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délais de paiement / retards de paiements / Coface / Bruno de Moura Fernandes / François Mirroir
Les petites entreprises restent toujours les perdantes des chaînes de paiement / Des retards délibérés ?
De crise en crise… si l’année 2022 avait mis les entreprises françaises à rude épreuve, elles auront dû naviguer en 2023 dans un environnement tout aussi tourmenté. Inflation, ralentissement de la croissance mondiale, stigmates des crises sanitaire et énergétique, attaques cyber, tensions et conflits géopolitiques latents : les sociétés tricolores ont toujours autant de risques à gérer et à intégrer dans leurs prévisions budgétaires pour l’année à suivre. Et notamment en ce qui concerne les retards de paiement.
De fait, alors que la quasi-totalité des 600 entreprises interrogées par Coface dans le cadre de sa dernière enquête sur les comportements de paiement en France, ont accordé un délai moyen de paiement à leurs clients de 48 jours, 82 % d’entre elles ont malgré tout subi des retards de paiement. "C’est bien plus élevé qu’en Allemagne ou en Pologne, où nous réalisons également ces études", a relevé Bruno de Moura Fernandes, responsable de la recherche macroéconomique chez Coface, à l’occasion d’une intervention organisée par les Assises des délais de paiement la semaine passée.
Une fois de plus
Résultat coutumier des enquêtes sur les délais de paiement, il apparaît une fois de plus que les plus petites des structures sont les plus pénalisées par les mauvais comportements en la matière. Alors que 70 % des TPE et PME ont constaté un allongement des retards de paiement, ce sont seulement 53 % des ETI et des grandes entreprises qui rejoignent ce constat. Ces derniers atteignent, en moyenne, 42 jours pour le TPE et 38 jours pour les PME. Contre 26 jours pour les entreprises de plus grande taille.
Une statistique d’autant plus préoccupante que plus de la moitié des TPE interrogées par Coface estime que ces retards de paiement ont impact allant de très important à critique sur leur trésorerie. "Les retards sont presque une pratique : 41 % des entreprises estiment qu’ils sont délibérés, que cela est relié à de la gestion de trésorerie", a observé Bruno de Moura Fernandes.
En conséquence
Cette pression grandissante sur la trésorerie des plus petites entreprises s’est naturellement (entre autres) reflétée sur la progression de leurs défaillances. Elles ont retrouvé leurs niveaux d’avant-Covid. "La progression des défaillances d’entreprise est à relier à un fait de normalisation. Les taux d’intérêt et les salaires augmentent, les coûts des entreprises également. La demande est morose et de nombreuses aides aux entreprises ont disparu. Dès que l’activité se normalise et que l’environnement est peu porteur, il y a un rattrapage des défaillances", a expliqué Bruno de Moura Fernandes.
"On ne parle pas non plus de vague de défaillances", a-t-il toutefois nuancé. La dynamique concerne peut-être tous les secteurs d’activité, reste que les défaillances sont tirées par les entités réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 250 000 euros. Et François Mirroir, directeur commercial information de Coface, de rappeler qu’en matière de risques fournisseurs ou clients : "Les PME ont les mêmes contraintes que les grands comptes, il y a seulement une question de volumétrie".
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