Macro-économie / Taux / PME / France / délais de paiement / retards de paiements
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PME / France / délais de paiement / retards de paiements
Toujours pas d’amélioration sur le front des délais de paiement / Les PME françaises subissent le phénomène de plein fouet
Rien n’y fait, le délai de paiement moyen continue à s’allonger dans l’Hexagone. Un constat de longue date qui tend à s’aggraver plutôt qu’à se résorber au cours des derniers mois. L’enquête de paiement France 2024 produite par Coface est formel à ce sujet avec un "délai de paiement moyen [qui] s’est allongé : il atteint 51 jours, contre 48,2 jours l’an dernier".
Une autre déconvenue concerne les retards de paiements, ces derniers à la différence des délais ne sont pas consentis, ce sont près de 85 % des entreprises qui rapportent en avoir constaté contre 82 % en 2023. Une proportion qui est encore plus massive chez les PME hexagonales avec 89 % d’entre elles qui y sont confrontés.
Petits poucets
Pire encore, là où 55 % des ETI et des grandes entreprises relatent un allongement de ces retards de paiement, il s’agit de 73 % des TPE qui rapportent y être confrontées. Difficile de ne pas y penser lorsqu’on constate que ce sont des entreprises de taille modeste – chiffre d’affaires inférieur à 250 000 euros – constituent près de 87 % des défaillances en France. Le cabinet ARC nous avait relaté au printemps que les TPE et PME faisaient face à une montagne de difficultés multiples.
Bruno De Moura Fernandes, responsable de la recherche macroéconomique chez Coface, confiait ce matin à WanSquare que les conditions économiques n’allaient pas nécessairement s’améliorer dans les prochains mois. Il estime notamment que "la dépense publique tire encore la croissance, en 2025 nous aurons probablement un ralentissement sur ce plan-là". Le retour des chefs d’entreprise pointe également des retards de paiement dont les causes sont profondes ; il est question qu’ils soient dus à 40 % à des difficultés financières de leurs clients, là où les problèmes organisationnels et la gestion des flux de trésorerie sans difficultés financières n’en seraient responsables qu’à hauteur de 27 % et 20 %. De quoi faire dire à l’économiste que "2025 ne sera pas l’année de la normalisation".
Horizon
Entre autres inquiétudes rapportées par les équipes de Coface, il a également été fait état de la crainte d’un effet domino où les difficultés financières des uns en entraînent l’apparition chez d’autres. D’autres problématiques apparaissent également, notamment après une période où les entreprises ont pu pour beaucoup augmenter moins les salaires que les prix. Pour Bruno De Moura Fernandes, les firmes hexagonales vont évoluer "dans un contexte où les coûts de financement et, dans une moindre mesure, salariaux resteront élevés, alors même que de nombreuses entreprises devront continuer à rembourser leur PGE". Une situation d’autant moins supportable dans "les secteurs anticipant une baisse de la rentabilité en 2025, mais également dans l’énergie et les métaux, où les entreprises prévoient une dégradation de leur trésorerie malgré une rentabilité (plutôt) à la hausse".
Les perspectives des entreprises s’en ressentent et les entreprises interrogées s’attendent de fait "largement à une dégradation ou, au mieux, à un maintien de l’activité en France et dans le monde". C’est tout juste si elles sont plus nombreuses à attendre "une amélioration [plutôt] qu’une dégradation de leur rentabilité l’an prochain". Au niveau sectoriel, ceux les plus positifs se trouvent être la pharmacie, le papier ainsi que l’informatique.
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