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ESG / CSRD / Reporting de durabilité

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CSRD / Reporting de durabilité

CSRD : à quelques semaines de la première publication, des entreprises s’interrogent encore / La récupération des données reste toujours complexe

Alors que certaines organisations patronales et Bercy plaident pour un assouplissement des règles de durabilité dans le cadre de la mise en œuvre de la directive CSRD, une étude menée par Tennaxia montre que les entreprises concernées peinent encore à récupérer toutes les données utiles pour réaliser leur reporting de durabilité. Un constat inquiétant alors que les premières publications sont attendues pour la fin de l’année.
Usine  (Photo by JENS BUTTNER / dpa-Zentralbild / dpa Picture-Alliance via AFP)
Usine (Photo by JENS BUTTNER / dpa-Zentralbild / dpa Picture-Alliance via AFP)

Voilà un point d’étape qui irait dans le sens du gouvernement et des organisations patronales qui plaident pour un assouplissement des règles de la directive européenne CSRD sur le reporting de durabilité des entreprises. Selon l’étude Tennaxia 2024, réalisée en partenariat avec Bpifrance et LCL, seuls 18 % des 200 responsables RSE ou directeurs financiers en charge du sujet dans les sociétés interrogées déclarent comprendre pleinement les attentes en matière de rapport de durabilité. Par ailleurs, plus d’un tiers (36 %) admet ne pas encore localiser l’intégralité des données nécessaires. "Ce chiffre, bien qu’il tombe à 7 % pour les entreprises auditées en 2025, reste préoccupant, d’autant plus que l’audit porte sur l’exercice 2024 déjà largement entamé", constate le leader européen des solutions de reporting ESG. Déjà, un sondage mené par l’Afep et le Medef le mois dernier avait révélé que "8 entreprises sur 10 considéraient cette obligation de reporting comme lourde et trop granulaire".

Et ce n’est visiblement pas un manque de volonté : le changement climatique est identifié par 98 % du panel comme un enjeu matériel majeur. "Cette prise de conscience généralisée est encourageante, elle montre que les entreprises françaises sont prêtes à jouer un rôle actif dans la transition écologique, au-delà de la simple conformité réglementaire", observe Thomas Guyot, chief strategy officer de Tennaxia. A noter tout de même que l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et la mise en place de stratégies bas-carbone sont fréquemment citées comme prioritaires. Les entreprises vont devoir mettre en place un plan de transition robuste, aligné sur l’Accord de Paris. A date 44 % déclarent l’avoir déjà fait, selon l’étude.

Pour mémoire, alors que le Premier ministre, Michel Barnier, avait d’abord eu l’idée d’instaurer "un moratoire normatif" afin de décaler l’entrée en vigueur de la directive - une annonce qui avait particulièrement ravi la CPME, l’Ansa et le Meti -, son ministre de l’Economie et des Finances, Antoine Armand a annoncé, il y a quelques jours, son intention de demander à la Commission européenne une limitation du nombre d’entreprises concernées et une réduction du nombre d’indicateurs obligatoires. Une requête qu’Ursula von der Leyen pourrait entendre, la présidente de la Commission européenne ayant elle-même appelé lors de son mandat précédent, à adapter le calendrier de mise en œuvre pour les plus petites entreprises, afin d’accorder un temps supplémentaire de préparation pour les ETI et les PME.

Si depuis le début de l’année, les entreprises comptant plus de 500 salariés, plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires et plus de 25 millions d’euros de total de bilan s’activent afin de publier dans les semaines à venir leur premier reporting CSRD, déclarant l’impact de leurs activités en fonction de douze normes (normes ESRS, European Sustainability Reporting Standards) et regroupant près de 1 200 données, à compter de l’exercice 2025, viendra le tour des entreprises de plus de 250 salariés, puis celui des PME cotées dont le chiffre d’affaires est supérieur à 8 millions d’euros (exercice 2026) et enfin celui des entreprises étrangères disposant d’au moins une filiale dans l’Union européenne générant un chiffre d’affaires de plus de 150 millions d’euros (exercice 2028).

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