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Euronext / plan stratégique

Euronext a toutes les clés en main pour innover / Une parfaite maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur pour accélérer la croissance du groupe

Par son nouveau plan stratégique présenté ce jeudi soir, « Innovate for Growth », Euronext entend faire croître son chiffre d’affaires et son Ebitda ajusté de plus de 5 % par an jusqu’en 2027. Une ambition clairement affichée, tant l’opérateur boursier européen a su au cours de ces dernières années se bâtir de solides fondations. Il faut dire aussi qu’il a atteint les objectifs de sa dernière feuille de route avec trois mois d’avance, et parfois même au-delà de ses propres attentes.
Stéphane Boujnah, président du directoire d'Euronext (Euronext ©Charlène YVES)
Stéphane Boujnah, président du directoire d'Euronext (Euronext ©Charlène YVES)

Est-il possible pour Euronext d’étendre encore davantage son influence ? Pour Stéphane Boujnah, la réponse est évidemment oui. "D’ici 2027, Euronext sera plus grand, plus fort et plus diversifié. Notre leadership s’étendra à de nouvelles activités et classes d’actifs en Europe. Le groupe se positionnera comme la porte d’entrée unique et la plus efficace vers les marchés de capitaux européens pour la cotation, la négociation, la compensation, le règlement et la conservation. D’ici 2027, Euronext sera l’épine dorsale incontestée de l’Union européenne de l’épargne et des investissements", s’est engagé le président du directoire du groupe, en préambule de l’annonce du nouveau plan stratégique "Innovate for Growth 2027", ce jeudi soir.

 

Plus rien à voir avec l’Euronext de 2015

 

Il faut dire que depuis son arrivée en 2015 à la tête d’Euronext, qu’il se plaît souvent à définir davantage comme une entreprise industrielle que comme un groupe financier, l’opérateur boursier a considérablement changé de dimension. Depuis 2019, Euronext est la première place de cotations boursières (IPO) d’Europe, loin devant ses concurrents que sont la London Stock Exchange (LSE) et Deutsche Börse. Il est également le leader mondial incontesté de la cotation de la dette et est même devenu, il y a deux ans, la première infrastructure de marché en Europe.

Pour parvenir à cette réussite, le groupe a procédé avec méthode, étape par étape, à grands coups d’acquisitions de places boursières (Euronext gère Amsterdam, Bruxelles, Dublin, Lisbonne, Oslo et Paris et Milan avec le rachat de Borsa Italiana en 2021, ce qui lui a permis d’avoir sa propre chambre de compensation, Euronext Clearing).

Dans le cadre de son dernier plan stratégique "Growth for Impact 2024", Euronext s’est aussi grandement diversifié, avec le rachat d’activités de trading, de compensation, de règlement-livraison, de services aux entreprises, etc. Une expansion qui lui permet aujourd’hui de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur. Si bien que les revenus non liés aux volumes représentent désormais 58 % des recettes totales du groupe. Et à Euronext de revendiquer son indépendance, tant le groupe a procédé à de lourdes migrations de ses systèmes. Dernière en date : celle des activités de compensation de la chambre de compensation LCH SA, propriété de LSE, vers Euronext Clearing, avec l’extension de celle-ci à tous les produits dérivés financiers.

 

"Growth for Impact", bouclé en beauté

 

En dix ans, son chiffre d’affaires a plus que triplé, sa valeur boursière approchant les 11 milliards d’euros. Encore au troisième trimestre, le groupe a fait état d’une hausse de 10 % de ses revenus sur un an à 396,3 millions d’euros, pour un bénéfice net bondissant de 23,4 % à 180,8 millions d’euros, soit un nouveau record historique trimestriel. Son excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté a crû, quant à lui, de 15,1 %, à 245,8 millions d’euros, au-dessus des 242,6 millions d’euros prévus par les analystes, selon le consensus partagé par l’entreprise, et dégageant ainsi une marge ajustée sur Ebitda de 62 % (2,7 points de plus qu’à la même période l’année dernière).

Euronext se paye même le luxe de boucler sa dernière feuille de route, lancée en 2021, avec trois mois d’avance sur ses objectifs, et ce malgré l’inflation. Une feuille de route imaginée, rappelons-le, pour maximiser la génération de cash-flow tout en procéder à une gestion stricte des coûts.

L’intégration (achevée) de Borsa Italiana a tenu, de fait, plus que ses promesses : 121 millions d’euros de synergies en termes d’Ebitda ont été enregistrées au troisième trimestre, soit bien plus que les 115 millions d’euros escomptés et le double du montant visé par le groupe au moment de son acquisition en 2021. "Euronext est désormais présent sur l’ensemble de la chaîne de valeur du trading, de la pré-cotation au post-trading et aux solutions. Nous sommes parfaitement positionnés pour accélérer notre croissance, grâce à l’innovation et à l’efficacité. Nos capacités de compensation intégrées nous permettent de mettre sur le marché un ensemble de produits innovants, dont certains sont déjà opérationnels", a expliqué Stéphane Boujnah, ouvrant ainsi un nouveau chapitre pour l’entreprise.

 

Rendement et flexibilité stratégique

 

Avec "Innovate for Growth 2027", Euronext vise une croissance organique de son chiffre d’affaires supérieure à 5 % en moyenne par an entre 2023 et 2027. "(Cet) objectif mettrait Euronext en phase avec ses pairs mondiaux pour la première fois de son histoire et devrait entraîner une augmentation continue de la valeur selon nous", estime Benjamin Goy, analyste à la Deutsche Bank, dans une note d’information. Même ambition concernant la croissance de l’Ebitda ajusté.

Le groupe met aussi à jour sa politique d’allocation du capital en maintenant un dividende distribué à 50 % du revenu net, en procédant si besoin à des rachats d’actions. D’ailleurs, l’entreprise a annoncé, dès ce jeudi soir, vouloir procéder au lancement d’un programme de rachat d’actions d’un montant maximum de 300 millions d’euros (soit environ 3,0 % des actions en circulation d’Euronext) à compter du 11 novembre prochain pour une durée maximale de 12 mois. S’agissant des dépenses d’investissements, entre 4 et 6 % du chiffre d’affaires total sur la période sont prévues. Car oui, Euronext mise toujours sur la croissance externe, celle-ci devant continuer à se concentrer principalement sur les activités non liées aux volumes, les infrastructures de marchés et les services.

 

Une proposition de valeur plus forte

 

Pour ce faire, la nouvelle feuille de route stratégique s’appuiera sur trois axes : d’abord la croissance des activités hors volumes, en positionnant notamment Euronext Securities comme la référence pour les marchés de capitaux européens, mais aussi en se développant à l’échelle mondiale. A ce titre, une nouvelle équipe dédiée aux cotations internationales viendra renforcer la présence et la visibilité d’Euronext dans les différents hubs mondiaux, a annoncé le groupe, complétant ainsi ses initiatives IPODays ou Euronext Tech leaders, conçues pour attirer toujours plus d’entreprises internationales ou innovantes sur ses marchés.

Par ailleurs, et grâce notamment à Euronext Clearing, Nord Pool (Bourse d’électricité scandinave rachetée en 2020), ou encore MTS, sa Bourse électronique dédiées aux obligations et obtenue là aussi avec l’acquisition de Borsa Italiana, le groupe veut offrir de nouvelles solutions dans le postmarché, les données et les services aux entreprises. "Notre stratégie offrira une proposition de valeur plus forte aux investisseurs, aux émetteurs et aux participants au marché à l’échelle mondiale", a assuré le président du directoire d’Euronext qui veut aussi construire le premier marché d’ETF en Europe, en s’appuyant sur le leadership de l’entreprise en matière de trading.

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