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Bouygues Telecom / Bouygues / La Poste / Autorité de la concurrence
L’Autorité de la concurrence donne son feu vert au rachat par Bouygues Telecom de La Poste Mobile / Une première étape bienvenue en attendant la décision de SFR
Par une décision publiée ce lundi soir, l’Autorité de la concurrence a autorisé la prise de contrôle de La Poste Telecom (La Poste Mobile) par Bouygues Telecom, ce dernier ayant saisi le régulateur le 12 juillet dernier.
Sans condition
Et fait plutôt rare : l’autorisation a été délivrée sans aucune condition. L’Autorité présidée par Benoît Cœuré a en effet écarté tout risque d’atteinte à la concurrence lié à l’opération sur les marchés concernés.
Pour mémoire, en février dernier, la filiale du conglomérat Bouygues était entrée en négociations exclusives avec le groupe La Poste en vue de la cession de 100 % des parts du premier opérateur mobile virtuel français dont la filiale de la Caisse des Dépôts possède 51 % du capital. Une opération pour un montant estimé alors à 950 millions d’euros. "Sur le marché de détail de la téléphonie mobile, l’Autorité a relevé que l’opération entraînait une modification limitée de la structure de la concurrence en raison des parts de marché limitée de La Poste Telecom", a fait savoir le régulateur.
Et s’agissant du fait que le deal envisagé doit permettre à Bouygues Telecom de bénéficier, pour la commercialisation des offres de La Poste Mobile, du réseau de distribution, via notamment les bureaux de poste, et autres agences bancaires, de la filiale de la Caisse des Dépôts, l’Autorité de la concurrence a considéré que "l’importance de ce réseau de distribution doit être relativisée en raison tant de la part croissante des ventes à distance (en ligne par exemple) sur le marché de la téléphonie mobile, qui représente aujourd’hui les deux tiers des ventes". "Les consommateurs continueront à disposer d’alternatives via ce mode de commercialisation couvrant l’ensemble du territoire métropolitain, y compris dans des zones rurales où les concurrents de Bouygues Telecom (Orange, SFR, Free), ne disposent pas d’agences physiques ", souligne-t-elle.
Quelle résolution des conflits avec SFR ?
Pour l’entité présidée par Edward Bouygues, l’opération, qui devait normalement se finaliser d’ici la fin de l’année (pour une migration des clients de La Poste Mobile vers le réseau Bouygues Telecom en 2027, le contrat d’exclusivité avec SFR s’achevant en 2026), lui permettrait de se renforcer davantage dans le secteur, Bouygues Telecom ayant pour objectif de devenir l’opérateur numéro 2 dans le mobile.
Reste toutefois que ce rachat nécessite encore l’aval de SFR qui détient les 49 % restants de la Poste Mobile, sa maison-mère, Altice, disposant toujours d’un droit de préemption pour racheter les parts de La Poste en priorité. Une option qui semble de moins en moins probable, d’abord parce que ce droit s’exerce souvent dans un délai de trois mois après l’annonce de l’opération. Surtout, parce qu’Altice a fait de son désendettement (24,2 milliards d’euros rien que pour SFR) l’un de ses principaux objectifs pour 2024. Le groupe de Patrick Drahi multiplie d’ailleurs les cessions depuis le début de l’année dans cette optique. La semaine dernière, c’est encore la vente de l’opérateur britannique BT, dont Altice possède 24,5 % du capital, à l’indien Bharti, fondé par Sunil Bharti Mittal, qui était annoncée.
C’est donc davantage les modalités financières du deal entre Bouygues Telecom et La Poste qui seraient sujettes à négociations pour Altice, le groupe Bouygues ayant fait savoir en mai dernier qu’il avait été informé de "divergences " entre SFR et la filiale de la Caisse des Dépôts. Une situation qui avait alors obligé La Poste à mettre en œuvre les mécanismes de résolution des différends prévus dans le pacte d’actionnaires.
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