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Thales rebondit en dépit des pauvres performances de l'aéronautique civil
Le chiffre d’affaires au troisième trimestre de Thales était particulièrement attendu, dans le contexte mouvementé de cette année, en particulier pour l'aéronautique. S'élevant 3 % au-dessus du consensus des analystes de UBS, il est de 3,96 milliards d’euros : une baisse de 4,3% à périmètre et change constants, bien inférieure à celle de 19,9% du trimestre précédent, lorsque l’activité du groupe était au plus bas, confinement oblige. Cette performance flatteuse est révélatrice de la stratégie du groupe de se concentrer sur sa branche Défense et Sécurité, peu affectée par la pandémie. Ce pôle a fortement soutenu le redressement du niveau d'activité grâce à sa performance de 5 % (à périmètre et constants), pour un chiffre d'affaires de 1,88 milliard d'euros, soit près de la moitié des ventes totales du groupe.
Mais il n’en demeure pas moins, que la branche Thales AVS, qui représente un dixième de l’activité du groupe, spécialisée dans l'aéronautique civil, continue de voir son activité décroître de manière inquiétante. Les revenus plongent de 45 %, contre 50 % au deuxième trimestre. Dans le cadre de la mise en œuvre de son plan global d’adaptation, qui devrait se traduire par des économies de l’ordre de 800 millions d'euros sur l’année, le groupe a annoncé le 20 octobre que 1.000 postes allaient devoir être supprimés. Afin d'en limiter l’effet pour les salariés, le groupe s'est engagé à ne procéder à aucun licenciement sec. Il aura notamment recours à un régime d’activité partielle de longue durée, à des dispositifs de préretraites, de mobilités internes, d'aides à la création d'entreprise et au reclassement de ses salariés dans d’autres entités moins affectées : 250 employés seront ainsi transférés d’ici à la fin de l’année. Les négociations avec leurs partenaires sociaux se poursuivent.
En ce qui concerne les prises de commandes, elles s’élèvent à 3,09 milliards d’euros soit en baisse de 10 % comparée au trimestre dernier. Elles sont principalement le fait d’une commande de véhicules blindés par l’armée française. Ce montant des commandes, inférieur au consensus de prévisions du marché, est à relativiser : en effet le groupe Thales espère une forte demande dans les mois à venir. “Plusieurs contrats importants sont en cours de finalisation, en particulier dans la défense et dans le domaine spatial” selon Patrice Caine, PDG de Thales, faisant notamment référence au contrat naval en cours de finalisation pour équiper les frégates de la marine allemande MKS 180 via sa filiale néerlandaise.
En définitive, les résultats de ce trimestre devraient rassurer les investisseurs concernant les perspectives à venir. Thales a confirmé tous ses objectifs financiers annuels qui tenaient déjà compte de la faible vitesse de redressement du trafic aérien et du faible investissement des entreprises dans la cybersécurité : conformément à ce qui avait été annoncé il y a trois mois, le chiffre d'affaires de l’année 2020 devrait être compris entre 16,5 milliards et 17,2 milliards d'euros et le résultat opérationnel devrait se situer entre 1,3 milliard et 1,4 milliard d'euros.
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