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Macro-économie / Taux / USA / Donald Trump / droits de douane / France

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USA / Donald Trump / droits de douane / France

Ces liens commerciaux franco-américains que Donald Trump aura bien du mal à défaire / Les volumes d’échanges de biens ne seraient pas menacés

Washington et Paris entretiennent une relation commerciale de longue date, parfois contrariée certes néanmoins il est difficile d’imaginer que l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche en sonne le glas. Les États-Unis, l’an passé, étaient le 5e fournisseur en biens de l’Hexagone et son quatrième client.  
Donald Trump. Chandan Khanna/AFP
Donald Trump. Chandan Khanna/AFP

"J’ai arrêté des guerres avec la France". La rhétorique récente de Donald Trump, candidat républicain à l’élection présidentielle américaine, laisse à penser qu’en cas d’arrivée à la Maison Blanche il ne se livrerait pas à un démantèlement en bonne et due forme des relations commerciales entre les deux pays.

Les échanges commerciaux de biens entre les deux pays sont certes dominés par un petit nombre de secteurs. Ils ne devraient pas toutefois pas tous pâtir d’une victoire du candidat républicain. Hadrien Camatte, économiste senior en charge de la France chez Natixis, considère qu’une "rhétorique forte accompagnée de mesures ciblées est en revanche probable, comme cela a déjà eu lieu par le passé" et ainsi "la mise en place de barrières tarifaires très dures en cas d’élection de Donald Trump nous semble peu probable compte tenu de la très forte intégration commerciale des deux pays, de leur interdépendance forte aux secteurs clés".

 

Apprentissage

 

Il en veut pour preuve que cela fait de longues années que les " États-Unis ont mis en place des barrières sanitaires interdisant ou limitant l’importation de certains produits alimentaires (viandes, produits laitiers, fruits de mer, fruits et légumes et cosmétiques". Pour l’Hexagone on se souvient d’une taxe de 25 % sur les vins, entre 2019 et 2021, ou encore d’un embargo sur les volailles, l’économiste note qu’à chaque fois "si les volumes des échanges des produits ciblés chutent en conséquence de ces mesures ciblées, celles-ci n’ont pas entraîné de modifications sensibles des échanges en valeur à un niveau global".

Ce qui fait penser à Hadrien Camatte qu’une politique protectionniste pénalisant fortement l’économie française est peu probable est à trouver dans le premier mandat de Donald Trump, dont "les tarifs douaniers élevés s’imposant à l’Europe n’étaient pas restés longtemps en place, parce que l’Union européenne avait su réagir rapidement et avec force ". Elle avait par exemple et de manière très symbolique augmenté "de 6 % à 31 % les taxes sur les Harley Davidson en 2018, dans ce contexte de tensions commerciales avec l’administration Trump".

 

Mains liées

 

Le couple franco-américain a de surcroît des échanges commerciaux pour le moins imbriqués ; que ce soit en ce qui concerne les aéronefs et engins spatiaux où chez Natixis on argue que "ces produits sont les plus échangés par les deux pays, totalisant 19,6 milliards d’euros en un an en août 2024" et au prix d’un déficit commercial hexagonal de 1,99 milliard d’euros en un an. Même son de cloche pour les produits pharmaceutiques, où sur le total des 9 milliards d’euros échangés, il s’agit à peu de chose près de la même valeur qui est exportée et importée.

Seule ombre au tableau hexagonal, la très forte dépendance aux hydrocarbures naturels, à date d’août ils représentaient par moins de 21,3 % des importations tricolores. De quoi expliquer que la balance commerciale entre les deux pays ait été la plus déséquilibrée depuis le début du siècle. On peut néanmoins se montrer optimiste sur la question et noter que l’appétit français pour cette source d’énergie en provenance des États-Unis a diminué de 28 % en un an.

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