 % contre 1,8 %. En outre, l’institution de Pékin a annoncé une réduction de ses taux de prêt de référence dans la même marge. Le taux préférentiel de prêt à un an (LPR) a été diminué à 3,35 % contre 3,45 % précédemment, tandis que celui à cinq ans a été réduit à 3,85 % contre 3,95 % (il influence la tarification des prêts hypothécaires).
La baisse des taux vise à "renforcer les ajustements anticycliques afin de mieux soutenir l’économie réelle", a fait valoir l’institut d’émission. Cet assouplissement de la politique monétaire intervient à un moment plutôt compliqué pour la Chine.
En effet, son Produit intérieur brut (PIB) n’a augmenté que de 2,8 % en rythme annualisé entre avril et juin (soit 0,7 % en glissement trimestriel), un chiffre au plus bas depuis de nombreux trimestres. Le pays est notamment aux prises avec une crise immobilière qui pèse sur la consommation des ménages à travers des effets de richesse négatifs.
“Les réductions modestes des taux jusqu’à présent et à partir de maintenant reflètent le calcul complexe de la PBOC entre l’activité intérieure anémique, la faiblesse de la monnaie [un dollar vaut 7,27 yuans, soit un plus haut depuis novembre 2023, ndlr] et la compression des marges d’intérêt nettes (NIM) des banques”, résume Louise Loo, économiste chez Oxford Economics.
C’est la première fois depuis l’été 2023 que la Banque centrale chinoise diminue son taux d’intérêt directeur à court terme. Faut-il s’attendre à ce que cela porte ses fruits ? “Des réductions de cette ampleur n’auront que peu d’impact sur l’activité économique. Et comme la croissance du crédit est désormais limitée par la faiblesse de la demande plutôt que par celle de l’offre de prêts, la PBOC ne peut plus amplifier l’impact de ses baisses de taux en assouplissant les contrôles quantitatifs sur les prêts bancaires”, juge Julian Evans-Pritchard, économiste chez Capital Economics.
De sorte que ”si la PBOC veut vraiment apporter un soutien monétaire, elle devrait réduire ses taux de manière beaucoup plus substantielle. Toutefois, les efforts déployés pour stabiliser les rendements à long terme et contenir la dépréciation de la monnaie signifient que des baisses de taux à grande échelle semblent encore improbables”, ajoute-t-il.
D’après le Fonds monétaire international (FMI), la hausse du PIB de l’Empire du Milieu devrait s’établir à 5 % cette année puis 4,5 % en 2025.
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