IPO / Tikehau Capital / Cotation / introduction en Bourse
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Tikehau Capital / Cotation / introduction en Bourse
Pourquoi Tikehau Capital s’intéresse à une cotation à New York / Les États-Unis, un marché incontournable dans la quête d’une reconnaissance mondiale
Il aura fallu une interview des fondateurs de Tikehau Capital, Matthieu Chabran et Antoine Flamarion, accordée au Financial Times mercredi dans le cadre des 20 ans de la société de gestion, pour faire réagir la place de Paris. Ce vendredi matin, le groupe a donc confirmé étudier une cotation de ses activités à New York, soit en déplaçant la cotation primaire de Paris aux États-Unis, soit en sollicitant une cotation secondaire.
Objectif affiché : maximiser la visibilité de la marque, l’attractivité de son titre et de son offre de produits auprès des actionnaires et des investisseurs, explique la société de gestion dans un communiqué officiel. "Le marché américain reste aujourd’hui le marché de référence dans le secteur de la gestion d’actifs alternatifs et la plupart des grands acteurs du secteur sont cotés à New York ", souligne-t-elle, précisant néanmoins que ses réflexions étaient, à ce stade, préliminaires.
Des solutions plébiscitées par les investisseurs internationaux
De fait, être cotée aux États-Unis serait une suite logique pour Tikehau Capital qui a fait de l’international l’un de ses axes stratégiques de développement depuis sa création en 2004. Et avec une réussite certaine, si bien que depuis son introduction en Bourse (IPO) en 2017, le groupe a considérablement changé de dimension, 75 % de sa collecte nette (proche des 5 milliards d’euros) provenant, à fin septembre, d’investisseurs internationaux, avec une forte poussée sur la Corée du Sud, Israël et… les États-Unis.
Par ailleurs, la société de gestion totalisait aussi 46,7 milliards d’euros d’encours de gestion d’actifs, traduisant une progression de 13 % sur douze mois et le résultat d’une internationalisation de ses activités qui ne cesse de prouver l’attractivité de ses différentes solutions.
En termes d’investissements aussi, Tikehau Capital ne s’est pas contenté de viser uniquement le marché français ou européen, Matthieu Chabran étant lui-même installé à New York depuis plusieurs années. Au premier semestre, le groupe a par exemple continué à renforcer sa présence en Asie avec la finalisation d’un partenariat stratégique avec Nikko Asset Management. Elle a aussi obtenu en juillet dernier l’approbation de sa licence à Hong Kong, marquant l’ouverture de son 17e bureau dans le monde. Une stratégie qui lui a toujours permis de lever des fonds sur place comme avec le Nycers (New York City Employee Retirement System) aux États-Unis, ou encore T&D Insurance Group au Japon.
Un manque d’attractivité dû à la taille du marché
Une marque qui prend donc de l’ampleur alors que dans le même temps son titre à la Bourse de Paris ne décolle pas. Certes, la valorisation de Tikehau Capital a doublé depuis son introduction en Bourse, atteignant désormais 3,6 milliards d’euros mais son titre tourne toujours autour des 22,95 euros en moyenne… soit légèrement au-dessus du prix de l’IPO de 21 euros. Or, si l’objectif premier en 2017 était bien de lever des fonds, l’idée était aussi d’institutionnaliser et de crédibiliser la marque en France et en Europe. Mais là encore, Tikehau Capital détonne dans l’univers de la gestion d’actifs. Elle ne possède en effet que très peu de comparables à la Bourse de Paris, comme Eurazeo, Wendel ou Antin Infrastructures Partners et au niveau européen, le Suédois EQT Partners, le Britannique ICG, ou le Suisse Partners group. Un marché à la taille limitée, ce qui ne facilite pas la tâche des analystes pour rendre le titre Tikehau Capital attractif.
À l’inverse, les géants mondiaux de la gestion d’actifs, pour la plupart américains, comme Blackstone, Apollo, Carlyle ou encore TPG (au Nasdaq), sont tous cotés à New York, la gestion d’actifs faisant partie intégrante de l’ADN de la finance outre-Atlantique.
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