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Scor : Thierry Léger reprend directement les commandes en Vie et Santé / Un plan de redressement en trois volets
Si pour Scor, regagner la confiance ébranlée des investisseurs ne se fera pas du jour au lendemain, l’incendie allumé par l’avertissement sur résultat lancé mi-juillet par le réassureur semble en bonne voie d’être circonscrit.
D’abord parce que les résultats du deuxième trimestre 2024 qu’il a dévoilés ce mardi s’avèrent un peu moins pire que prévu. Alors que le groupe avait prévenu que son’activité d’assurance Vie et Santé (L & H) essuierait une perte d’environ 400 millions d’euros au deuxième trimestre, la perte en question s’est finalement "limitée" à 329 millions d’euros. Une relative bonne surprise liée à un effet positif de 143 millions d’euros provenant d’actions sur le portefeuille, résultat principalement d’un arbitrage aux Etats-Unis qui était en cours depuis un certain temps.
Ventilation détaillée
Au-delà du chiffre, " l’information la plus importante aujourd’hui est la ventilation étonnamment détaillée des changements d’hypothèses effectués dans les activités Vie & Santé de Scor ", observe la banque américaine Jefferies. La revue approfondie effectuée par le groupe fait apparaître des ajustements sur quatre marchés importants. En premier lieu aux États-Unis, où Scor fait à la fois face une surmortalité inattendue et à une hausse des résiliations de contrats. Mais aussi, au Canada, en Corée du Sud et en Israël, où les difficultés concernent cette fois la morbidité, avec une sinistralité élevée sur les contrats incapacité, invalidité et longues maladies qui avaient fait l’objet d’une bonne dynamique de souscription.
" Mais surtout (et c’est rassurant), la direction a révélé que les résultats Vie & Santé du deuxième trimestre 2024 comprenaient 200 millions d’euros liés à la mise en place de prudence supplémentaire" dans l’ajustement du risque, poursuit Jefferies. Cette prudence concerne aussi la marge de service contractuelle (CSM) – nouveau concept créé par les normes comptables IFRS 17, qui représente les profits non encore reconnus au titre de la couverture future. Celle-ci fait l’objet d’une augmentation de l’ajustement pour risque de 100 millions d’euros, après les 900 millions déjà annoncés il y a deux semaines.
Diversification
Ce faisant, la valeur économique, définie comme la somme des capitaux propres et de la marge de service contractuelle, a reculé de 7,3 % au deuxième trimestre, à 8,4 milliards d’euros, soit une valeur économique par action de 47 euros au 30 juin 2024, contre 54 euros au 31 mars et 51 euros au 31 décembre 2023. Un chiffre conforme à la fourchette de prévision de 8,3 milliards à 8,5 milliards d’euros donnée le 16 juillet.
L’état des lieux étant en partie réalisé et la cause des problèmes identifiée, Scor compte ne pas perdre de temps. Le groupe a élaboré un plan d’action à trois volets pour rétablir la rentabilité des activités Vie & Santé, dont tous les produits sur tous les marchés vont être passés au peigne fin. Le but étant d’améliorer les marges et le mix de produits "avec une attention toute particulière portée à la diversification", a-t-il indiqué, afin que les dérives ayant abouties à la situation actuelle ne se reproduisent pas.
La réassurance dommages se porte bien
Et c’est Thierry Léger, le directeur général de Scor, qui va mener en personne ce plan et cette nouvelle stratégie, dont les détails seront communiqués en décembre prochain. " Jusqu’à nouvel ordre, je reprendrai la direction de L & H", a déclaré le dirigeant, tandis que Frieder Knüpling, qui dirigeait le pôle Vie & Santé depuis 2021, s’en va, officiellement afin de "poursuivre de nouvelles opportunités professionnelles".
En attendant que le chantier sur le redressement des activités L & H porte ses fruits, les activités en réassurance dommages se portent bien heureusement. La division réalise un bénéfice de 201 millions d’euros au deuxième trimestre et "nous sommes très satisfaits du dernier cycle de renouvellements de l’année avec une hausse des primes de 24 % à des niveaux de marges attractifs et inchangés en juin et juillet", a indique le directeur général de Scor.
A la Bourse de Paris, l’action Scor gagnait 1,4 % mardi, à 21,4 euros, confirmant son léger mieux depuis la mi-juillet, mais toujours loin des niveaux de plus de 26 euros d’avant l’avertissement.
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