Macro-économie / Taux / Méteo / pétrole / agriculture
Macro-économie / Taux
Méteo / pétrole / agriculture
Le phénomène météorologique La Niña devrait prendre la suite d’El Niño / Tensions à venir sur le pétrole et les rendements agricoles ?
La météo aura-t-elle une influence sur la croissance mondiale au cours des mois à venir. La question semble légitime alors que le phénomène La Niña, devrait succéder à El Niño lors du second semestre 2024, ainsi que l’a annoncé l’Organisation météorologique mondiale (OMM).
“La Niña apporte un temps plus frais et plus humide. Son arrivée est donc positivement attendue dans différentes régions, telles que l’Afrique australe, l’Asie du Sud-Est ou l’Australie qui devraient recevoir de fortes pluies de décembre 2024 à août 2025. A l’inverse, l’ouest du Canada, le nord des Etats-Unis, le Japon et la péninsule coréenne s’attendent eux à un hiver plus froid”, souligne l’assureur-crédit Coface, qui rappelle que La Niña est surtout source d’augmentation des événements météorologiques extrêmes.
L’un d’eux est l’augmentation du nombre d’ouragans sur la côte Atlantique des États-Unis. A la fin du printemps, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) annonçait une saison 2024 “extraordinaire” en termes d’ouragans avec quatre à sept d’entre eux de catégorie 3 ou plus possibles. Les économistes de S & P Global Ratings évoquent des ajustements météorologiques liés à La Niña qui peuvent avoir un impact dévastateur sur les marchés mondiaux des matières premières.
L’impact net sur la production agricole est difficile à évaluer. En effet, les principaux pays producteurs de la région Asie-Pacifique que sont l’Inde (2e producteur mondial de riz, blé et canne à sucre), l’Indonésie (premier producteur mondial d’huile de palme et 3e producteur de riz) et l’Australie (4e producteur mondial d’orge et de colza) devraient voir leur production augmenter de manière significative, source d’apaisement, à la fois sur les prix des denrées et les risques de flambée d’inflation dans la région, note Coface.
En revanche, La Niña devrait réduire les rendements agricoles "en Amérique du Nord et du Sud en provoquant sécheresses et vagues de froid qui affecteront notamment le blé (Etats-Unis) et le soja (Brésil). Les commodités non-céréalières seront évidemment très sensibles aux aléas météorologiques. La production régionale de café, le cacao et de fruits sera donc particulièrement à risque à horizon un an".
L’offre de pétrole pourrait également être affectée du fait de la multiplication des ouragans sur la côte Atlantique et dans le golfe du Mexique (les installations pétrolières offshore pourraient être endommagées). "Les chiffres du Bureau de la sécurité et de l’environnement (BSEE) [organisme états-unien, ndlr] montrent que jusqu’à 95 % de la production pétrolière du golfe du Mexique a été arrêtée le 29 août 2021 après le passage de l’ouragan Ida. Une baisse de la production est donc très probable, le golfe du Mexique représentant 15 % de la production totale de pétrole brut des Etats-Unis, 45 % de la capacité totale de raffinage et 51 % de la capacité totale de traitement du gaz naturel", soutient l’assureur-crédit.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

