Macro-économie / Taux / BCE / secteur financier
Macro-économie / Taux
BCE / secteur financier
Le système financier européen au révélateur de la transition écologique / La BCE avait été mandatée par la Commission européenne
Un secteur financier qui peut souffler. Aucun des trois scénarios de transition que la Banque centrale européenne (BCE) et les autorités européennes de surveillance ne menace sa stabilité pour l’heure. À chaque fois c’est la mise en œuvre du paquet "Fit-for-55" qui était interrogé et ses potentiels effets de contagion et d’amplification.
Un message de prudence a néanmoins été prononcé par Luis De Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne, puisque la prise en compte des "pertes substantielles dans le cadre du deuxième scénario défavorable soulignent la nécessité pour les institutions financières de gérer correctement les risques liés au climat ". Une des incitations majeures à s’engager dans le financement de la transition écologique réside dans le désamour possible pour les entreprises qui en sont aux antipodes.
Pris au piège
Un chiffrage a en effet été effectué pour le cas où il y a à la fois de conditions économiques extrêmement défavorables qui se combinent à des risques liés au climat et l’analyse produite "indique que les prêts à ces entreprises pourraient diminuer jusqu’à 11 % sur la période de huit ans".
Les faiblesses de chaque catégorie de banque sont exposées par la publication puisqu’il est également avancé que celles "les plus exposées aux secteurs à forte intensité énergétique subissant une baisse plus importante de leurs volumes de prêts". Quel que soit le scénario défavorable les acteurs bancaires pourraient bien être contraints "d’accroître leurs prêts aux secteurs à forte intensité énergétique plus qu’aux secteurs à faible intensité énergétique, afin que leurs clients entreprises puissent répondre à leurs besoins d’investissement vert ".
Accompagner
Luis de Guindos n’imagine pas que le secteur financier ait entièrement son destin entre ses mains et évoque le fait que "les politiques publiques doivent adopter une perspective globale sur la manière de soutenir les entreprises et les secteurs". Les segments du marché financier en dehors du secteur bancaire, à l’instar du capital-risque, sont également susceptibles d’être particulièrement efficaces notamment dans le financement de jeunes pousses.
Une attention importante est également portée par le banquier central espagnol à la prise en compte des spécificités de chaque secteur. Elles sont indissociables de leurs réactions aux scénarios explorées. S’il s’avère que dans le scénario de base, "les effets d’amplification sont contenus, mais ils peuvent conduire à des pertes jusqu’à 50 % plus importantes lorsque le scénario "run-on-brown" (de fuite des modèles d’entreprise peu respectueux de l’environnement ndlr) déclenche des tensions sur la liquidité".
C’est en effet là que tout se complique avec des effets d’amplification qui "varient à la fois au sein d’un même secteur et d’un secteur à l’autre ". Il est argué que "les fonds d’investissement pourraient devenir le principal facteur de pertes ultérieures pour tous les secteurs", puisqu’il pourrait devoir procéder à des ventes forcées d’actifs. Les banques tireraient mieux leurs épingles du jeu puisqu’elles tireraient parti à la fois de leur exposition plus faible et des stratégies de couverture qu’elles déploient. Les assureurs sont à l’inverse considérés comme "plus exposés à ce phénomène en raison de leur détention de parts de fonds et de titres dépréciés".
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