Entreprises / Actions / Arenh / prix de l'electricité
Entreprises / Actions
Arenh / prix de l'electricité
EDF revendique le succès de sa nouvelle politique commerciale / Des ajustements nécessaires lors de la clause de revoyure de l’accord post-Arenh ?
Le patron d’EDF, Luc Rémont, le répète souvent. L’accord post-Arenh signé avec le gouvernement il y a un an, et qui doit entrer en vigueur à compter du 1er janvier 2026, a été conçu pour garantir au groupe nationalisé une visibilité sur son lourd programme d’investissements (25 à 30 milliards d’euros par an, dont 5 pour l’entretien du réseau, 5 pour le carénage et 20 pour le nouveau nucléaire). C’est dans cette optique qu’EDF avait lancé, dans la foulée, sa nouvelle politique commerciale. Pour mémoire, celle-ci contient trois offres, dont deux à destination des professionnels : une de marché visant des contrats à échéance 2028-2029 et étudiée pour faire profiter aux entreprises d’un niveau de prix de l’électricité compétitif et stable. La seconde consiste en des contrats de long terme (entre 10 et 15 ans) adossés au parc nucléaire (actifs de production) et à destination des entreprises électro-intensives (contrat d’allocation de production nucléaire, CAPN).
Une politique commerciale offrant une certaine visibilité aussi bien pour EDF que pour ses clients qui, selon Marc Benayoun, directeur exécutif groupe en charge du pôle clients, services et territoires, a su séduire : "93 % des clients ont souligné l’intérêt des offres moyen terme pour la stabilité des prix. Depuis le début de l’année, les entreprises ont en moyenne contractualisé sur une durée de 41 mois. Sur le seul premier trimestre, c’est quasiment un an de plus que les contrats signés à la même période l’année dernière. Notre objectif de visibilité est donc atteint d’autant que personne n’achetait avant à plus de 3 ans en France. 3 600 contrats (dont la moitié avec des industriels) ont ainsi déjà été signés au détail pour un volume d’environ 17 térawattheures (TWh) annuel (17 TWh en 2028 et 9TWh en 2029), soit au-delà de nos attentes", s’est-il félicité, évoquant aussi les prix de marché de l’électricité parmi les compétitifs d’Europe à court et moyen terme en France. "En moyenne et en euro constant 2022, les prix d’un ruban annuel sur la période 2025-2029 se rapprochent de ceux d’avant crise (2021), tendant vers les 62 euros à partir de 2027 ", a-t-il souligné.
Concernant en revanche les CAPN, seules 5 lettres d’intention auraient été signées, représentant, selon Marc Benayoun, plus de 10 TWh de consommation annuel soit 10 milliards d’euros de ventes pour EDF. C’est deux de plus qu’annoncée en avril dernier pour un marché en France estimé à 100 entreprises consommant à elles seules 40 térawattheures. "C’est un produit nouveau qui n’existait pas avant", a-t-il tenté de rassurer, précisant que d’autres négociations, bien avancées, étaient en cours.
EDF a rendez-vous avec Bercy, d’ici la fin du mois de novembre, pour faire un point d’étape, dans le cadre de la clause de revoyure de l’accord post-Arenh, sur sa nouvelle politique commerciale. Une clause, qui rappelons-le, peut donner lieu à des ajustements si nécessaires. En avril dernier, l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire s’était montré mitigé devant les députés de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. "Aujourd’hui, le nombre de contrats (avec les industriels) n’est pas suffisant pour qu’on puisse dire qu’on est pleinement satisfait de l’équilibre qui a été trouvé ", avait-il alors déclaré.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

