Evenements / Collectif Porteurs H2O / H2O AM / tribunal de commerce de Paris
Evenements
Collectif Porteurs H2O / H2O AM / tribunal de commerce de Paris
L’accord de sortie proposé par H2O AM suscite les foudres du Collectif Porteurs H2O / Un accord « choquant » qui n’engage que le régulateur britannique, selon l’association
La réaction du Collectif Porteurs H2O ne se sera pas fait attendre. Quelques heures seulement après que H2O AM a (enfin) proposé une solution de sortie définitive à l’ensemble des porteurs des fonds cantonnés depuis 4 ans, dits "side pockets", à la suite d’investissements dans des titres de dette privée illiquides (notamment auprès de sociétés Tennor, appartenant à l’homme d’affaires allemand Lars Windhorst), l’association menée par Gérard Maurin s’est dite "étonnée ".
Pour mémoire, par un accord signé avec la Financial Conduct Authority (FCA), la société de gestion britannique s’engage à racheter aux porteurs leurs parts pour 250 millions d’euros (outre les remboursements déjà effectués) si ces derniers s’engagent à renoncer à toute action en justice contre le groupe ou contre tout tiers en relation aux investissements relatifs aux entités liées à Tennor Holding BV et à leur gestion. Un paiement accéléré et majoré par rapport aux autres porteurs à partir du quatrième trimestre prochain et permettant, selon H2O AM, "à ceux ayant vendu leur part le 14 octobre 2020 à la réouverture des fonds (de recouvrir) entre 87 % et 93 % de la valeur de leur investissement total au moment de la suspension le 28 août 2020, selon les fonds".
"L’association Collectif Porteurs H2O n’est pas concernée par l’accord bilatéral entre H2O AM LLP et la (FCA) qui n’engage que les deux parties qui l’ont signé. Il n’a été ni présenté, ni discuté avec des porteurs de parts. Celui-ci n’engage pas plus les 9 000 porteurs que (l’association) représente, que d’autres. ", a certifié le Collectif, qualifiant de "choquant, le faible montant du remboursement agrée " par le régulateur britannique, "au regard des pertes réelles des fonds cantonnés, mais aussi des montants de dividendes encaissés par Natixis IM et H2O AM Holding entre 2015 et 2022 ". Selon l’association, 1,2 milliard d’euros auraient été versés par H2O AM à ses actionnaires en 8 ans, "dont une grande partie après que le scandale Tennor a été dévoilé", affirme-t-elle. "Notons au passage qu’il n’est pas dans le rôle de la FCA de signer des accords pour des porteurs lésés ou de se prononcer sur le niveau et l’équité de leur compensation ", s’indigne-t-elle.
Rappelons que le Collectif Porteurs H2O a assigné, à la fin de l’année dernière, devant le Tribunal de Commerce de Paris, non seulement la société de gestion d’actifs britannique mais aussi, de façon solidaire, ses partenaires, à savoir Caceis, KPMG et Natixis Investment Managers, en tant que tiers de confiance, pour réparation d’un préjudice qu’elle estimait, en mai dernier, à 850 millions d’euros (9 004 porteurs) et 18 millions d’euros de préjudice moral. "Cet accord est un leurre de plus de la part d’H2O AM, ex-affilié de Natixis IM. En effet, le nouveau remboursement annoncé de 250 millions d’euros, dont les détails ne sont pas encore connus, ne couvre absolument pas les pertes totales des investisseurs lésés. Il repose sur des hypothèses unilatérales et des calculs biaisés d’H2O AM ", estime-t-il, rappelant que "la valeur totale des fonds investis dans Tennor et perdue par les porteurs, répartis dans les 7 fonds H2O AM concernés, est de 2,3 milliards d’euros. Si H2O AM a valorisé ses fonds à 1,64 milliard d’euros lors de leur cantonnement en août 2020, il y avait déjà eu une perte antérieure de 714 millions d’euros enregistrée juste avant le transfert des obligations dans les fonds cantonnés ".
Ce faisant, pour l’association, les 250 millions d’euros de remboursement proposés, ajoutés aux 229 millions déjà versés par la société de gestion d’actifs, ne représenteraient ainsi que "20 % de ces pertes brutes et 10 % si l’on ajoute le préjudice des investisseurs ", chiffre-t-elle.
Et le Collectif de Porteurs compte bien se servir, dans le cadre de son action judiciaire en indemnisation, de la décision de la FCA d’éteindre, par l’accord signé, l’enquête engagée contre le groupe H2O AM. "Il paraît étonnant que la FCA n’a pas sanctionné par une amende le nombre et la gravité des manquements constatés", souligne-t-il.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

