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Vivendi renforce Canal+ en vue de la scission / Des actifs clés pour soutenir son expansion mondiale

Alors que la scission de Vivendi se profile, Canal+ se voit renforcé par le transfert d'actifs stratégiques comme Dailymotion et GVA, qui confortent son assise numérique et géographique. Des atouts supplémentaires pour la filiale dirigée par Maxime Saada, qui est lancée dans une expansion ambitieuse à l’internationale que sa prochaine cotation en Bourse à Londres devrait permettre d’accélérer.
Maxime Saada, le président du directoire du groupe Canal+ - Photo by Loic VENANCE / AFP
Maxime Saada, le président du directoire du groupe Canal+ - Photo by Loic VENANCE / AFP

Le projet de scission de Vivendi n’est pas encore validé qu’un travail de préparation important a déjà débuté en vue de son lancement. Parmi les quatre entités destinées à voir le jour, il en est une, Canal+, dont le périmètre fait l’objet d’une attention toute particulière.

Certains actifs détenus par Vivendi, dont les activités opérationnelles sont très proches de celles de sa filiale, font actuellement l’objet d’un transfert vers celle-ci, a indiqué vendredi le conglomérat de la communication et des médias. Des ajustements réalisés "dans un souci de cohérence", justifie le groupe dirigé par Yannick Bolloré.

 

Transfert de Dailymotion 

 

En toute logique, Canal+ se voit donc renforcée de l’opérateur télécom africain GVA, dont l’accès à l’internet haut débit est commercialisé sous la marque Canalbox et du réseau de salles de cinéma en Afrique CanalOlympia. La filiale récupère aussi les salles de spectacle de l'Olympia et du Théâtre de L'Oeuvre en France, ainsi que la plateforme de streaming vidéo Dailymotion. Toujours déficitaire, celle-ci n’en constitue pas moins un actif clé de Vivendi servant la stratégie d’expansion de Canal+.

D’où la grande logique de son intégration. Ces dernières années, Canal+ a dépensé environ 1 milliard d’euros par an dans la technologie (notamment dans ses infrastructures de diffusion et de streaming, le développement de logiciels, la gestion de la relation client, etc.) dans ses plateformes myCanal et Dailymotion. "Avec Dailymotion et la plateforme OTT myCanal, Groupe Canal+ enregistrerait une audience mondiale de plus de 400 millions d’utilisateurs actifs mensuels", souligne Vivendi.

Avec les changements annoncés, le nombre total d’abonnés de Canal+ aurait atteint environ 26,8 millions fin 2023, dont 16 millions hors de France (soit environ 60 % de son parc), au lieu de 26,4 millions. Dans le compte de résultats, ce nouvel ensemble aurait réalisé 6,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier, et 472 millions d’euros de résultat opérationnel ajusté (EBITA), au lieu des 6,06 milliards d’euros et 525 millions d’euros précédemment annoncés.

 

Une internationalisation rapide

 

Dans son nouveau périmètre, Canal+ sera structuré en trois segments d’activité. Canal+ Europe regroupera les activités de télévision payante par abonnement et de télévision gratuite financée par la publicité (ainsi que les services de télécommunications dans les territoires français d’Outre-mer).

Canal+ Afrique et Asie comprendra les activités de télévision payante par abonnement et les activités de télévision gratuite financées par la publicité, GVA, les salles CanalOlympia à travers l’Afrique sub-saharienne de langue française tout comme les activités de télévision payante par abonnement au Vietnam, au Myanmar et dans le Pacifique. Troisièmement, le pôle "production de contenus, distribution et autres" sera composé de Studiocanal, Dailymotion, Théma ainsi que de L’Olympia et du théâtre de l’Œuvre.

Ces ajustements interviennent alors que Canal+ s’est lancé depuis un an dans une stratégie ambitieuse d’expansion à l’international, que sa future cotation en Bourse (induite par la scission de Vivendi) doit lui permettre d’accélérer. Pêle-mêle, le groupe a pris une participation dans l’opérateur hongkongais de streaming Viu, détient également une participation de 45,2 % dans le géant sud-africain de la télévision MultiChoice, sur lequel une offre publique d’achat obligatoire en cours. Sans oublier qu’il a aussi pris une participation de 29,33% dans le capital de la plateforme Viaplay, considérée comme le "Netflix scandinave".

 

Créer une alternative aux plateformes américaines

 

Derrière ces acquisitions tous azimuts, il y a justement l’objectif "de s’imposer comme la première alternative à Netflix dans le monde", estime le cabinet d’analystes Oddo BHF. Il s’agit d’ailleurs du but quasi avoué de Maxime Saada, qui a donné le cap l’an dernier, en annonçant vouloir porter le nombre d’abonnés de Canal+ à 50, voire 100 millions. Avec un double enjeu stratégique. D’une part, "tendre vers une taille critique mondiale pour mutualiser certains coûts", et d’autre part, "créer une alternative pertinente aux plateformes américaine d’un point de vue éditorial et marketing", poursuit Oddo BHF. Soit réussir à combiner les dimensions mondiale et locale, face au modèle hégémonique américain.

En lui redonnant une autonomie financière avec la possibilité de conclure des accords capitalistiques, la cotation en Bourse de Canal+ devrait lui permettre d’accélérer cette stratégie. Dans le cadre du projet de scission de Vivendi qui doit être soumis aux actionnaires d'ici à la fin 2024, Canal+ serait introduite au London Stock Exchange, tandis que le groupe publicitaire Havas le serait à la Bourse Amsterdam, et le groupe d'édition Louis Hachette à la Bourse de Paris (Vivendi restant également à Paris).

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