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Neoen ajuste ses prévisions 2024 sans dévier de sa trajectoire / Le calendrier de l'OPA par Brookfield reste inchangé
Six mois se sont écoulés depuis l'annonce du rachat de Neoen par Brookfield. Le processus qui va faire passer le premier producteur indépendant français d’énergies renouvelables sous pavillon canadien, suit son cours.
Une première étape a été franchie en juin pour l’achat d'un bloc de 53% des actions de l’entreprise auprès, bien sûr, de son premier actionnaire, le véhicule d’investissement Impala de l’homme d’affaires Jacques Veyrat, à la tête de 42,2% du capital de Neoen, mais également du Fonds Stratégique de Participations, géré par la société d’investissement ISALT (Investissements Stratégiques en Accompagnement de Long Terme), détenue à 39% par la Caisse des Dépôts, de la société de capital investissement Cartusia, et de Xavier Barbaro, cofondateur et président-directeur général de Neoen.
A présent, les autorisations réglementaires des différents pays où le groupe est implanté deviennent imminentes. Elles doivent toutes avoir été obtenues au quatrième trimestre avant le lancement officiel de l’OPA au premier trimestre 2025. En Australie notamment, où Neoen est un acteur majeur avec des projets importants dans l'énergie solaire et le stockage d'énergie, les démarches sont quasi bouclées.
Pour obtenir l'accord de l'Autorité de la concurrence en Australie pour l'acquisition du bloc d'environ 53 % du capital de Neoen, Brookfield a pris fin octobre un ensemble d'engagements contraignants, consistant à céder les actifs de production et de stockage d'électricité renouvelable existants et les projets de développements de Neoen dans l'État de Victoria.
Des "farm downs" décalés
C’est précisément en raison de cette vente, ou plus exactement, du retard pris dans la cession de son portefeuille d'actifs et de projets situé dans cet Etat de l’extrême sud-Est australien (ayant Melbourne pour capitale), que Neoen vient de réviser à la baisse ses prévisions d'excédent brut d’exploitation ajusté pour 2024. Car l’opération ne se concrétisera pas avant 2025. Or, ce type de vente d’actifs représente une activité dite de farm-down pour Neoen, ce qui, dans le jargon du secteur des énergies renouvelables, fait référence à la pratique par laquelle une entreprise développe un projet (une centrale solaire ou éolienne) et, une fois le projet opérationnel ou quasi opérationnel, vend une partie de sa participation à d'autres investisseurs. Ainsi, cette vente vient générer des revenus non récurrents comptabilisés dans l'Ebitda ajusté de l'entreprise pour l'année.
En l’espèce, l’opération étant décalée à 2025, ces recettes provenant des farm-downs ne viendront donc pas alimenter l’Ebitda ajusté 2024 de Neoen. La contribution des opérations de farm-down sera "non significative", prévient Neoen. C’est pourquoi le groupe prévoit désormais d’atteindre un Ebitda ajusté compris entre 475 et 490 millions d’euros, contre une fourchette de 530 à 560 millions d’euros précédemment, tout en confirmant viser un taux de marge d’Ebitda ajusté supérieur à 85%.
Il est donc important de souligner, d’une part, que cette révision ne remet pas du tout en cause l'acquisition du bloc de 53% du capital de Neoen par Brookfield, ni le calendrier de l'OPA, toujours prévue pour le premier trimestre 2025. Et qu’elle ne découle pas, d’autre part, d'une dégradation de la performance des activités principales de Neoen. Le groupe continue de prévoir une forte croissance à deux chiffres de son Ebitda ajusté, hors revenus générés par les "farm-downs".
L'arrivée de Brookfield au capital de Neoen, en tant qu’actionnaire majoritaire, s’inscrit d’ailleurs dans une volonté claire d’accélérer la croissance de l’entreprise tout en conservant la direction stratégique en place, étant prévu que Xavier Barbaro reste aux commandes. Une poursuite de l’aventure qui se fera désormais loin de la Bourse, tout comme Jacques Veyrat poursuit de son côté son aventure dans le renouvelable sur les marchés privés via sa start-up Tag Energy, créée voici quatre ans, et qui rivalise déjà avec Neoen, notamment en Australie.
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