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Macro-économie / Taux / CEPII / choc d'offre / Banque centrale

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CEPII / choc d'offre / Banque centrale

Les chocs d’offres sur le devant de la scène / Leur recrudescence est redoutée

C'est un nouveau danger auquel l’Europe est particulièrement exposée. Le CEPII lui consacre une place de choix dans son ouvrage annuel sur l’économie mondiale, il y est redouté que le phénomène contribue à un décrochage européen.
 Maros Sefcovic, commissaire européen au commerce et à la sécurité économique. Photo by Vladimir Zivojinovic / AFP
Maros Sefcovic, commissaire européen au commerce et à la sécurité économique. Photo by Vladimir Zivojinovic / AFP

Un attachement qui pourrait bien coûter cher à l’Europe. Le goût du Vieux continent pour le multilatéralisme le rendrait bien moins à même de faire usage d’instruments de sécurité économique. Une thèse que s’attachent à défendre Isabelle Bensidoun, adjointe au directeur du CEPII et responsable des publications, et Thomas Grjebine, économiste au CEPII et reponsable du programme scientifique "Macroéconomie et finance internationales", dans le dernier opus consacré par le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) à l’économie mondiale.

 

Faille

 

Une faiblesse majeure pour l’Europe alors que de "tels chocs (d’offre ndlr) risquent de devenir de plus en plus fréquents". Ces derniers semblent échapper très largement à l’action des banquiers centraux et pire il est argué que "l’augmentation des taux d’intérêt ne traite pas la cause profonde des chocs d’offre, mais elle peut même freiner les investissements nécessaires, notamment dans l’énergie propre, pour protéger nos économies des chocs futurs ".

 

Nouvelle ère

 

Cette politique moderne de l’offre, telle que décrite par Janet Yellen, consiste notamment à mettre fin à "une certaine indifférence entre offres nationale et étrangère, que le jeu des avantages comparatifs favorisait et qui permettait au consommateur de s’approvisionner à moindre coût". La puissance publique y voit son rôle augmenter considérablement, notamment via des investissements travaillant à la sécurité économique. Or l’amour porté au multilatéralisme évoqué précédemment pourrait bien s’avérer problématique dans un futur proche.

Les auteurs rappellent que "les États-Unis affichent de manière décomplexée leur volonté de contrer la Chine, quitte à s’affranchir de leurs obligations multilatérales pour y parvenir ou à recourir bien plus fortement que les Européens à la protection tarifaire pour répondre à la concurrence déloyale de Pékin". Pourtant l’Europe ne semble pas délaisser la question comme en témoigne le portefeuille de Maros Sefcovic, commissaire européen au commerce et à la sécurité économique là où son prédécesseur Valdis Dombrovskis était cantonné à la première attribution. La lettre de mission du slovaque relate effectivement que l’Europe a déjà déployé certaines mesures, qu’il lui est demandé de continuer à mettre en œuvre tout en veillant à "affiner l’instrument dont nous disposons déjà, j’aimerais que vous vous concentriez sur la manière et le moment de le déployer". Les manques de l’arsenal du Vieux continent sont également perceptibles puisqu’il lui est annoncé qu’il dirigera "les travaux sur une nouvelle doctrine de sécurité économique, qui décrit l’utilisation stratégique de notre outil de sécurité économique au sein de l’UE".

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