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Renault poursuit la vente de ses actions Nissan / Et renforce son bilan
Renault poursuit la vente de son trésor de guerre japonais. Destiné à acheter la paix avec son partenaire Nissan à la suite de l’affaire Ghosn, du nom de l’ancien dirigeant du groupe au losange, évadé au Liban après son arrestation pour des soupçons de malversations financières, le rééquilibrage des participations croisées entre les deux constructeurs se déroule selon les plans.
Renault a annoncé jeudi son intention de vendre jusqu’à 195,5 millions d’actions Nissan, à Nissan, représentant environ 5 % du capital du constructeur japonais. Il s’agit de la troisième opération du genre, après une première, intervenue le 12 décembre 2023, qui concernait également 5% du capital, suivie d’une seconde en fin mars 2024, portant, elle, sur 2,5% du total des actions Nissan.
Et comme de son côté, le constructeur japonais annule les actions acquises, cela génère un effet dit "relutif" pour ses actionnaires, dont Renault. Depuis que le groupe dirigé par Luca de Meo a transféré en novembre dernier 28,4% du capital de son partenaire japonais dans une fiducie, où les droits de vote sont neutralisés pour la plupart des décisions, la participation de cette fiducie a donc simplement été ramenée à 22,73%, avant la cession annoncée jeudi.
Si ce nouvel allègement est plutôt bien accueilli par la Bourse de Paris, où l’action Renault gagne 2,6% jeudi, à 39,93 euros, c’est parce que cette cession va se traduire pour le constructeur français par un flux de trésorerie positif pouvant représenter jusqu’à 494 millions d’euros. De quoi accélérer le désendettement du groupe et l’aider à atteindre l’objectif qu’il s’est fixé de retrouver une notation financière "investment grade", qui fait partie des priorités de son plan stratégique.
On se souvient que l'agence Moody's avait relevé en mai la perspective de Renault de "stable" à "positive" en soulignant l'amélioration de la rentabilité et des indicateurs d'endettement du constructeur automobile. Cette perspective positive signifiait alors qu'un relèvement de la note dans la catégorie investissement était envisageable dans les 12 à 18 mois, un scénario renforcé par les solides résultats semestriels publiés fin juillet.
Du côté négatif, cette cession d’action Nissan va certes entraîner une moins-value comptable de 1,1 milliard d’euros, la valeur de marché des titres du constructeur japonais étant inférieure à celle inscrite dans les comptes de Renault. Mais l’essentiel, aux yeux du marché, est que cette moins-value n’affectera aucunement le dividende versé en 2025 au titre des résultats 2024. L’impact de cette moins-value sera en effet "retraité du résultat net utilisé pour calculer le taux de distribution", a indiqué le constructeur.
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