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Concurrence Européenne
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Google met la pression sur Microsoft à Bruxelles / Un géant du cloud porte plainte contre un autre
Une fois n’est pas coutume, Google se retrouve hors du viseur de la Commission européenne… c’est même le géant de la recherche en ligne qui est allé toquer à la porte de Bruxelles à propos de l’un de ses confrères des GAFAM. Il vient en effet de déposer une plainte auprès de la Commission concernant des pratiques anticoncurrentielles de Microsoft en matière de licences logicielles, a annoncé la filiale d’Alphabet.
En cause, des conditions imposées par la firme fondée par Bill Gates qui "empêchent les organisations européennes de déplacer leurs charges de travail actuelles d’Azure vers des cloud concurrents – bien qu’il n’y ait aucune barrière technique à cela – ou imposent ce que Microsoft admet être une sidérante majoration de prix de 400 %", précise Google. Des tactiques qui coûteraient (au minimum) un milliard d’euros par an aux organisations européennes, mais ayant aussi eu des effets en aval significatifs. Gaspillage d’argent public, concurrence étouffée, restriction pour les distributeurs et partenaires, risque accru pour les organisations exposées à la culture de sécurité de Microsoft : Google déroule une liste de préjudices.
Un exemple
Le cœur du problème se situe donc, explique le groupe dirigé par Sundar Pichai, du côté d’Azure, la fameuse plateforme cloud de Microsoft dopée aux technologies d’OpenAI, qui verrouillerait les clients l’utilisant. Un exemple probant serait celui de Windows Server, logiciel d'exploitation incontournable dans nombre d’environnements informatiques puisqu’il sert de colonne vertébrale aux applications, fichiers et services.
Au fur et à mesure que le cloud prenait de l’essor, Microsoft a pris un virage en 2019. Le groupe de Redmond a adopté de nouvelles conditions de licences imposant des sanctions financières importantes aux entreprises souhaitant utiliser le logiciel Windows Server sur les cloud concurrents directs : Google Cloud, AWS (Amazon) et Alibaba Cloud. "Les propres déclarations de Microsoft indiquent que les clients souhaitant transférer leurs charges de travail vers ces concurrents devraient payer jusqu’à cinq fois plus pour réaliser cette opération", s’indigne Google, ajoutant que pour ceux qui continueraient à exécuter Windows Server sur des plateformes concurrentes malgré la différence de coûts, Microsoft a introduit des obstacles supplémentaires, tels que la limitation des correctifs de sécurité.
La pile de dossiers grandit
Google assure avoir tenté de dialoguer directement à ce propos avec Microsoft, sans arriver à ses fins. "Afin de donner un écho aux plaintes que nous entendons de la part des clients – et de l’ensemble du secteur – et de rechercher une solution qui profitera à tous, nous passons désormais à l’étape suivante et déposons une plainte officielle auprès de la Commission européenne", enchaîne la firme. Un dossier européen de plus qui viendra donc s’ajouter aux autres que Microsoft s’affaire déjà à traiter.
Par exemple, au mois de juin, la Commission avait informé Microsoft de son avis préliminaire selon lequel la société avait enfreint les règles de concurrence de l’Union européenne (UE) en reliant Teams à ses applications de productivité incluses dans les suites Office 365 et Microsoft 365. Une première communication de griefs qui permettra au groupe d’examiner les documents versés au dossier, de répondre par écrit et de demander à être entendu. Soit le déroulé habituel des enquêtes de Bruxelles, celle-ci ayant été lancée en juillet 2023 à la suite d’une plainte déposée par l’entreprise Slack Technologies, appartenant désormais à Salesforce.
Logés à la même enseigne
Si la Commission conclut après tout cela qu’il existe bel et bien une infraction, alors elle pourrait adopter une décision interdisant le comportement en cause et infligeant une amende pouvant atteindre jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise (soit 245 milliards de dollars pour le dernier exercice fiscal de Microsoft).
Dans le cas présent, Google est ici à l’origine de la plainte, mais reste que la firme n’échappe, elle aussi, pas à la vigilance de Bruxelles. En témoigne la récente validation par la Cour de Justice de l’UE (CJUE) d’une amende de 2,4 milliards d’euros à son encontre, concernant la favorisation de son système de comparaison de prix dans les résultats de son moteur de recherche. À l’inverse, le géant pourrait peut-être se soustraire à une autre amende de près d’1,5 milliard d’euros, concernant cette fois la publicité en ligne, après que le Tribunal de l’UE a annulé la décision de la Commission européenne à cet égard. Cette dernière pourra néanmoins former un pourvoi devant la CJUE.
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