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Orpea / emeis / Roberto Tribuno

emeis dénoue son partenariat avec Roberto Tribuno / Le gestionnaire d'Ehpad et de cliniques récupère ce qui lui appartient

Alors que l’ancienne direction d’Orpea avait financé l’acquisition de plusieurs maisons de retraite dans différents pays européens et notamment en Italie par le biais de Roberto Turbino, et de ses holdings luxembourgeoises Lipany et Rodetiva, ce sont bien ces dernières qui jouissaient jusqu’alors des droits de propriété de ces établissements. Une situation qu’emeis a souhaité rectifier en dénouant son partenariat avec l’homme d’affaires italien.
Laurent Guillot, directeur général d'emeis (Photo by JULIEN DE ROSA / AFP)
Laurent Guillot, directeur général d'emeis (Photo by JULIEN DE ROSA / AFP)

Que la jouissance du droit de propriété d’un bien revienne logiquement à celui qui l’a financé. Le groupe dirigé par Laurent Guillot vient de faire savoir qu’il avait conclu un accord avec Roberto Tribuno en vue de faire cesser toutes les relations existantes entre lui et le gestionnaire français d’Ehpad et de cliniques et en conséquence, avec les sociétés que l’homme d’affaires italien détient directement ou indirectement.

En vertu de cet accord, l’entreprise a donc acquis des sociétés préalablement détenues directement ou indirectement par les sociétés luxembourgeoises Lipany et Rodetiva, propriétés de Roberto Tribuno et possédant des actifs immobiliers et opérationnels en Italie, principalement liés à l’exploitation de maisons de retraite. "Cet accord met fin de manière constructive à toutes les relations entre emeis et (Roberto) Tribuno et à tout litige ayant pu exister entre les parties ", a déclaré le groupe dans un communiqué.

Pour mémoire, ce sont les anciens dirigeants d’Orpea, notamment l’ancien directeur général, Yves Le Masne et l’ex-directeur financier, Sébastien Ménard, qui avaient noué, au début des années 2000, des relations avec celui qui fut, par le passé, patron d’Orpea Italie.

Selon nos informations, et contrairement à ce que certaines rumeurs prétendent, Orpea n’a jamais déposé plainte contre Roberto Tribuno, mais contre l’ancienne direction d’Orpea, en mai 2022, et ce au titre d’un certain nombre de malversations qui font actuellement l’objet d’une instruction. C’est dans le cadre de celle-ci d’ailleurs que le parquet, puis les juges, ont examiné toutes les activités commerciales, financières et juridiques menées par l’ancienne direction, mettant en lumière la construction de divers partenariats, dont certains avec Roberto Tribuno. "Selon les informations disponibles à ce stade du dossier, il n’a pas été identifié d’agissements malhonnêtes de la part de Monsieur Tribuno ", indique une source proche du dossier.

Ce qui conduit aujourd’hui emeis à dénouer le partenariat établi est donc une approche financière. "L’ancienne direction d’Orpea avait mis en place ce partenariat pour constituer des parcs de cliniques et de maisons de retraite, en apparence sous la propriété de tiers, dans ce cas, les sociétés Lipany et Rodevita, qui sont les propriétaires d’actifs immobiliers lesquels ont été financés par Orpea et des banques avec la garantie d’Orpea, et donc in fine essentiellement financés par Orpea ", nous explique notre source.

C’est donc dans ce contexte que la nouvelle direction a souhaité récupérer la pleine propriété de maisons de retraite et de cliniques que le groupe avait lui-même intégralement ou quasi-intégralement financées et sur lesquelles emeis n’avait jusqu’alors aucun droit. En l’espèce, il s’agit de la reprise de la totalité du capital social et des droits de vote de 17 sociétés basées en Italie, au Luxembourg et en Allemagne. "A l’issue de cette opération, emeis deviendra propriétaire d’un patrimoine de grande qualité constitué de 15 bâtiments, composé en quasi-totalité de maisons de retraite (11 d’entre elles étant situées en Italie, 4 en Allemagne, dont trois en cours de construction). Parallèlement, emeis reprendra l’exploitation en Italie de 7 maisons de retraite, 4 étant d’ores et déjà en activité à ce jour et 3 dont l’ouverture est prévue ultérieurement, ainsi que d’une activité de clinique ", détaille l’entreprise.

La valeur totale des actifs repris (corporels et incorporels) est estimée à 110 millions d’euros. "Une valeur à mettre en perspective d’une dette financière externe des sociétés reprises estimée à environ 130 millions d’euros, dont environ 100 millions d’euros bénéficiaient d’une garantie émis par la maison-mère du groupe emeis, ayant de ce fait donné lieu à la constatation d’un engagement hors-bilan de même montant au 31 décembre 2023 ", précise le groupe, qui considère qu’une nouvelle provision complémentaire ne devrait pas être nécessaire pour cette opération. Celle-ci sera en outre consolidée par intégration globale dans les compte d’emeis sur le second semestre 2024.

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