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Entreprises / Actions / Vivendi / Canal+ / Havas / Groupe Bolloré / Euronext

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Vivendi / Canal+ / Havas / Groupe Bolloré / Euronext

Vivendi a choisi les places boursières de ses différentes entités post-scission / Canal + serait coté à Londres et Havas sur Euronext Amsterdam

Alors que Vivendi travaille, depuis décembre dernier, à un plan de scission de ses entités, d’abord dans le but de réduire la décote de valorisation du conglomérat mais aussi pour libérer de la flexibilité financière à ces dernières, le groupe vient de dévoiler quelques détails, et non des moindres, de l’avancement du projet. Canal + serait donc bien coté à Londres tandis que Havas pourrait faire son introduction à la Bourse d’Amsterdam. Le groupe Euronext conserverait aussi Vivendi à Paris tout comme la future société regroupant tous les actifs détenus par Vivendi dans l’édition et la distribution (dont Lagardère SA), qui serait cotée sur Euronext Growth.
Vivendi (Photo by Alexander Pohl / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
Vivendi (Photo by Alexander Pohl / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

Trois places boursières pour trois entités séparées de Vivendi. Le projet de scission du groupe, approuvé en fin d’année dernière par le conseil de surveillance piloté par Yannick Bolloré, vient de franchir une nouvelle étape. Vivendi a dévoilé, ce lundi matin, avoir identifié les trois places boursières les plus appropriées pour ses différentes entités une fois scindées.

 

Canal + échapperait à Euronext

 

Ainsi, si le groupe, dont le directoire est présidé par Arnaud de Puyfontaine, assure que chacune conserverait son centre de décision de leurs activités, sa résidence fiscale et ses équipes opérationnelles en France, c’est bien hors de l’Hexagone que Canal + et Havas pourraient être cotés.

Sans surprise, Canal + serait donc coté au London Stock Exchange. "Avec près des deux tiers de ses abonnés hors de France, un réseau de distribution de films et de séries présent sur l’ensemble des continents, et des moteurs de croissance tirés de ses développements récents sur les marchés africains, européens et d’Asie-Pacifique, une cotation londonienne constituerait une solution attrayante pour les investisseurs internationaux susceptibles d’être intéressés par le groupe ", explique Vivendi.

La société Havas serait quant à elle cotée sur Euronext Amsterdam. Elle le serait sous la forme d’une société par actions de droit néerlandais, Havas NV. "Elle serait ainsi placée dans les meilleures conditions pour mettre en œuvre sa nouvelle stratégie mondiale, poursuivre sa croissance solide […] et stabiliser son capital. A cette fin une fondation de droit néerlandais garantirait la préservation de l’indépendance et de l’identité du groupe, et des droits de vote multiples, d’abord doubles après deux ans de détention, puis quadruples deux ans plus tard, seraient proposés aux actionnaires investis sur le long terme, tenant compte pour les votes doubles de la durée de détention de leurs participations au sein de Vivendi ", annonce le groupe.

Par ailleurs, une société nouvellement dénommée Louis Hachette Group, regroupant tous les actifs détenus par Vivendi dans l’édition et la distribution, soit 63,5 % des parts dans Lagardère SA et 100 % de Prisma Media, serait cotée sur Euronext Growth, à Paris. Une place de cotation logique, Lagardère SA étant coté sur Euronext Paris. Dans ce scénario, Vivendi (comprenant les participations financières cotées et non cotées) resterait aussi sur Euronext Paris.

 

Une double cotation possible pour Canal +

 

Post-scission, Canal + et Havas auraient une dette nette quasi nulle, à l’exception de la dette mise en place par Canal + pour l’offre publique d’achat (OPA) sur MultiChoice. Une opération pour laquelle la filiale audiovisuelle de Vivendi va débourser environ 1,54 milliard d’euros pour acquérir les 65 % du capital. "En cas de succès de l’OPA sur MultiChoice, Canal + pourrait faire l’objet d’une seconde cotation à la Bourse de Johannesburg ", précise d’ailleurs le groupe.

Louis Hachette Group n’aurait pas d’endettement propre en dehors de l’endettement net aux alentours de 2 milliards d’euros de Lagardère qui a fait l’objet d’un refinancement récent. Vivendi post-scission pourrait avoir une dette nette de l’ordre de 1,5 à 2 milliards d’euros.

A noter également qu’après attribution des actions des entités issues de la scission, le groupe Bolloré détiendrait environ 30,6 % du capital et des droits de vote dans Canal + et dans Louis Hachette Group. Il détiendrait dans Havas NV environ 30,6 % du capital et pourrait détenir, du fait des droits de vote double, plus de 40 % des droits de vote.

 

Un verdict très probablement favorable

 

Ces projets doivent maintenant être discutés avec les instances représentatives du personnel. Si elles les approuvaient, la décision définitive pourrait être prise à la fin du mois d’octobre prochain, en vue de la soumettre à une assemblée générale extraordinaire qui, elle, pourrait se tenir au mois de décembre 2024. Il faudra alors qu’elle recueille les deux tiers des voix des actionnaires pour avoir lieu, probablement dans les jours suivants. A noter qu’aucune autorisation réglementaire n’a été identifiée à ce jour par le groupe.

"Il ne s’agit pour le moment que d’un projet mais le risque qu’il n’ait pas lieu est faible. Le contexte politique en France milite pour son accélération. La valorisation est actuellement particulièrement décotée par rapport à la somme des différents actifs. Nous identifions un potentiel de hausse de 46 % ", estime Oddo BHF qui attend donc désormais avec impatience la publication des résultats du premier semestre de Vivendi, prévus ce jeudi. "Nous tablons tout d’abord sur un bon premier semestre tiré par une croissance solide des trois principaux actifs : Canal + (+ 2,9 % en organique au deuxième trimestre), Havas (+ 1,8 %) et Lagardère (+ 10 %) et sur une progression de l’excédent brut d’exploitation (EBITDA) des trois principaux actifs. Nous tablons sur un EBITDA de 523 millions d’euros (hors contribution d’UMG) pour le premier semestre contre 379 l’année passée, en forte hausse en raison de la consolidation de Lagardère qui ne l’était pas à 100 % l’année passée", prédit le broker.

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