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La Chine reste le point noir de L’Oréal / Un nouveau plan stratégique en préparation pour 2025
Comme pour les autres acteurs du secteur du luxe, le géant de la beauté a vu sa croissance ralentir au troisième trimestre. Si L’Oréal a enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 3,4 % en données comparables sur un an à 10,28 milliards d’euros, la performance reste malgré tout inférieure au consensus des analystes de Factset et Bloomberg, qui tablaient respectivement sur 10,52 milliards d’euros et 10,57 milliards d’euros. Au total sur neuf mois, au 30 septembre, le chiffre d’affaires du groupe s’est élevé à 32, 4 milliards d’euros, en hausse de 6 % sur un an.
Plus difficile que prévu en Chine
Il faut dire que l’Asie du Nord reste en effet un point noir pour l’entreprise dirigé par Nicolas Hieronimus, le groupe ayant vu ses ventes reculer de 6,5 % dans la zone sur un an et de -3 % sur neuf mois. "En Chine continentale, le marché de la beauté, déjà en déclin au deuxième trimestre, continue de se contracter en raison notamment du faible niveau de confiance des consommateurs", explique le groupe, indiquant néanmoins que la division L’Oréal Luxe a continué à gagner des parts sur le marché de la beauté sélective, qui reste particulièrement difficile, tandis que la Beauté Dermatologique et les Produits professionnels surperforment également leurs marchés respectifs. "La situation de l’écosystème chinois est toujours plus difficile, mais nous croyons en l’avenir de ce marché et espérons que le stimulus du gouvernement contribuera à améliorer la confiance des consommateurs", a tenté de temporiser l’entreprise.
Processus de normalisation
Heureusement L’Oréal a pu compter sur l’Europe (+ 5,6 % des ventes en comparables sur un an) et l’Amérique du Nord (+ 5,2 %) même si là encore les croissances respectives restent modérées pour L’Oréal (respectivement + 9,3 % sur neuf mois sur un an et + 6,9 %), les ventes tendant à se normaliser, comme l’anticipait le groupe. "Dans les marchés développés, cela résulte d’une stabilisation progressive des prix après deux années de forte inflation. Malgré cela, les tendances sous-jacentes du marché de la beauté restent solides en Europe et en Amérique du Nord, ainsi que dans les marchés émergents", explique-t-il.
L’Europe reste de fait un puissant moteur pour la division des Produits Grand Public. Plus globalement, l’entreprise devance le marché dans la plupart des pays du Vieux continent où toutes les catégories de produits affichent une croissance à deux chiffres, soin du cheveu et parfums en tête. Tendance inverse Outre-Atlantique, où L’Oréal juge la performance de la division Produits Grand Public, "disproportionnellement impactée par la faiblesse du maquillage, où les dernières innovations commencent seulement à porter leurs fruits". Aux États-Unis, c’est L’Oréal Luxe qui continue de surperformer le marché, grâce à Prada et Valentino en parfums, mais aussi avec MYSELF d’Yves Sait Laurent. "En soin de la peau, Kiehl’s et Youth to the People bénéficient du lancement de nouveau produits et d’une présence élargie sur de nouveaux circuits online", souligne L’Oréal. Au total, sur neuf mois, le chiffre d’affaires de la Beauté Dermatologique progresse de 11,3 % en données comparables sur un an. "Elle continue de surperformer largement un marché de la dermocosmétique qui ralentit, principalement impacté par les États-Unis et une moindre contribution de la valorisation. De plus, les conditions météorologiques défavorables ont affecté les ventes de produits solaires", a indiqué le géant de la beauté.
250 millions d’euros de contribution exceptionnelle
A noter les belles performances de L’Oréal dans la zone SAPMENA (Asie du Sud, Pacifique, Moyen Orient et Afrique du Nord), avec une croissance du chiffre d’affaires de 8 % au troisième trimestre sur un an, et de 12,6 % sur un neuf mois. Même constat en Amérique latine avec des hausses respectives de 8.6 % et de 12.3 %. "Dans un contexte toujours marqué par les incertitudes économiques et géopolitiques, nous restons confiants pour réaliser une nouvelle année de croissance du chiffre d’affaires et du résultat d’exploitation et nous préparons notre propre stimulus beauté pour 2025."
En marge de la présentation de son chiffre d’affaires, le géant des cosmétiques a annoncé, dans un entretien à l’AFP, qu’il estimait sa contribution exceptionnelle, comme le souhaite, le gouvernement dans le projet de loi de finances pour 2025, à un peu plus de 250 millions d’euros. "Au fond, ce qui est important, et j’ai la même discussion quand je parle avec des autorités européennes, c’est que les entreprises françaises ou européennes soient mises en condition de réussir à performer sur le marché mondial face à des concurrents américains et asiatiques qui ont leur propre contexte, leurs propres règles du jeu. Donc la solidarité, oui, mais en revanche, il est important que la compétitivité des entreprises soit préservée", a déclaré Nicolas Hieronimus. Pour mémoire, LVMH s’attend de son côté à une contribution exceptionnelle entre 700 et 800 millions d’euros.
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