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Fusions, Acquisitions / M&A / défense / Autorité de la concurrence / Concurrence / Donald Trump

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United Technologies–Raytheon : une fusion peu contestable

La fusion à 100 milliards de dollars entre United Technologies et Raytheon vise à créer un géant américain d’aéronautique et de défense. Si Donald Trump a émis des réserves sur cette opération, les autorités antitrust n’auraient cependant pas grand-chose à dire, en raison du manque de doublons.
depenses militaires
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Si les méga deals technologiques semblent être aujourd’hui une véritable gageure, une autre industrie est en pleine consolidation aux États-Unis : l’aéronautique et la défense. Preuve vient d’en être faite lorsqu’United Technologies a annoncé lundi un projet de fusion en titres avec Raytheon, qui créerait un poids lourd du secteur, pesant plus de 100 milliards de dollars en Bourse et générant 74 milliards de dollars de revenus. Soit la plus grosse opération de 2019 et un projet très ambitieux, surtout à l’heure où les grandes opérations de M&A ont subi un coup d’arrêt, sur fond de tensions commerciales multiples. Sans compter que les autorités antitrust américaines ont été particulièrement intransigeantes dans d’autres secteurs, comme les télécoms : après avoir échoué à interdire le deal AT&T-Time Warner, elles s’attaquent désormais à la fusion en vue entre T-Mobile et Sprint, certes un mariage horizontal entre deux concurrents.

Sur l’opération United Technologies-Raytheon, les deux dirigeants se sont montrés sereins, expliquant que leurs activités étaient bien distinctes : le premier fabrique des moteurs d’avion, des trains d’atterrissage, des moteurs et des cockpits, tandis que le second se spécialise dans les missiles, radars et autres équipements et technologies militaires, et pourrait donc bénéficier de la hausse du budget militaire sous l’administration Trump. "Je ne me souviens pas la dernière fois où nous avons été en compétition majeure contre United Technologies", a ainsi déclaré le CEO de Raytheon, Tom Kennedy. Un avis qui semble partagé par les analystes des deux sociétés, qui voient peu de doublons dans ce rapprochement.

Pourtant, Donald Trump s’est montré plus réservé sur la question lors d’une interview, expliquant qu’il voulait la preuve que le deal n’allait pas entraver la concurrence pour les appels d’offres publics. "C’est déjà non concurrentiel", a-t-il jugé en référence à la domination des Boeing, Lockheed Martin et United Technologies dans le secteur. Le Pentagone s’est déjà chargé de la question mais n’a pas de pouvoir décisionnaire, et soumettra son avis au Département de la Justice ou à la FTC (Federal Trade Commission), selon l’organe qui est nommé sur ce dossier. Le nouveau secrétaire à la Défense, Patrick Shanahan, qui avait pris l’intérim suite au départ de Jim Mattis et qui doit encore être confirmé par le Congrès, pourrait devoir se récuser en raison de ses activités passées chez Boeing, un client d’United Technologies.

Mais les autorités auront du mal à trouver des points bloquants. Car outre le fait qu’ils produisent tous deux des outils d’intelligence et de surveillance notamment pour les drones, les analystes n’ont guère trouvé de chevauchements. Du côté du président américain, ce dernier veut se montrer populiste mais est aussi très favorable aux intérêts des entreprises, tant que cela ne concernent pas les échanges commerciaux. Donald Trump "ne devrait pas créer de problèmes pour cette fusion. Et comme il n’y a pas de doublons, je ne vois aucun autre régulateur poser de difficultés non plus", conclut Richard Aboulafia, analyste défense chez Teal Group.

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