Macro-économie / Taux / Etats-Unis / ménages / actifs financiers
Macro-économie / Taux
Etats-Unis / ménages / actifs financiers
Les ménages américains restent au sommet de la pyramide / Leur poule aux œufs d’or est composée d’actifs financiers
Peu importe l’issue de la course à la Maison Blanche, les ménages américains n’ont que peu de souci à se faire pour leur patrimoine. Ce dernier reste largement supérieur à l’immense majorité de leurs homologues des autres pays. Le rapport annuel 2024 d’Allianz sur le patrimoine financier des ménages fait état qu’en ce qui concerne "les actifs financiers par habitant, du moins en ce qui concerne les moyennes : […] seuls les Suisses (382 910 euros) sont encore plus riches que les Américains des États-Unis (314 930 euros)".
Ce différentiel avec le reste du monde se retrouve notamment dans ce qui est appelé "la fracture atlantique" dans la croissance des actifs financiers. Là où ces derniers en Europe occidentale "ont doublé au cours des deux dernières décennies (+ 104 %), la croissance aux États-Unis est de 178 %, également soutenue par des évolutions de marché plus favorables ". Le poids des administrés de Joe Biden est tel qu’il a contribué à la normalisation du comportement d’épargne à travers le globe ; si les banques du monde entier n’ont reçu que 19 milliards d’euros de dépôts, soit une chute de 97,7 % en un an, c’est en très grande partie parce que "les ménages américains, […] ont liquidé des dépôts pour un montant de 650 milliards d’euros".
Vents favorables
Les derniers temps auront été synonymes de vaches maigres pour une large partie du globe étant donné qu’à "fin 2023, les actifs financiers réels dans le monde n’étaient qu’au niveau de 2020 – les trois dernières années ont été des années perdues pour les épargnants du monde entier". Comparé à l’année 2019, il existe cependant une hausse de 9,1 %. Une fois de plus, l’Amérique du Nord tire son épingle du jeu par rapport au Vieux continent, avec une estimation qui "bien qu’elle soit toujours inférieure au chiffre de 2020", représente une augmentation de 6 % par rapport à 2019. Et ce, alors que "la tendance en Europe occidentale a été diamétralement opposée", avec des actifs financiers réels qui "ont diminué ces dernières années et sont désormais 4,3 % inférieurs à ceux de 2019", indique Allianz.
La vitesse de croisière des ménages américains est impressionnante. Lors des sept dernières années, il s’avère que leurs actifs financiers "ont non seulement augmenté deux fois plus vite qu’en Europe occidentale, mais aussi plus vite que la moyenne mondiale et à peu près au même niveau que les actifs financiers chinois". Ce qui ne les protège pas contre les risques, qu’ils soient déjà présents ou imminents.
Modération
La normalisation de l’épargne sera peut-être suivie par celle du patrimoine financier des ménages. Chez Allianz, on redoute des déconvenues "concernant les deux mégatendances que sont l’IA et la durabilité". Sur le premier sujet, il est craint qu’il faille attendre longtemps avant que cela "entraîne des augmentations de productivité à tous les niveaux" et l’on note déjà que "la désillusion après l’euphorie initiale est déjà perceptible". Le "boom vert" de l’économie et des marchés financiers pourrait également se faire attendre. L’ensemble de ces craintes font dire aux auteurs qu’une " croissance modeste des actifs financiers mondiaux, de 4 à 5 %, au cours des prochaines années " est attendue, et ce avec une forte volatilité.
La destruction de valeur reviendrait quant à elle dans l’univers des possibles via les conséquences à long terme du changement climatique sur les prix de l’immobilier. Ce phénomène se manifesterait "principalement par le risque de transition, c’est-à-dire la consommation énergétique des bâtiments, notamment pour le chauffage". En utilisant des projections de l’indice des prix de l’immobilier (IPI) au Royaume-Uni, selon différents scénarios climatiques jusqu’en 2050, il est question de baisses comprises entre 9,3 % et 13,1 %. À l’échelle de la planète, les propriétaires pourraient boire la tasse et être " confrontés à des pertes pouvant atteindre 30 000 milliards d’euros ".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

